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Le meilleur des mondes

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Le meilleur des mondes – page 1

LE MEILLEUR DES MONDES

Lynn McMaster
Gestionnaire, Programme et planification du Musée canadien des enfants
Direction des expositions et programmes
Musée canadien des civilisations

Cet article a été publié dans Hand to Hand (volume 13, numéro 4, hiver 1999), publication trimestrielle de l’Association of Youth Museums. Reproduit avec la permission de l’Association of Youth Museums, Washington (É.-U.).


Pour des gens parlant une même langue, la capacité de communiquer avec les autres est tenue pour acquise. Certaines personnes sont plus timides que d’autres, mais au moins elles comprennent lorsqu’on leur parle et peuvent répondre. Cependant, dans bien des pays, pour une portion de plus en plus importante de la population, la barrière des langues constitue un obstacle difficile à surmonter même avec toute la meilleure volonté du monde. Au Musée canadien des enfants, de plus en plus de «nouveaux Canadiens» – de jeunes adolescents et adolescentes surtout – participent aux programmes du musée dans le but d’améliorer leurs aptitudes linguistiques et de se familiariser avec une nouvelle culture.


Quels sont les avantages que les musées représentent aux yeux des enfants, et qu’est-ce que nos musées apportent aux enfants qu’ils ne trouvent pas ailleurs? Les musées donnent en fait aux enfants une occasion à nulle autre pareille pour apprendre à se connaître et à découvrir les autres. Les musées leur fournissent-ils des outils pour les aider à communiquer? Des occasions de s’exercer à se servir de ces outils pour s’exprimer? Ou pour les aider à trouver leur place dans le monde? Le Musée canadien des enfants (MCE) fournit à de jeunes bénévoles un milieu qui leur permet de s’épanouir et des outils qui les aident à s’intégrer.

Nous avons récemment discuté de ces questions avec deux jeunes bénévoles – Dinora Cabrera et May Jabara – qui ont bien voulu nous faire part de leur expérience à ce sujet et nous expliquer ce que leur fréquentation du MCE et leur contribution bénévole au musée leur apportent de plus dans leur vie.

Partie intégrante du Musée canadien des civilisations (MCC) situé dans la région de la capitale nationale du Canada, à Hull (Québec), le MCE est essentiellement axée sur la diversité culturelle. En tant qu’institution nationale financée par le gouvernement canadien, le MCC, y compris le MCE, a la responsabilité de préserver le patrimoine de tous les Canadiens et de mieux faire connaître ce patrimoine aux citoyens et citoyennes. Pour le MCE, cela implique en premier lieu non seulement de servir une clientèle locale sur place, mais de rejoindre également les autres enfants du pays; et deuxièmement, de refléter la réalité canadienne dans tous nos programmes et expositions. La mission du MCE, qui reflète la diversité culturelle du Canada, est de favoriser la compréhension interculturelle parmi les enfants et d’enrichir leur vie, d’élargir leur expérience culturelle, et de leur fournir un espace créatif d’explorer le monde dans lequel ils vivent.

Nos expositions et nos programmes sont axés sur la découverte des similitudes et des différences culturelles et misent sur la créativité et la facilité d’adaptation des enfants. Un groupe de jeunes bénévoles de diverses origines – composé de jeunes âgés de douze à seize ans – participe à la planification et à la mise en œuvre des programmes. Ce mécanisme permet à des membres des communautés culturelles d’avoir voie au chapitre et leur offre l’occasion de partager leurs connaissances culturelles avec les visiteurs.

Une jeune femme voilée aidant un enfant.

May Jabara aide un jeune visiteur
au Musée canadien des enfants.

Afin de tenter de comprendre ce que le MCE représente pour ses visiteurs et pour les jeunes bénévoles qui y passent volontiers plusieurs heures par semaine, nous présentons ici les points de vue de deux jeunes qui participent à un Programme de jeunes bénévoles. Depuis 1995, plus de 90 jeunes ont participé à ce programme, ayant fourni au MCE plus de 75 000 heures de bénévolat après les heures de classe et durant les week-ends. Ces jeunes bénévoles ont eu l’occasion de représenter le musée lors d’activités communautaires et de festivals, et de bien d’autres activités spéciales.

Dinora Cabrera, 13 ans, cadette d’une famille de trois enfants, est originaire d’El Salvador. Elle avait six ans lorsque sa famille a immigré au Canada. En plus de ses activités bénévoles au MCE depuis six mois, Dinora adore aller se baigner ou faire du vélo en compagnie de ses amies. Elle apprend aussi le piano et fait de la peinture. Elle est très proche de sa mère, Blanca. «J’étais venue au musée avec ma mère une fois, explique-t-elle, et deux fois avec l’école.» La possibilité de manipuler les objets et de voir comment les choses fonctionnent l’avait tout simplement emballée. C’est sa mère, cependant, qui lui avait parlé du Programme des jeunes bénévoles. Dinora, qui avait tellement aimé ses visites au musée, a décidé qu’elle s’y inscrirait dès qu’elle atteindrait ses douze ans. Sa mère est bénévole au musée depuis deux ans; en fait, la mère et la fille font du bénévolat ensemble. La langue maternelle de Dinora est l’espagnol, mais elle parle aussi l’anglais et le français.

May Jabara, âgée de 16 ans, est en 11e année. Originaire du Liban, elle avait 6 ans lorsque sa famille est arrivée. Elle a quatre frères et une sœur. Elle fait du travail bénévole au musée une fois la semaine depuis six mois. Comment a-t-elle découvert le MCE? «Nous y venions régulièrement, ma famille et moi, dit-elle. Je me souviens aussi être venue ici avec ma classe en 3e année. Je m’en souviens encore très bien.» Bien que May soit une participante active, faire du bénévolat au musée n’était pas son premier choix. Elle avait décidé de se trouver un emploi à temps partiel, et elle a pensé au MCE. Elle s’est présentée au musée, curriculum vitF en mains, et a discuté avec un employé qui lui a expliqué qu’elle aurait de meilleures chances d’obtenir un emploi en travaillant d’abord à titre bénévole. May recherchait des occasions pour apprendre à surmonter sa timidité. «Lorsque je viens ici, c’est parce que je le veux bien : travailler au musée, c’est mon propre choix.» Elle explique qu’au musée elle peut être elle-même sans subir les pressions de ses enseignants ou de ses parents. Elle aime l’école mais éprouve parfois de la difficulté. Une fois que les jeunes sont bien à l’aise avec le travail bénévole, ils sont admissibles à travailler au musée durant tout l’été. Plusieurs jeunes bénévoles passent ainsi deux ou trois étés d’affilée au musée, et d’autres finissent par se trouver des emplois rémunérés liés au travail d’animation auprès des enfants.

Ces deux jeunes filles avaient des points de vue très particuliers concernant leur expérience au musée et leur place au sein de la collectivité. Dinora, par exemple, était très consciente qu’elle représentait la modeste communauté salvadorienne et, par conséquent, de la place qu’elle occupait au sein de cette communauté. «Ma mère et moi participons à de nombreuses activités culturelles, [mais] c’est le seul endroit où je fais du travail bénévole. Mes parents sont fiers de ce que je fais au musée.» Dinora avait visité plusieurs autres musées de la région et avait aimé l’approche du MCE qui incite les enfants à apprendre. À l’école, son travail bénévole a suscité l’intérêt de ses camarades : «Certaines de mes amies aimeraient être bénévoles», dit-elle. Lorsqu’elle est au musée, Dinora se perçoit comme une représentante des jeunes dans le cadre de sa participation et de son interaction avec les autres enfants.

Jusqu’à quel point les aptitudes à communiquer sont-elles importantes pour ces jeunes lorsqu’il s’agit d’échanger sur leurs idées et leurs points de vue avec les autres, en particulier dans le contexte d’un pays bilingue? Ces aptitudes les aident-elles à développer leur estime de soi? La capacité de bien communiquer est essentielle pour permettre aux jeunes de présenter des messages positifs à propos d’eux-mêmes aux autres jeunes. Dinora et May considéraient que l’acquisition de nouvelles langues étaient importantes pour améliorer leurs compétences générales. Toutes les deux déclarent que l’acquisition de compétences linguistiques les avait aidées à surmonter leur timidité et à développer leur confiance en soi. «Même si je suis en immersion française à l’école, je peux pratiquer mon français ici, affirme Dinora. Cela m’aide à être plus à l’aise en français et à mieux communiquer. Je suis timide. Mon travail de bénévole m’a aidé à surmonter cette timidité. Je me sens spéciale, et quand on me pose une question, je peux répondre et je deviens l’experte.» May explique pour sa part : «Ma langue maternelle, c’est l’arabe. Je parle l’anglais et je suis en train d’apprendre le français. Je veux vraiment m’améliorer en français. C’est comme un rêve pour moi. J’ai trouvé des mentors [au musée] qui m’aident à améliorer mes aptitudes à communiquer. Je les observe et j’essaie de faire comme eux lorsque je m’adresse aux gens. J’utilise ces aptitudes dans mes activités scolaires et elles me serviront aussi lorsque j’aurai un emploi.» Le MCE offre un atmosphère particulièrement propice pour permettre aux jeunes de développer ces aptitudes, et d’excellentes occasions de répondre aux exigences d’une clientèle variée au plan linguistique. Leur formation est assurée par une équipe d’animateurs et d’animatrices entièrement bilingues et les jeunes se trouvent constamment en contact avec une clientèle de visiteurs internationale.

Le travail au musée permet aux jeunes bénévoles de diverses origines culturelles de présenter des points de vue nouveaux au visiteurs. May et Dinora en particulier apportent une perspective différente en faisant part de leurs connaissances grâce à leur habileté en communications interpersonnelles. Cette capacité leur permet de communiquer aux visiteurs leur façon de voir le monde. Leurs points de vue traduisent de façon claire et éloquente les façons de voir de leur communauté respective. Elles donnent aux visiteurs leur interprétation personnelle concernant les expositions et les activités, et suscitent par conséquent le respect de leur culture.

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(suite)



May souligne combien l’expérience du musée lui a permis d’améliorer ses connaissances et son estime de soi. Auparavant, May avait eu une certaine expérience de travail dans une garderie, qu’elle décrit comme «effrayante». Sa maîtrise de la langue n’était pas aussi développée qu’elle l’est maintenant au musée. «Ce n’était pas la première fois que je travaillais avec de jeunes enfants, explique-t-elle, mais cela a été une expérience difficile parce que j’étais très embarrassée. J’avais de la difficulté à communiquer avec les petits et les personnel. Je savais que je devais faire mieux que cela. Et je m’améliore en venant ici au musée parce qu’on m’apprécie pour ce que je suis capable de faire. Cela m’aide à améliorer ma capacité de communiquer avec les gens.»

Dinora explique qu’elle est intéressée à mieux connaître les autres : «Je sens une grande ouverture ici [au MCE] : je peux être moi-même ici. J’apprends à connaître les gens, non seulement leur culture mais les personnes elles-mêmes. J’apprends à connaître mon nouveau pays, le Canada. À mes yeux, le musée est un endroit important pour apprendre à connaître les autres et à mieux me connaître moi-même. [Au musée,] quand je dis quelque chose, ça compte. Si j’ai des enfants un jour, je voudrais qu’ils vivent eux aussi cette expérience.»

Trouver sa place au milieu d’une diversité de communautés culturelles, reconnaître et apprécier la position que l’on occupe et les rapports que l’on entretient avec les autres, et acquérir de nouvelles connaissances sont des composantes de l’expérience du développement. Si l’on ajoute à cela le fait de communiquer dans diverses langues, on aura une bonne idée de l’expérience du développement des nouveaux Canadiens. Dans leur interaction avec les jeunes enfants au musée, May et Dinora apprennent à occuper de nouvelles positions d’enseignantes et de modèles de rôle. Leurs activités pédagogiques ont élargi leur champ de connaissance concernant les autres personnes, leurs communautés d’appartenance, celle d’origine et celle d’adoption, et le monde qui les entoure. Leur participation à la mise en œuvre des programmes publics leur a permis de développer leur confiance en soi. Elle permet également au musée d’enrichir le contenu de ses programmes : elles apportent aux visiteurs une perspective différente sur les expositions.

Il n’est pas facile de mesurer les acquis de l’apprentissage dans les musées parce que ceux-ci constituent un milieu d’apprentissage non structuré. Les enfants tirent cependant de réels avantages dans un environnement détendu et ouvert conçu spécialement pour eux. Ils peuvent vraiment apprendre à se connaître et à connaître les autres dans des activités qui sortent de l’ordinaire. Dinora ne sait pas encore ce qu’elle fera plus tard, mais pour le moment elle constate l’importance qu’elle attache à ses relations avec les enfants. «Les enfants apprennent à connaître les autres enfants et les autres cultures, explique-t-elle. Ils apprennent à bien s’entendre avec les autres enfants parce qu’il y a tellement d’activités qu’ils peuvent faire en groupe. J’aime participer au programme des fêtes d’anniversaire parce que je travaille avec de petits groupes d’enfants et que je connais chacun d’eux par son nom. Je les aide à apprendre en leur montrant différentes choses – ils m’observent attentivement. Ils apprennent des choses avec moi, et moi j’apprends à travailler avec les enfants.»

Une fille jouant dans les yeux d'une autre fille.

De l’intérieur du musée, May se perçoit bien différemment que ce qu’elle a connu en tant que simple visiteuse. «J’enseigne des choses et j’apprends en même temps, précise May. Le visiteur ne vient ici qu’une seule fois peut-être. Moi je suis ici toutes les semaines. Et chaque fois je reviens à la maison tellement enthousiaste parce que j’ai appris au moins une chose nouvelle.» Rencontrer des artistes de spectacle et travailler avec eux, apprendre à fabriquer un nouvel objet d’artisanat ou entendre les impressions des visiteurs qui voient les expositions permanentes pour la première fois sont des expériences familières pour May et les autres jeunes bénévoles comme elle. «Je me considère [aussi], confie-t-elle, comme un lien pour les autres filles de mon âge et les [autres] enfants libanais qui viennent au musée. J’aimerais que mes frères et mes sœurs viennent au musée pour que je puisse leur montrer ce que j’ai appris.» Comme les autres jeunes de son âge, May comprend bien les défis du développement vers l’âge adulte. Elle soutient qu’il est «important pour les jeunes de savoir qui ils sont afin de trouver leur place dans le monde. Les jeunes doivent faire tellement d’efforts pour trouver la place qui leur convient dans le monde. Beaucoup de jeunes ont de la difficulté à s’adapter et à se faire des amis. C’est ce qui m’est arrivé quand j’étais plus jeune. Je ne parlais pas beaucoup et gardais tout en dedans de moi-même. J’ai fait des progrès en venant ici et j’ai appris à m’exprimer. C’est le musée qui m’a permis de m’améliorer. Je me sens acceptée ici, et c’est important pour moi, pour avoir confiance en moi. La première fois que je suis venue au musée, j’ai su tout de suite que c’était un endroit où je pourrais trouver ce que je recherchais. Je crois que c’est parce que je puis être moi-même. À l’école, il faut se plier à toutes sortes d’exigences et ce n’est pas facile. Pour moi, [le musée] est un environnement qui me permet d’être simplement moi-même et d’explorer qui je suis sans subir de pressions – de me découvrir tout simplement.»

En tant que nouvelles Canadiennes, Dinora et May font preuve d’une grande ouverture envers les autres, étant toutes deux héritières d’un riche patrimoine culturel dont elles sont fières et qui leur tient à cœur. Le MCE leur fournit des occasions d’être des représentantes de leurs cultures auprès des autres jeunes. Elles estiment que leurs activités au musée les aident à mieux se connaître en discutant avec les autres bénévoles et les visiteurs dans le cadre des programmes du musée. Elles ont aussi acquis des aptitudes sociales qui les aident à mieux articuler leurs idées et leurs opinions. May apprend à abattre les stéréotypes et fait preuve de respect envers les autres en parlant des autres cultures aux jeunes enfants. «Cette expérience, explique-t-elle, me donne des outils pour m’apprendre à être une porte-parole de ma culture. Je contribue à changer quelque chose chez les gens. C’est très satisfaisant. Je m’initie également au langage des autres cultures, étant donné la mission du musée, de sorte que, quand je commencerai à voyager [ce que je compte bien faire], je serai plus attentive aux gens que je rencontrerai. Je veux en apprendre le plus possible sur les autres cultures et j’en apprends davantage aussi au sujet des autres Canadiens. J’adore ça. Les Canadiens respectent les autres cultures, ils ne s’intéressent pas uniquement à eux-mêmes, ce qui est une excellente attitude. Nous devons apprendre à connaître les gens qui nous entourent, à mieux comprendre ceux qui ne sont pas comme nous. C’est ce que je peux faire ici grâce à mes contacts avec les gens. Des fois, les enfants me posent des questions à propos de moi personnellement, et non uniquement à propos de l’exposition. Ils sont si intéressés que je leur réponds avec plaisir et je peux leur expliquer des choses qui ne sont pas toujours claires pour eux. Je viens tout juste de commencer à porter le hijav (voile porté sur la tête pour recouvrir la chevelure), c’est nouveau pour moi. Cela fait partie de ma religion. Il y avait longtemps que je songeais à le faire, c’est moi qui devais décidé si je le porterais, et je viens juste de commencer à le porter. Il y a des jeunes qui voit le hijav tous les jours, mais qui ne comprennent pas pourquoi on le porte et sont trop gênés de le demander. Je me sens fière de pouvoir leur expliquer. Je suis comme une experte à ce moment-là.»

Dinora estime que le musée lui donne la possibilité d’être une représentante du Canada auprès des autres jeunes Canadiens. «Parce que j’ai la chance de rencontrer des gens de partout dans le monde, j’en apprends autant qu’eux au sujet des autres cultures. Et en plus, j’apprends à les connaître comme personnes, et eux aussi en apprennent davantage sur moi personnellement. Parfois les gens me posent des questions au sujet de moi. Je peux leur parler de ma propre culture – de ce que je suis. Je peux parler avec des gens qui viennent de tous les coins du Canada et de partout dans le monde lorsqu’ils viennent visiter le musée. Ici, c’est comme une famille. J’encourage d’autres familles de la communauté salvadorienne à venir au musée parce qu’elles me connaissent et que je peux leur parler de ce qu’elles peuvent apprendre ici.»

Comment définir sa place dans le monde et trouver celle qui vous convient? Où trouver les outils nécessaires pour apprendre à communiquer vos points de vue, vos opinions et vos idées? Comment développer les aptitudes qui vous permettront d’être entendus? Qu’est-ce que l’expérience du musée apporte aux jeunes qu’ils ne peuvent obtenir nulle part ailleurs?

Dinora et May apprennent à mieux se connaître dans leurs rapports avec les autres et développent des outils qui les aident à exprimer leur identité propre. Leur expérience au musée les aide aussi à développer un sentiment d’identité en tant que nouvelles Canadiennes, mais aussi en tant que membres de la culture libanaise ou salvadorienne. Pour tous les enfants, le Musée est un lieu exceptionnel pour développer leurs aptitudes à la communication, en apprenant comment s’adresser aux autres et à respecter ce qu’ils ont à dire. Le Musée canadien des enfants fournit un espace dynamique pour favoriser le perfectionnement linguistique. Dans notre environnement d’apprentissage coopératif et décloisonné, ces fillettes se sont senties suffisamment à l’aise pour pratiquer leurs aptitudes à la communication. La confiance en soi qu’elles ont acquise grâce à cette expérience leur a permis en retour de renforcer leur habileté en communications interpersonnelles. Le MCE les encourage à partager leur expérience personnelle et les considère comme partie intégrante de l’expérience de notre musée. Ces jeunes savent que le MCE est un lieu où elles peuvent apporter une contribution à la société. Plutôt que de rester de simples observatrices, ces deux jeunes filles, en devenant des participantes actives et en s’exprimant personnellement, se sont acquis un droit de parole. Elles ont trouvé le meilleur des mondes.

Note biographique à propos de l’auteure



Lynn McMaster, gestionnaire, Programmes et planification du Musée canadien des enfants, travaille au Musée canadien des enfants depuis 1989.

Remerciements



Je tiens à remercier Carla Baggio, coordonnatrice bénévole, de m’avoir mis en contact avec ces deux jeunes filles pleines d’idéal ainsi que les familles de Dinora et de May qui leur ont fait découvrir notre musée quand elles étaient petites.