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Les musées et Internet : huit ans d’expérience canadienne

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Les musées et Internet : huit ans d’expérience canadienne – page 1

LES MUSÉES ET INTERNET : LE POINT SUR HUIT ANS D’EXPÉRIENCE CANADIENNE


Document préparé par

M. Victor Rabinovitch, président-directeur général,
Société du Musée canadien des civilisations,
avec l’aide de Stephen Alsford, gestionnaire du site Web

Pour « Les musées entre le média et les attractions touristiques »
6e colloque mondial de l’Association Internationale des musées d’histoire
Lahti (Finlande), mai 2002


INTRODUCTION


Internet est un outil relativement récent qui se prête à l’exercice d’une fonction qui elle n’est pas nouvelle : la diffusion externe par les musées. Les musées diffusent à l’externe depuis des dizaines d’années, notamment par le biais d’expositions itinérantes, de publications, de programmes de sensibilisation et de conférences spécialisées. Pour joindre leurs publics éventuels, ils puisent à une foule de supports, dont les quotidiens, les revues, la radio, la télévision, les salons professionnels et les foires touristiques. Internet s’ajoute à cette gamme d’outils – avec tous les défis et possibilités dont il est assorti. Je veux présenter la perspective canadienne sur ces défis et possibilités et voir comment ils pourraient influencer l’avenir des activités muséales.

Les Canadiens consultent Internet plus que tous les autres habitants de la planète. À cause de l’énormité du territoire et de l’éloignement de nombreuses collectivités rurales, la société canadienne a dû concevoir une infrastructure nationale de communication innovatrice, efficace et intensive, conjointement avec l’industrie et de front avec les politiques d’intérêt public qui doivent nécessairement être en place pour paver la voie à une telle infrastructure. L’organisme que je dirige, la Société du Musée canadien des civilisations (SMCC) 1, est le musée d’histoire humaine du Canada. La loi lui confie le mandat suivant : « d’accroître, dans l’ensemble du Canada et à l’étranger, l’intérêt, la connaissance, et la compréhension critique […] des réalisations culturelles et des comportements de l’humanité ». Étant donné que le public visé est à la fois national et international et vu les limites propres à un organisme qui se trouve physiquement en un seul endroit, il est logique que la SMCC cherche à exploiter Internet dès les premiers balbutiements du Web.

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LA TECHNOLOGIE NUMÉRIQUE ET LA QUESTION DE L’AUTHENTICITÉ



Les musées – et particulièrement les musées d’histoire et d’ethnologie – sont par leur nature même des établissements multimédias. Pour sensibiliser le public au patrimoine, ils devraient se fonder sur le support qu’ils connaissent le mieux : les objets historiques. Or ils exploitent aussi d’autres moyens de communication : les images et photographies historiques, les enregistrements sonores, le film, les reconstitutions de milieux, les démonstrations, les activités tactiles, les interprètes costumés, etc. Ces outils permettent de replacer les artefacts dans leur contexte afin que le public puisse mieux saisir la fonction sociale et l’importance des objets ainsi que ce qu’ils révèlent sur le passé. Les technologies numériques permettent d’intégrer des données sous forme d’images et de textes pour les diffuser en masse aux personnes qui se servent d’ordinateurs et dont bon nombre, malheureusement, n’auront vraisemblablement jamais, pendant leur vie, la possibilité de visiter un musée. Dans ce sens, les progrès techniques constituent un moyen de joindre à la fois des publics nouveaux et ceux qui fréquentent peu les musées.

Les expositions virtuelles sont-elles appelées à supplanter les expositions physiques? Le Musée canadien des civilisations (MCC) affiche plus de 80 expositions virtuelles à son site Web et, en dépit des commentaires très élogieux du public, je ne pense pas que le Web soit en voie de remplacer le Musée. Selon les commentaires reçus au sujet du site Web du MCC, il semble que le site fait découvrir au public l’établissement physique et donne envie de le visiter. Les expositions virtuelles suscitent une appréciation du riche savoir dont les musées ont la tutelle. Ce savoir est mis à la disposition des étudiants et des chercheurs du monde entier, peu importe où ils se trouvent. Néanmoins, en dépit de ces retombées favorables, il demeure que la technologie sur Internet, du moins pour l’instant, ne procure guère plus qu’une pâle imitation de l’expérience d’une visite en personne. Il se pourrait même que le substitut numérique n’évolue jamais au point de provoquer une réaction émotionnelle égale à celle née de l’observation directe. Dans la plupart des cas, la qualité des prestations virtuelles visionnées à l’écran d’un moniteur ne se compare même pas à celle des images d’un catalogue imprimé sur papier glacé : elles ne font que refléter l’objet concret. De même, il sera difficile pour la prestation en direct de reproduire la complexité des interactions sociales issues d’une visite familiale dans un musée. Je pense que nous constaterons que les sites Web auront tendance à stimuler la fréquentation des musées, et non à la remplacer, particulièrement dans la mesure où ils assurent une fonction d’information et d’orientation préalables qui aide le public à préparer une visite et à en retirer davantage.

L’exploitation des technologies « dans le vent » compromet-elle les musées en leur donnant une saveur de parcs d’attractions? Probablement pas. Il demeure des distinctions profondes entre les musées et les parcs d’attractions, à condition que les premiers soient motivés principalement par des buts didactiques et les seconds, par des intérêts commerciaux. Cette distinction influence les décisions stratégiques, y compris l’usage fait des technologies d’interprétation. Les présentations et expériences que proposent les musées sont fondées sur des artefacts historiques authentiques et sur l’expertise des spécialistes en place. Les musées sont donc confrontés à deux défis : d’une part, préserver leur authenticité et résister à la tentation d’exploiter la technologie uniquement parce qu’elle existe et, d’autre part, veiller à ce que le public demeure conscient des éléments qui distinguent un musée des autres attractions touristiques. Or ces défis peuvent être des plus réels lorsque sont en jeu le temps et les droits d’entrée d’un public conditionné par la télévision, le cinéma et les jeux vidéo.

En ce qui concerne la relation entre les musées et les médias, je tiens à insister sur le fait que les musées sont, par leur nature même, des établissements multimédias, caractéristique qui se manifeste non seulement dans les expositions qu’ils montent, mais aussi dans les artefacts qu’ils collectionnent. Le patrimoine réside dans des objets concrets et des bâtiments historiques, mais aussi dans des éléments intangibles – des méthodes, des idées, des mots, des actions – lesquels sont souvent véhiculés grâce à des supports audiovisuels. La SMCC possède un riche fonds de tels supports – quelque 27 000 heures d’enregistrements sonores et 8 000 heures d’enregistrements vidéo. Certains enregistrements sonores remontent aux travaux effectués sur le terrain par des chercheurs au tournant du XXe siècle. En ce moment, le Musée s’efforce de numériser ces collections, de stocker les fichiers numériques puis d’en faciliter la consultation par voie électronique. Grâce aux formats en continu, l’accessibilité par Internet aux enregistrements sonores et vidéo se concrétise. Récemment, cette technique a été très sollicitée dans une exposition virtuelle sur les traditions musicales de différents groupes ethniques qui a été présentée au site Web de la SMCC. Nous avons également mis à l’essai la diffusion en direct sur Internet lors de l’inauguration d’une exposition dont le programme prévoyait des discours et des numéros culturels.

Le rapport entre les musées et les médias journalistiques mérite qu’on s’y attarde. Une prestation sur Internet qui fournit à la presse et aux diffuseurs des actualités et de l’information historique susceptible de promouvoir le Musée a certainement une valeur. Le site Web de la SMCC a fait connaître le Musée à des gens qui auparavant en ignoraient l’existence. De plus, nous avons constaté que le site Web, en tant que source d’information prête à utiliser et largement accessible, a retenu l’attention des chercheurs-médias qui préparent des articles pour des revues ou des documentaires pour la télévision.

Il faut s’abstenir de considérer le Web comme un paradigme unique, par exemple comme seul outil de diffusion des expositions virtuelles. Le Web est un outil qui se prête véritablement à des utilisations multiples; il est capable d’assumer bon nombre des fonctions diverses qu’exercent les musées. Le Web est, par certains aspects, un regroupement d’outils multiples. Il faut donc songer à l’utilité du Web aux fins de mise en marché, notamment à titre d’outil qui pourrait finir par révolutionner la promotion, la vente et la distribution de certains types de produits offerts par les musées. Bien sûr, cet aspect dépend d’un gain de confiance, par les consommateurs, à l’égard des achats et autres transactions commerciales en direct (comme les opérations bancaires). Cette confiance est en voie de se renouveler, en dépit de la récente crise du commerce électronique.

Au chapitre de la mise en marché, les musées peuvent exploiter le Web à trois niveaux.


  1. Le premier niveau est celui de la simple promotion des produits uniques offerts par les musées, par exemple des reproductions et des publications, même s’il est possible de se procurer ces mêmes produits autrement qu’en les achetant en direct; le Web demeure un outil publicitaire peu coûteux. À l’heure actuelle, plus de gens consultent le Web pour se renseigner sur les produits disponibles et non pour les acheter, mais il demeure que l’information présentée en direct peut influencer bien des décisions concernant les achats qui sont faits autrement que par voie électronique.

  2. Le deuxième niveau est celui de la vente en direct ce qui, dans le présent contexte, désigne une transaction effectuée en direct suivie d’une distribution hors ligne des produits. Cette démarche peut être coûteuse pour les musées dans la mesure où le public exige des modalités d’achat conviviales et un temps de réponse rapide; de plus, comme il est indispensable de protéger les renseignements personnels et financiers des consommateurs, il est judicieux de prévoir un magasin électronique soigneusement conçu et programmé et assorti d’un effectif suffisant. Vu ces contraintes, chaque musée doit décider s’il est plus rentable d’assurer lui-même ses ventes en direct ou de se joindre à un consortium de vente en direct.

  3. Le troisième niveau combine la vente et la distribution en direct. Cette pratique est désormais courante dans le secteur des ventes de logiciels déjà en format numérique. On peut s’attendre à un essor des ventes en direct de l’information numérique, soit en vertu d’abonnements, soit en vertu de micro-transactions. La mesure dans laquelle le public est prêt à payer l’information diffusée sur le Web est fonction de la qualité et de l’utilité de cette information. Sur le plan technique, la difficulté consiste à laisser le public examiner l’information (comme on feuillette un livre dans une librairie) sans la divulguer. Tout comme le MP3, qui permet aux amateurs de musique populaire de télécharger chaque chanson au lieu d’acheter le disque complet – modalité qui menace sérieusement la vente au détail d’enregistrements sonores – les musées qui vendent des publications devront peut-être envisager des options qui sortent de l’ordinaire et adopter des unités de distribution adaptées à l’ère du numérique : chapitres plutôt que livres entiers, images individuelles plutôt que catalogues d’exposition.

Bien des musées possèdent des archives photographiques – parfois générales, parfois spécialisées – pour documenter les artefacts ou évoquer des événements historiques. Auparavant, les photographies de ce type étaient demandées par des publications spécialisées, pour des articles de revues, etc. L’avènement du Web, qui a largement fait connaître l’existence de ces images, a provoqué une hausse du nombre de demandes à leur égard. C’est désormais le Web que consultent en premier les personnes en quête de photographies. Manifestement, il existe là pour les musées une occasion d’augmenter leurs recettes. La difficulté consiste cependant à trouver des ressources à photographier, à convertir les photographies en format numérique, à documenter les images et à créer des bases de données accessibles en direct pour stocker ces images et l’information connexe. Le défi est de taille même pour les musées d’envergure comme le MCC. Dans les années 1980, la SMCC s’est aventurée dans une voie nouvelle lorsqu’elle a stocké sur vidéodisques des milliers d’images d’artefacts. Dans les années 1990, elle a opté pour le disque compact photo, support exclusivement numérique. Entre 1994 et 2000, elle a investi quelque 2,5 millions de dollars dans la numérisation d’images et la documentation connexe. Aujourd’hui, la SMCC possède une collection de plus de 300 000 images numériques. Elle a l’intention de continuer à ajouter des enregistrements numériques à sa base de données et de mettre au point des procédés pour les rendre accessibles par Internet.

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MISE EN VALEUR DU PATRIMOINE VIRTUEL AU CANADA


Les Canadiens ont rapidement adopté Internet, le considérant comme un outil de communication efficace. Depuis que le Canada est devenu pays, le gouvernement national et le secteur privé investissent des ressources énormes pour tenter de l’unir, d’abord en construisant un chemin de fer national, puis en se lançant dans les télécommunications par satellite et enfin, plus récemment, dans les réseaux à très large bande. Exception faite de la Corée 2, la pénétration de l’accès Internet à large bande est plus poussée au Canada que partout ailleurs dans le monde, y compris aux États-Unis. Selon l’Enquête sur l’utilisation d’Internet par les ménages 3 menée par Statistique Canada, en 2000, 51 p. 100 des ménages canadiens comptaient au moins un membre qui utilisait Internet. Un sondage plus récent 4 révèle une hausse de 18 p. 100 de la consultation d’Internet à la maison entre 2000 et 2001.

L’utilisation d’Internet et les caractéristiques démographiques des utilisateurs sont comparables au Canada et aux États-Unis 5.


  • La consultation d’Internet est désormais fermement ancrée dans le mode de vie nord-américain; pour la classe moyenne, le fait de ne pas avoir accès à Internet à la maison se résume à être défavorisé.

  • L’engouement pour Internet est particulièrement prononcé parmi les jeunes, mais il demeure que de plus en plus de gens de tous les groupes d’âge consultent également.

  • Auparavant, les utilisateurs étaient principalement des hommes très scolarisés, gagnant un revenu élevé et ayant suivi une formation technique; désormais, les caractéristiques démographiques des utilisateurs se rapprochent nettement plus de celles de la population générale.

  • Les utilisateurs, à mesure qu’ils gagnent en expérience et en confiance, consultent Internet plus souvent et pendant plus longtemps; il est probable que les heures passées à regarder la télévision diminuent en faveur de l’utilisation d’Internet, tant chez les adultes que chez les enfants.

  • Si quelque 80 p. 100 des utilisateurs continuent de se connecter à Internet au moyen d’une ligne téléphonique, le nombre de connexions à haute vitesse (câble et téléphone) augmente lentement, mais sûrement.

  • Les gens n’utilisent plus Internet principalement pour avoir accès au courriel, mais pour se prévaloir d’un accès rapide et pratique à l’information; la recherche d’information distance de loin tous les autres usages faits d’Internet 6.

  • De plus en plus, Internet est perçu comme un énorme amalgame de connaissances encyclopédiques, des ressources des bibliothèques, d’archives et de périodiques. Actuellement, la fonction de divertissement n’est pas centrale à l’utilisation d’Internet.

La vaste majorité des gens qui consultent Internet y voient une riche source d’information, laquelle est de plus en plus considérée comme fiable. Cette perception est ironique dans la mesure où la proportion des connaissances humaines présentée sur le Web demeure petite et fragmentaire, par rapport au fonds d’information que détient une bonne bibliothèque publique 7. Le Web est en voie de devenir l’outil de publication le plus démocratisé de l’histoire de l’humanité; après tout, ce sont les sites créés volontairement par des particuliers qui forment la pierre angulaire d’Internet. Vu cette confiance croissante à l’égard du Web, il est d’autant plus important que les établissements qui possèdent un fonds de connaissances solide, comme les musées, participent étroitement à la prestation en direct d’un contenu d’information exact.

Les musées canadiens ne se sont pas précipités quand le Web a fait son apparition. Les deux premiers sites Web de musées canadiens, qui datent de 1994, sont celui du Centre des sciences de l’Ontario et celui du Musée canadien des civilisations. En dépit de ces premiers modèles, les plus grands et les mieux nantis des musées (tant ceux du Canada que des autres pays) ont tardé à s’engager dans la voie. Les projets de diffusion sur le Web tenaient davantage de l’initiative d’un(e) employé(e) enthousiaste ayant une certaine connaissance des ordinateurs et maîtrisant, grâce à ses efforts personnels, les rudiments de la création de pages Web, qui était prêt(e) à assumer des fonctions supplémentaires dans le contexte d’une expérience bénéficiant d’un financement minimum, avec l’indulgence de la direction de l’établissement. D’ailleurs, au sein des établissements d’envergure où les questions de financement et de programmation sont abordées par voie de démarches de planification officielle, l’exploration des possibilités d’Internet a typiquement été caractérisée par un retard marqué.

Le Web existe depuis à peine 10 ans, mais il demeure que les technologies connexes et les techniques de conception et de programmation ont considérablement évolué. En dépit de ces avances, le Web demeure hors de la portée des musées plus petits qui disposent de moindres ressources. Par rapport aux méthodes conventionnelles (sur papier) de diffusion de l’information, la diffusion en direct exige un matériel moins coûteux, moins de compétences spécialisées et un effectif nettement réduit et engendre des coûts de distribution moindres. Le Web continue de constituer pour tous les musées, peu importe leur taille, une occasion de faire une promotion internationale et d’atteindre certains de leurs objectifs didactiques, le tout de façon rentable.

On peut affirmer aujourd’hui, sans risquer de se tromper, surtout compte tenu de l’attention accordée tant par le gouvernement national que par les échelons locaux, que la majorité des 2 300 musées et établissements patrimoniaux du Canada ont une présence quelconque sur le Web 8. L’importance de l’investissement varie beaucoup d’un établissement à l’autre, mais il demeure que même les établissements qui emploient un effectif bénévole parviennent habituellement à trouver un volontaire qui est prêt à ajouter une page consacrée à l’établissement à son site Web personnel. Le Web nivelle les chances plus que la majorité des autres outils de mise en marché; un imprimé n’a pas une portée géographique comparable. S’il est vrai que les petits musées sont rarement en mesure d’engager des professionnels pour créer d’impressionnants sites Web assortis de fonctions interactives, il demeure que les sondages montrent que les internautes attachent plus d’importance à la qualité de l’information que contient un site et à la capacité de l’extraire rapidement. Les petits musées qui amorcent un projet de diffusion sur le Web doivent apporter un soin particulier à la planification de la structure du site et aux fonctions de navigation dans la mesure où ils peuvent être contraints de commencer avec un petit site qu’ils développeront au fil des années.

Page d'accueil du Musée de la civilisation

Musée de la civilisation
http://www.mcq.org

Au Canada, les sites les plus substantiels et d’apparence la plus professionnelle sont ceux des établissements provinciaux et nationaux. Le Royal British Columbia Museum, le Royal Ontario Museum, le Musée de la civilisation de Québec et le Nova Scotia Museum ne sont que quelques exemples de musées d’histoire humaine dotés de sites Web solides et fermement implantés 9. Cependant, bien des sites Web de taille respectable consacrés au patrimoine humain du Canada ne relèvent pas de musées, mais plutôt d’autres établissements à vocation culturelle comme la Bibliothèque nationale, qui a créé sa « Bibliothèque numérique du Canada », et les Archives nationales qui ont compilé, à l’instar de la Library of Congress des États-Unis, une collection d’expositions virtuelles regroupées sous l’appellation « La mémoire du Canada » 10. Les sites de ministères et d’organismes gouvernementaux, comme le ministère des Anciens combattants, Parcs Canada et le ministère des Affaires indiennes, intègrent des ressources didactiques qui font autorité 11. De plus, des organisations non gouvernementales présentent aussi en direct du matériel historique, comme la Canadian Heritage Gallery, le Portail vers l’histoire canadienne, Canada History, Histor!ca, et Notre mémoire en ligne 12.

Page d'accueil de la Bibliothèque nationale du Canada

Bibliothèque nationale du Canada
http://www.collectionscanada.ca/index-f.html

Page d'accueil du Portail vers l’histoire canadienne

Portail vers l’histoire canadienne – créé par la Société historique du Canada et Chinook Multimedia Inc.
http://www.canadianhistory.ca/fr/index.html

Certains projets du secteur privé bénéficient d’un financement public parce que le gouvernement fédéral mise beaucoup sur le développement d’Internet au Canada. Le projet Rescol compte parmi les premiers de ces projets : il visait la création d’une infrastructure et le perfectionnement du corps enseignant de sorte que pratiquement toutes les écoles du Canada puissent se prévaloir de ce volet pédagogique du Web. Rescol a engendré un programme de création de contenu décentralisé, en vertu de modalités de financement, intitulé « Collections numérisées du Canada ». Ces collections constituent vraisemblablement le plus riche fonds de ressources savantes offertes en direct au Canada 13.

Page d'accueil des Collections numérisées du Canada

Collections numérisées du Canada
http://collections.ic.gc.ca

Page d’accueil du Musée virtuel du Canada.

Page d’accueil du Musée virtuel du Canada.
Gracieuseté du Réseau canadien d’information sur le patrimoine, ministère du Patrimoine canadien.
http://www.museevirtuel.ca/Francais/

Plus récemment, l’accent mis sur l’expansion des services gouvernementaux en direct a assuré le soutien financier d’autres projets, comme le Musée virtuel du Canada 14 (MVC) qui appuie la création de contenu muséal en direct. Le MVC constitue aussi un portail d’accès à des expositions virtuelles décentralisées (ainsi qu’au contenu même du site du MVC). La création de portails de ce genre 15 est la première étape de ce que certains intervenants du milieu considèrent comme l’itération suivante de la présence muséale en direct : le méta-musée, fruit du regroupement des ressources éparpillées des musées individuels 16. Cette tendance est évoquée par d’autres exemples, dont Images Canada 17, guichet d’accès unique aux collections éparpillées de divers organismes culturels gouvernementaux et non gouvernementaux, une entente de collaboration entre les organismes fédéraux à vocation culturelle qui vise la création d’un système en direct de billetterie et de réservation pour combler les besoins de tous les partenaires, et la Place du Canada et Culture Canada 18, portails du ministère du Patrimoine canadien qui font découvrir la culture canadienne.

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LA CRÉATION DE Civilisations.ca


À ma connaissance, il n’existe pas de site Web de musée canadien qui soit aussi vaste et ancien que celui de la SMCC, site qui s’appelle désormais Civilisations.ca. Né en 1994, il se résumait à l’époque à quelques centaines d’écrans d’information, relevait d’un unique responsable et n’était assorti d’aucun budget consacré. Cependant, comme il s’inscrivait dans la vague des précurseurs des sites consacrés de musée, il a pu attirer un public et, grâce à son enrichissement soutenu, il a su retenir ce public initial et le grossir. Quelques semaines après son entrée en service, le personnel et la direction étaient ravis des statistiques qui reflétaient le téléchargement de quelque deux milliers de pages par semaine. Ils ne se doutaient pas que la fréquentation allait connaître une augmentation dramatique d’ici la fin de la décennie. À compter de 2001, le site recevait chaque année plus de 14 millions de sollicitations (chiffre qui correspond à environ 84 millions de « demandes d’accès », pour employer un terme plus répandu).

Page de garde de Civilisations.ca

Page de garde de Civilisations.ca
http://www.museedelhistoire.ca

Page d’accueil de Civilisations.ca

Page d’accueil de Civilisations.ca
http://www.museedelhistoire.ca/indexf.asp

Nous en sommes encore à nous demander ce que ces chiffres veulent dire exactement. L’interprétation des séries élémentaires de données recueillies par un serveur Web comporte maints écueils. Dans les musées, les gestionnaires ont l’habitude de réfléchir en fonction du nombre de visiteurs or, pour différentes raisons, il est difficile de dégager une notion comparable dans un environnement en direct. La statistique si souvent citée, celle des « demandes d’accès », est difficile à interpréter. Les « demandes d’accès aux pages », aussi appelées « accès aux pages » ou « téléchargements de pages », est quelque peu plus utile et se prête davantage à une comparaison statistique avec d’autres sites Web. Une troisième statistique, dite des « séances de l’utilisateur 19 », même si elle est quelque peu subjective, est celle qui se compare le mieux aux visites de l’établissement même. Nous estimons que Civilisations.ca est l’hôte d’environ trois millions de séances par an, comparativement au 1,5 million de personnes qui visitent le Musée même chaque année. Cependant, les séances en direct sont nettement plus courtes qu’une visite sur les lieux; en moyenne, les premières durent 13 à 14 minutes, ce qui est très long en temps « Internet », mais est beaucoup plus court que les quatre heures que dure typiquement une visite au Musée même.

L’analyse des statistiques recueillies, complétées par des données qualitatives dérivées des commentaires du public, nous a permis de tirer plusieurs conclusions au sujet du profil des visiteurs au site Civilisations.ca et de l’utilisation qu’ils en font.

  • D’un point de vue démographique, les visiteurs en direct ressemblent beaucoup au profil bien établi des visiteurs qui fréquentent le Musée même 20.
  • Un fort pourcentage des visiteurs est à la recherche d’information à caractère scolaire (enseignant(e)s, élèves, parents).
  • 80 p. 100 des visiteurs s’intéressent aux ressources d’information que contient le site tandis que la majorité des autres sont en quête de renseignements susceptibles de les aider à planifier une visite sur les lieux ou à accéder aux produits offerts par le Musée.
  • La majorité des visiteurs en direct provient probablement des États-Unis (le nombre de visiteurs américains excède le nombre de visiteurs canadiens, probablement parce que les États-Unis sont plus peuplés que le Canada). Le troisième groupe de visiteurs en importance est originaire des pays francophones, vraisemblablement parce que le site de la SMCC est entièrement bilingue 21.
Graphique montrant les pays d'origine des visiteurs.

Pays d’origines des visiteurs
Source : Web Trends

Pour illustrer ce que les gens apprécient du site Civilisations.ca, voici quelques courts extraits (anonymes) de messages qui nous sont parvenus.

[du Canada] « J’ai consulté votre site Web pour ma classe d’histoire canadienne de 10e année… parce que je n’ai pas trouvé d’autre ressource qui soit aussi détaillée, pénétrante et riche en sources primaires… Il s’agit d’une ressource réellement remarquable dont peuvent se prévaloir les enseignants pour rendre leur matière plus intéressante et vivante. » [traduction] [des États-Unis] « C’est épatant d’avoir de l’information si utile au bout des doigts. J’ai appris bien des choses en visitant votre site et je compte y revenir. » [traduction] [du Canada] « C’est merveilleux d’avoir accès à votre site Internet. Ma famille et moi aimons enrichir nos connaissances sur le Canada et votre Musée lorsque nous faisons les visites virtuelles. » [traduction] [de la France] « Bravo vraiment pour votre site que j’ai déjà consulté plusieurs fois. Il est délicieux…. Votre réalisation est suffisamment attrayante pour que j’envisage d’organiser, avec l’Association que je préside, un voyage au Canada pour visiter votre superbe exposition. »

[de Hong-Kong] « J’ai été très impressionné par votre site. La page est une vraie mine d’information. Je la trouve vraiment très bonne. » [traduction] [de la Suisse] « Cela fait longtemps que je surfe! Mais je n’avais encore jamais visité un site aussi formidable que le vôtre. Je cherchais des renseignements pour l’école car nous étudions l’Égypte et votre site est époustouflant! Facile à naviguer et quelle masse de renseignements! Je vais faire une super bonne note à mon exposé. »

[des Pays-Bas] « Je cherchais de l’information pour le projet de classe de ma fille (elle a 10 ans) et ce que j’ai trouvé m’a tout simplement épatée. C’était si intéressant et agréable que j’ai passé des heures à naviguer le site et à lire le contenu. » [traduction] [du Royaume-Uni] « Le site du MCC est le plus remarquable et innovateur de tous les sites Web de musées que j’ai visités jusqu’à présent. L’accès intellectuel aux collections et à l’information est supérieur – fascinant, visuellement agréable et facile à consulter. En tant que conservateur de musée en Angleterre, j’étudie les possibilités informatiques qui nous permettraient de mieux mettre en valeur nos collections. Avant, je doutais de la qualité de la prestation que nous pourrions offrir. Votre site m’a fait changer d’idée. En fait, j’avais juste l’intention d’y jeter un coup d’œil rapide et j’ai dû m’en arracher au bout de trois quarts d’heure! Je compte y revenir et le suggérer comme ressource aux professeurs qui enseignent le volet sur les peuples autochtones de l’Amérique du Nord du programme d’études national de l’Angleterre. » [traduction] [des États-Unis] « FANTASTIQUE!!!!! Même avec un modem 14,4 j’ai trouvé l’accès à votre site très facile…. Je n’en reviens pas de la beauté de votre visite de la Grande Galerie consacrée à la côte ouest du Pacifique. Je vous remercie de m’avoir fait vivre une expérience d’apprentissage que je n’aurais pas connu sans votre site Web. » [traduction] [du Canada] « Votre équipe a construit un site exceptionnel. Il me fait plaisir de voir que vous avez respecté la règle d’or : ‘le contenu est roi’. » [traduction]

Bien sûr, les commentaires que nous recevons ne sont pas tous aussi élogieux! Nous recevons notre part de critiques, certaines utiles et d’autres simplement insultantes, et elles ont leur utilité, notamment pour le dépistage de certains problèmes de navigation. C’est d’ailleurs pour cette raison que nous avons porté une attention particulière à l’aspect navigation lors de la première grande réorganisation du site, qui a abouti à sa réinauguration en septembre 2001 22.

Page d’accueil du Musée canadien de la poste

Page d’accueil du Musée canadien de la poste
http://www.museedelhistoire.ca/cpm/cpmf.asp

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LA CRÉATION DE Civilisations.ca (suite)


La navigation du site Civilisations.ca, ou même la simple capacité à trouver de l’information sur un sujet précis, présente un défi particulier justement à cause de la taille imposante du site. En effet, le site comporte actuellement plus de 30 000 écrans d’information statique, dont des douzaines d’expositions virtuelles, des visites de salles, des articles et des monographies, des communiqués, des dépliants en ligne 23, des listes de publications, et bien plus. De surcroît, Civilisations.ca mène à diverses présentations audiovisuelles (qui ne peuvent être mesurées par le nombre d’écrans ou de pages), à la base de données sur les collections d’artefacts qui contient environ 850 000 enregistrements (dont 46 000 sont complétés par des images des artefacts) et au catalogue de collection de la bibliothèque et des archives qui compte 260 000 enregistrements. Comme vous pouvez bien l’imaginer, il a fallu intégrer au nouveau site divers outils de navigation, y compris un index du site, une carte du site, un moteur de recherche et des menus d’accès rapides.

Page des Expositions virtuelles – Musée canadien des civilisations

Expositions virtuelles – Musée canadien des civilisations
L’Inde, lumière des arts — Les Haïdas : Les enfants de l’Aigle et du Corbeau — Histoire des Autochtones du Canada — La poterie et la porcelaine du XIXe siècle au Canada — Mystères de l’Égypte

Au terme de pratiquement huit ans, le site Web de la SMCC a été le terrain d’essai de diverses technologies et applications pour le Web. En 1995, nous avons ouvert une boutique en direct, la Cyberboutique, et tenu une vente aux enchères en direct. En 1996, nous avons inauguré un des premiers « musées virtuels » du Web et fait l’essai pilote d’un projet d’enseignement à distance appelé « Cybermentor ». En 1997, nous avons ajouté un second musée virtuel, en vertu d’une collaboration internationale consacrée à l’histoire de la Nouvelle-France 24. La même année, nous avons lancé la visite virtuelle sous QuickTime VR de la salle du Canada 25, la plus grande exposition permanente du Musée. En 1998, nous avons intégré au site une première fonction VRML (une visite de la tombe de Toutankhamon) 26, une version améliorée de la Cyberboutique 27 et les bases de données sur les collections évoquées plus haut. En 1999, nous avons testé la diffusion directe sur le Web lors de l’inauguration d’une exposition 28 et en 2000, nous avons instauré un système de micro-paiement pour vendre de l’information généalogique aux personnes qui font des recherches sur l’historique des familles 29.

Page virtuelle de la cyberboutique du Musée canadien des civilisations

Cyberboutique
Musée canadien des civilisations

Page web du « Musée virtuel »

« Musée virtuel »
Musée canadien des civilisations

Page web de CyberMentor

CyberMentor
Musée canadien des civilisations

Page web du Musée virtuel de la Nouvelle-France

Musée virtuel de la Nouvelle-France
Musée canadien des civilisations

Page web de la Réserve des collections

Réserve des collections
Musée canadien des civilisations

Diffusion sur Internet de Iqqaipaa : L’art inuit en fête

Iqqaipaa : L’art inuit en fête – Diffusion
Musée canadien des civilisations

Le nouveau site entré en service l’année dernière comporte des rubriques nouvelles à l’intention de publics spécifiques. Par exemple, pour les enfants, le site compte des jeux de rôles et d’aventure à caractère didactique 30. Pour les enseignantes et enseignants, le site propose un portail d’accès à des ressources comme des guides de l’enseignant, des bibliographies et certains articles illustrés rédigés expressément pour compléter les programmes scolaires 31. Un autre portail, prévu pour les spécialistes, mène à de l’information plus savante et à une série d’exposés rédigés par nos conservateurs 32. Enfin, la presse a accès en un seul point aux communiqués de la SMCC, aux trousses pour les médias et à un fonds d’archives sous forme d’images numériques prêtes à publier dont l’accès est protégé par mot de passe 33. Nous avons aussi créé un bulletin électronique mensuel auquel les visiteurs peuvent s’abonner.

Page de la page virtuelle du Musée canadien des enfants

Le Mystère du 262
Musée canadien des enfants

Page web du Guerrier blindé

Guerrier blindé
Musée canadien de la guerre

La plupart de ces progrès ont été financés avec des ressources puisées à l’interne. Ce n’est que depuis les 12 derniers mois que nous avons pu nous prévaloir des modalités de financement découlant de l’initiative Gouvernement en direct. Ces fonds supplémentaires nous ont permis de prendre part à des projets d’expositions virtuelles conjointes et de poursuivre la conversion numérique des collections.

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LE VERTUEUX ET LE VIRTUEL



Vu l’ampleur et la durée de l’activité de la SMCC sur Internet, nous avons songé à ce que tout cela veut dire pour les musées, ainsi qu’au rapport entre le musée physique et le musée virtuel.

Page Internet de la Consultation en ligne – concepts architecturaux

Consultation en ligne – concepts architecturaux pour le nouveau Musée canadien de la guerre.
Musée canadien de la guerre

La raison d’être du site Web est d’affirmer le mandat et les objectifs stratégiques de la SMCC, et donc de refléter ses programmes, ses services et ses produits. En revanche, cela ne se résume pas à la simple diffusion d’information sur les installations physiques. La fonction fondamentale du Musée est de réunir un fonds d’histoire matérielle et d’étudier les collections pour créer des ressources destinées à renseigner le public sur le patrimoine du Canada. Un site Web peut assurer cette fonction de façon différente, et complémentaire, par rapport aux expositions, aux imprimés ou aux autres prestations conventionnelles. Alors que bon nombre de nos expositions virtuelles reprennent les expositions concrètes qui sont présentées au Musée, d’autres ont été créées exclusivement pour le site Web.

Tous les musées connaissent des contraintes d’espace et de « temps de présentation » à l’égard des expositions; un site Web peut permettre de continuer à présenter le même contenu longtemps après le démantèlement de l’exposition physique. Le site Web devient alors une archive et un outil de référence à long terme. Dans la mesure où la majorité des textes et des images servant à monter une exposition physique sont en format numérique, il est relativement peu coûteux de monter une exposition numérique en se servant du même matériel. Manifestement, tous les sujets ne se prêtent pas à une prestation en direct, mais ils demeurent qu’un grand nombre d’entre eux y conviennent.

Le concept du musée virtuel peut sembler miner une valeur fondamentale des musées en ce que ceux-ci privilégient les artefacts authentiques, soit les objets concrets qui assurent un lien avec le passé et permettent de le comprendre. La dichotomie entre le « vrai » et le « simulé » parle à l’essence de l’expérience vécue en musée. Or, je pense que nous sommes tous prêts à reconnaître qu’il est rare que les artefacts historiques expriment clairement ou directement leur signification. Les musées ont recours à une toute une gamme d’outils pour donner voix aux artefacts : le Web n’est rien de plus que le dernier des outils à venir s’ajouter à cette gamme. Toute interprétation historique est fondée sur des hypothèses; les musées virtuels ne sont pas des simulations artificielles tant qu’ils sont infusés d’images fidèles d’artefacts historiques authentiques, du savoir expert des conservateurs et de l’engagement professionnel des musées en ce qui a trait à l’exactitude et à l’authenticité.

Le principal défi que le Web pose aux musées découle de la nature d’Internet à titre de véhicule démocratisé de communication publique. Moyennant un minimum de formation, n’importe qui peut créer un site Web sur un sujet historique quelconque. Alors que bon nombre de ces initiatives sont valables, d’autres sont biaisées et à caractère amateur, lorsqu’elles ne frisent pas le lunatique du point de vue de l’interprétation. Dans les débuts d’Internet, il existait un Louvre virtuel, fruit de l’initiative d’une personne, qui donnait l’impression d’être le site Web officiel du Louvre. Nous avons vu des « musées virtuels » nés de projets menés en classe. Nous avons vu des thèmes très populaires, comme l’origine des pyramides de l’Égypte, assortis d’une ribambelle d’explications incongrues par l’entremise de sites Web individuels. Nous avons vu des points de vue extrémistes proliférer sur le Web. Et, sous un jour différent, nous avons vu des intervenants commerciaux présenter des comptes rendus négligés sur divers sujets historiques, dans le dessein d’attirer le public à leurs sites et de commercialiser leurs produits ou services.

Je pense qu’il incombe aux établissements qui se vouent à la diffusion d’exposés historiques complets de veiller à ce que le public reçoive une information experte de qualité irréprochable. En informatique, « virtuel » veut dire réaliste, par opposition à réel, autrement dit ce qui possède les vertus de la chose sans être la chose. Néanmoins, l’étymologie du mot et de ses dérivés renvoie à des connotations d’excellence et de supériorité, d’efficacité et d’influence. Dans cette optique, je pose que le monde virtuel d’Internet n’est pas un paysage inconnu des musées : il n’est que le prolongement de leur environnement naturel.

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NOTES



  1. La Société englobe deux grands musées situés à des emplacements différents : le Musée canadien des civilisations et le Musée canadien de la guerre.
  2. La Corée se démarque en partie á cause de la concurrence serrée entre les fournisseurs d’infrastructure à large bande dans le pays et en partie parce qu’une forte proportion de la population coréenne est logée dans des immeubles. Pour consulter une analyse des développements à l’échelle internationale, voir le rapport du Comité de la Politique de l’Information, de l’Informatique et des Communications de l’Organisation de Coopération et de Développement économiques (OCDE) intitulé The Development of Broadband Access in OECD Countries, Paris, OCDE, 2001.
  3. Signalé dans « Enquête sur l’utilisation d’Internet par les ménages », Le Quotidien, 26 juillet 2001; au site Web de Statistique Canada : http://www.statcan.ca/Daily/Francais/010726/q010726a.htm. L’enquête a été menée en janvier 2001.
  4. Signalé par Guy Dixon, « More Canadians venture on-line at home », Toronto Globe and Mail, 26 juillet 2001.
  5. Comparaison établie avec les conclusions du UCLA Center for Communication Policy, The UCLA Internet Report 2001: Surveying the Digital Future, Year Two, Los Angeles, University of California, 2001.
  6. Pour l’instant, aucune corrélation n’a été relevée entre l’utilisation d’Internet et le changement des notes qu’obtiennent les enfants à l’école.
  7. Les projets de balayage d’entières collections de bibliothèques, si impressionnants soient-ils, sont voués à l’échec en raison des difficultés de navigation, des longs temps de téléchargement des images des pages (aucunement comparables aux quelques instants qui suffisent pour feuilleter les pages d’un livre) et de l’impossibilité de fouiller les images pour trouver des mots clés intégraux.
  8. La liste principale des sites Web de musées canadiens, qui fait partie de la Bibliothèque virtuelle, est tenue par le Réseau canadien d’information sur le patrimoine, au site http://www.museevirtuel.ca/Francais/Museum/Vlmp/vlmp.html, mais elle ne peut être considérée comme complète dans la mesure où elle regroupe principalement les établissements qui ont leur propre site Web et non ceux qui partagent un site Web. Des statistiques sur la taille des musées canadiens et leur développement au fil du temps sont affichées au site Web de l’Association des musées canadiens : http://www.museums.ca/.
  9. Leurs sites Web sont (respectivement) : http://rbcm1.rbcm.gov.bc.ca/, http://www.rom.on.ca/, http://www.mcq.org/ et http://museum.gov.ns.ca/.
  10. Les ressources d’information de ces sites se trouvent aux pages http://www.collectionscanada.ca/2/index-f.html et http://www.collectionscanada.ca/05/0599_f.html.
  11. Respectivement : http://www.vac-acc.gc.ca/general_f/sub.cfm?source=history, http://www.parcscanada.gc.ca/lhn-nhs/index_f.asp, http://www.ainc-inac.gc.ca/pr/index_f.html.
  12. Les adresses de ces sites sont : http://www.canadianheritage.org/, http://www.canadianhistory.ca/, http://www.canadahistory.com/, http://www.histori.ca/, http://www.canadiana.org/. Un répertoire qui rend compte de la couverture en direct accordée à l’histoire humaine du Canada est affiché au site Web du Musée canadien des civilisations, à la page : http://www.museedelhistoire.ca/orch/www00_f.html.
  13. À l’adresse http://collections.ic.gc.ca/.
  14. Créé par le Réseau canadien d’information sur le patrimoine qui appuie depuis longtemps l’exploitation de l’informatique dans les musées. Le Musée virtuel du Canada est à l’adresse http://www.museevirtuel.ca/.

  15. Par exemple, le 24 Hour Museum du Royaume-Uni (http://www.24hourmuseum.org.uk) et Australian Museums Online (http://amol.org.au/), en Australie.
  16. George MacDonald et Stephen Alsford. « Toward the Meta-Museum », pp. 267-278 in The Wired Museum, sous la direction de K. Garmil-Jones, Washington, American Association of Museums, 1997.
  17. http://www.imagescanada.ca/
  18. http://www.culturecanada.gc.ca/ et http://canadaplace.gc.ca/
  19. Le terme « séance de l’utilisateur » renvoie à une série de demandes émanant du même utilisateur pendant une période de temps fixe pour évoquer une « visite » caractérisée par le début de l’activité et la fin de l’activité. En revanche, la délimitation de la durée d’une séance n’est pas une opération objective, ce qui complique les possibilités de comparaison.
  20. Par exemple, scolarité relativement avancée et revenu relativement élevé, âge moyen comparable et même gamme de professions.
  21. Il s’agit d’une politique du gouvernement fédéral, mais aussi d’une question de fierté pour un établissement qui cherche notamment à présenter aux Canadiens – francophones et anglophones – leur patrimoine partagé; Civilisations.ca présente également des volets de contenu en d’autres langues.
  22. Les résultats sont affichés au site http://www.museedelhistoire.ca.
  23. Autrement dit, le genre de promotion ou de contenu destiné au public habituellement disséminé sous forme de dépliants ou de feuillets d’information.
  24. http://www.mvnf.civilisations.ca/
  25. QuickTime VR génère des panoramas photographiques d’espaces qui peuvent être liés pour donner l’impression d’avancer dans une salle d’exposition; le site de la visite est le suivant : http://www.museedelhistoire.ca/hist/qtvr/caqtvr1f.html.
  26. Le langage VRML permet la représentation graphique d’un espace que peut explorer l’utilisateur.
  27. https://www.historymuseum.ca/boutique/
  28. http://www.museedelhistoire.ca/aborig/iqqaipaa/theatre/iqqaip1f.html
  29. http://www.museedelhistoire.ca/vmnf/ancetres/default.htm
  30. On y accède par le portail des Enfants du site http://www.museedelhistoire.ca/kids/kidsf.asp.
  31. http://www.museedelhistoire.ca/educat/educatf.html
  32. http://www.museedelhistoire.ca/academ/academf.html
  33. http://www.museedelhistoire.ca/media/mediaf.asp