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Quatre constantes de la politique culturelle canadienne

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QUATRE CONSTANTES DE LA POLITIQUE CULTURELLE CANADIENNE


Victor Rabinovitch

Président-directeur général

Société du Musée canadien des civilisations


D’après le discours d’ouverture de M. Rabinovitch au forum intitulé « La culture canadienne et la technologie numérique » organisée par le ministère du Patrimoine canadian et l’Association d’études canadiennes (à Gatineau, Québec, en octobre 2007). Cet article a paru pour la première fois dans Canadian Issues / Thèmes canadiens (Hiver 2007), publication de l’Association d’études canadiennes. Reproduction autorisée.

L’auteur joue depuis plusieurs années un rôle de leader en matière d’élaboration de politiques culturelles.



RÉSUMÉ


L’attention politique et publique à l’égard de la politique culturelle du Canada est cyclique, elle varie au fil du temps, et elle a maintes fois été mobilisée par des changements technologiques. Plusieurs programmes, règles et orientations stratégiques ont été élaborés au cours du siècle dernier et ont donné lieu à un modèle national unique de promotion et de bonification de l’expression culturelle. Aujourd’hui, en réponse à la révolution globale qui touche les communications et la gestion de l’information, la politique culturelle canadienne est encore remise en question. L’histoire des initiatives publiques précédentes montre qu’il est parfaitement possible d’ajuster la stratégie culturelle canadienne à ce plus récent ensemble de conditions et ce, de façon créative et efficace. Il est important qu’il en soit ainsi, parce qu’une politique culturelle dynamique est une condition essentielle à l’unité et à la pérennité du Canada.

INTRODUCTION


Même si nous continuons d’être affectés par la révolution internationale qui touche la technologie numérique, il est important de mettre en perspective les retombées culturelles sur le Canada. L’habileté du Canada à exprimer une voix indépendante en matière de culture a souvent été confrontée à de périlleux défis. Que ces défis aient été technologiques ou démographiques, institutionnels ou artistiques, les débats sur la politique culturelle ont régulièrement été marqués par certaines constantes. Nous devons les identifier et les reconnaître, même si nous convenons que la révolution numérique a ajouté une énorme menace globale à une diversité culturelle durable. À mon avis, il existe quatre constantes fondamentales – que nous appellerons les vérités culturelles du Canada – qui montrent comment ce pays a fait face aux défis passés et s’est bâti un solide dossier d’initiatives en matière de politiques culturelles.

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UNE ATTENTION PUBLIQUE CYCLIQUE


L’intérêt pour les questions touchant la politique culturelle passe par des cycles variables d’attention publique et politique. À divers moments dans l’histoire canadienne, le niveau d’intérêt pour la culture en tant que sujet de préoccupation politique a connu d’immenses variations. J’emploie le terme culture d’une façon totalement inclusive qui comprend toutes les formes d’expression qui communiquent l’identité sociale et la créativité. Nous pouvons facilement reconnaître les périodes de grand intérêt pour la culture lorsque ces questions sont à l’avant -plan et qu’elles font beaucoup de bruit. Certains de ces moments remontent aux premières années de l’histoire moderne du Canada alors que d’autres sont plus récents.

Au milieu des années 1860, par exemple, alors que se négociaient les termes
de la Confédération, la question de la langue était un sujet très sensible. Pour les représentants du Québec, le droit d’utiliser le français au Parlement fédéral et dans les tribunaux était essentiel. Et pour Thomas D’Arcy McGee, un non-francophone de la délégation du Québec, la culture constituait l’occasion idéale de façonner un caractère national qui conviendrait au nouveau pays. McGee, qui faisait avec éloquence la promotion d’une identité canadienne inclusive et tolérante, a été réduit au silence en 1868 lorsqu’il a reçu une balle dans la tête, tirée par un assassin qui trouvait que ses vues sur la coopération politique trahissaient la cause du nationalisme irlandais engagé.

La vie politique canadienne n’a pas connu d’autre tragédie comme la mort violente de McGee, mais son idéal d’une approche nationale unique en matière d’expression culturelle s’est fait entendre à plusieurs reprises. En 1929 par exemple, la Commission royale sur la radiodiffusion, présidée par sir John Aird, a conclu que le pays avait besoin d’un système public de radiodiffusion pour permettre aux Canadiens de se faire entendre en ondes. Aird était président de la Banque canadienne de commerce et ses recommandations ont amené le gouvernement conservateur du premier ministre Bennett, et le gouvernement libéral de Mackenzie King à sa suite, à créer le précurseur de l’actuelle Société Radio-Canada (SRC). À peine vingt ans plus tard, en 1951, une autre commission royale, cette fois dirigée par Vincent Massey, a recommandé plusieurs autres initiatives pour encourager les entreprises culturelles sous la protection de l’État. La Commission Massey a établi les bases de la politique du Conseil des Arts du Canada et de l’appui public à de nombreuses autres activités culturelles.

Dans l’histoire contemporaine, les questions touchant la politique culturelle ont maintes fois éveillé la sensibilité et la controverse, menant souvent à de ouveaux programmes ou à des initiatives réglementaires. Au début des années 1970, après d’intenses débats sur le bilinguisme et le biculturalisme, les premières règles sur le contenu canadien s’appliquant aux détenteurs d’une autorisation de radiodiffusion ont été adoptées, spécifiant les exigences minimales de diffusion de la musique canadienne. Dix ans plus tard, après de longs débats au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), des licences ont été émises autorisant un nouveau média, la télévision payante, tout en exigeant qu’un petit quota de films canadiens soient offerts aux abonnées. Au même moment, le gouvernement fédéral prenait une décision comparable pour soutenir une plus grande production de l’industrie canadienne du film alors en émergence.

À certains moments, le secteur culturel n’a pas su retenir l’attention du gouvernement. Essentiellement, l’intérêt politique pour les programmes culturels monte et descend, atteignant parfois des sommets mais sombrant ensuite au plus bas niveau. Présentement, le Canada connaît une phase de faible intérêt pour une politique culturelle dynamique. Cela se voit dans le milieu fédéral, et s’étend sur plusieurs gouvernements récents, mais c’est également la situation qui prévaut dans plusieurs juridictions provinciales. Nous pouvons spéculer sur les raisons de ce faible intérêt. Nous devons certes reconnaître que même pendant les périodes où l’intérêt est faible, l’administration courante des programmes culturels peut susciter des controverses occasionnelles, mais cela n’est pas la même chose que d’engendrer des débats et d’engager le soutien du public qui galvanisent les initiatives menant à de nouvelles orientations.

L’intérêt politique pour la culture canadienne est de nature cyclique; cela est l’une de nos vérités. Nous pouvons prévoir que les questions culturelles seront à nouveau importantes dans un certain nombre d’années, à l’exemple des préoccupations environnementales canadiennes qui ont fait leur réapparition sur la scène publique après une accalmie dans les années 1990.

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LE RÔLE DE LA TECHNOLOGIE


Alors que les leaders politiques et sociaux proclament à l’occasion leur intérêt pour l’art et la culture, ce sont vraiment les défis technologiques qui ont propulsé l’élaboration des politiques culturelles depuis près de cent ans. Les innovations et les occasions commerciales ont entraîné des investissements privés et publics, des incertitudes politiques et des décisions stratégiques. Par exemple, l’émergence des réseaux de radio commerciale aux États-Unis et leur débordement au Canada a suscité des craintes concernant la participation réduite de notre pays à ce nouveau moyen de communication. L’importance culturelle de la radiodiffusion canadienne était au cœur des recommandations de la Commission Aird en 1929. De la même façon, les préoccupations concernant la nouvelle technologie commerciale de la télévision et la reconnaissance du pouvoir des moyens de communication de masse ont fortement stimulé les propositions de la Commission Massey.

Nous pouvons identifier d’autres motivateurs technologiques qui ont été essentiels aux innovations en matière de politiques culturelles. Dans les années 1960, l’expansion rapide des systèmes de distribution par câble a orienté le débat politique sur l’importance des règles de propriété canadienne et la distribution prioritaire de la radiodiffusion intérieure. Dans les années 1980, l’arrivée de la télévision à la carte a entraîné l’attribution de licences à des canaux télévisés en cinéma. Au milieu des années 1990, la disponibilité des systèmes de distribution par satellite a suscité une controverse majeure et a, plus tard, mené à la révision des règlements sur les licences de radiodiffusion et l’équilibre du contenu canadien. Toujours au milieu des années 1990, la capacité nouvelle de transférer du contenu au-delà des frontières par le biais de signaux numériques a entraîné un important différend commercial avec les États-Unis concernant les soi-disant magazines à tirage dédoublé. Les effets possibles de cette technologie ont persuadé le gouvernement fédéral de créer un nouveau programme de soutien pour les publications canadiennes.


Les répercussions de la technologie sur la culture au cours du XXe siècle se sont particulièrement fait sentir dans le domaine de la radiodiffusion. Même la puissante industrie du film commercial a été soumise à la capacité d’intégration et de distribution de la télévision (bien que les longs métrages soient normalement toujours présentés au cinéma lors de leur sortie). En conséquence, l’attention première des nouvelles politiques et du financement s’est portée sur la radiodiffusion. La seconde source d’attention a été complémentaire à celle-ci, dans le sens où l’intérêt était d’appuyer la création du contenu canadien pour répondre aux besoins des médias de radiodiffusion. Les appuis à la musique enregistrée, à l’industrie du cinéma de long métrage, et à la production de documentaires étaient directement liés aux défis de la radiodiffusion. Même l’activité traditionnelle qu’est l’édition de livres, qui a souvent reçu l’attention du gouvernement, peut être vue comme un terreau qui alimentera les productions télévisuelles.

À l’opposé, les domaines d’activités culturelle qui ne sont pas perçus comme liés aux nouvelles technologies, notamment les arts d’interprétation et les activités muséales, sont habituellement relégués à la dernière position sur le grand mât de la politique culturelle. Bien entendu, les Canadiens et les visiteurs étrangers continuent d’assister à des spectacles et de fréquenter des musées et ils apprécient ce qu’ils voient, même si ceux-ci reçoivent moins d’attention politique et de financement que les institutions comparables des autres grands pays.

En d’autres mots, au Canada, c’est souvent grâce à sa relation avec les innovations technologiques que la culture a obtenu le plus d’attention politique, plutôt que pour sa valeur intrinsèque en tant que voix de la créativité, des valeurs sociales et de l’identité. Nous pouvons nous interroger sur les raisons pour lesquelles il en est ainsi. La technologie fait-elle se sentir vulnérables les leaders de l’opinion publique? Ou encore, peut-être pensent-ils que la technologie engendre les seuls véhicules efficaces de l’expression culturelle? En d’autres termes, les innovations technologiques sont-elles vues comme une menace ou une opportunité pour la culture et l’identité canadiennes? Quelle que soit la motivation sous-jacente, il en résulte que la technologie a joué un rôle fondamental dans les politiques culturelles récentes; cela a été une vérité permanente dans l’évolution de l’agenda politique.

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UN MODÈLE CULTUREL CANADIEN


En dépit des périodes de négligence cyclique et de l’intérêt politique centré sur les retombées de la technologie, un vaste modèle culturel canadien distinct a émergé au cours de la seconde moitié du XXe siècle. Des recherches et des consultations publiques ont examiné la vigueur de diverses activités culturelles, et ont orienté les politiques vers les arts et ce qu’on appelle dorénavant l’industrie culturelle. Des interventions pour soutenir le contenu canadien ont été élaborées pour un large éventail d’activités, et un modèle a été mis en place. Ce modèle a fait l’objet de pressions au milieu des années 1990, lorsque des intervenants majeurs du milieu des technologies numériques ont fait valoir que la convergence des télécommunications et de la radiodiffusion rendrait les règlementations culturelles totalement désuètes. Une observation juste du ministre fédéral du Patrimoine de l’époque, Michel Dupuy, résumait l’essentiel du défi. Pointant la croissance montante des entreprises convergentes, il a avancé : « Ça, c’est le contenant; mais où est le contenu? »

La question ironique du ministre Dupuy a attiré l’attention sur la pertinence des politiques et des programmes culturels qui ont évolué au fil des ans. Malgré les restrictions sur le financement et les occasionnelles campagnes des défenseurs de la libéralisation du commerce (souvent liés à des fournisseurs d’émissions télévisées et de films étrangers), un modèle de politique qui prévoit l’intervention publique dans le continuum des productions culturelles demeure en vigueur au Canada. Ce modèle touche tous les aspects de la création culturelle, de la production, de la distribution, de la consommation et de la préservation. Il reconnaît que l’accès aux produits culturels importés est très vaste mais que l’accès à des produits canadiens, grâce au soutien de régimes de financement et de réglementation, est essentiel à l’identité nationale.

En effet, comme l’avaient pressenti sir John Aird et sir Vincent Massey il y a de nombreuses années, la culture est semblable à l’éducation ou même à la défense nationale : c’est un bien public qui doit être géré pour obtenir plus que des retombées économiques. En l’absence d’interventions publiques, une approche essentiellement axée sur le marché reléguerait la plupart des expressions culturelles de grande envergure à un état d’oubli économique (en anglais ou en français).

Ce modèle est une constante centrale à la vie culturelle canadienne : il s’agit de l’une de nos vérités culturelles. Il peut être modifié grâce à des initiatives ponctuelles comme dans le cas des récents efforts en vue de négocier une convention exécutoire internationale pour protéger la diversité culturelle. Le modèle n’est pas de portée purement fédérale et permet l’adoption de mesures complémentaires par divers paliers de gouvernements. Par exemple, lorsque des projets majeurs de constructions culturelles prennent forme, ils exigent inévitablement un financement à niveaux multiples, soit des gouvernements fédéral, provincial et municipal. De la même façon, ce sont les multiples niveaux de dégrèvement fiscal des différents gouvernements qui accroissent dans les faits les montants des dons privés, ou du financement privé dans des entreprises comme les sociétés cinématographiques et les éditeurs de livres.

Ironiquement, les seules institutions qui ne bénéficient pas de niveaux multiples d’aide sont celles dont la nature est nationale, notamment les musées nationaux. Il n’y a aucun gouvernement provincial ou municipal qui accorde un quelconque soutien aux projets nationaux : chacun semble espérer que seul Ottawa s’occupera de la perspective pancanadienne. Cela est malheureusement une autre vérité culturelle canadienne.

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LA CULTURE ET LA CONTINUITÉ NATIONALE


La controverse et la compétition entre les intérêts privés, ou entre les entreprises privées et les autorités publiques, sont des signes normaux de la démocratie civique. Les exemples sont nombreux dans plusieurs domaines ‘activités, même dans le celui des politiques culturelles. Des vues divergentes sont exprimées sur les objectifs généraux et les plans détaillés des programmes de financement culturel, des règles de radiodiffusion, des lois sur les droits d’auteur, de la construction des musées et plus encore. Nous ne devons pas assumer à tort que les différences d’opinion dénotent un manque d’appui pour le modèle public nécessaire. Cela m’amène à ma dernière observation concernant l’importance plus grande de l’expression culturelle et de la politique publique au Canada – une importance qui reflète un concept fondamental des valeurs communautaires.

L’existence et l’avenir du Canada reposent sur sa capacité, en tant qu’entreprise sociale collective, à protéger l’indépendance et le caractère distinctif de ses habitants. Après tout, si ce pays n’a rien d’unique, pourquoi devrait-il exister en tant qu’entité politique? C’est presque une vérité de La Palice : la survie et la vigueur de la langue française et des communautés francophones sont des caractéristiques uniques de ce pays au sein de l’Amérique du Nord.

Alors que les tensions avec le Québec et d’autres groupes de langue française sont des réalités nationales permanentes, l’unité du Canada a été assurée grâce à l’argument persuasif voulant que ce pays joue un rôle défensif de première ligne pour la protection linguistique. Cela est un effet de la politique culturelle. Un argument semblable mais plus subtil vaut pour les communautés de langue anglaise. La capacité des Anglo-Canadiens à donner une voix à des textes, des valeurs, des objectifs et des histoires qui diffèrent de ceux du géant américain dépend uniquement d’une communication efficace de la pensée culturelle canadienne indépendante.

Amorcée avec l’Acte de Québec de 1774 et réaffirmée par la Confédération en 1867, l’identité du Canada est arrimée à sa nature bilingue et biculturelle. Ces dernières années, avec l’augmentation considérable de l’immigration en provenance de régions non raditionnelles, et l’entrée en scène des intérêts et des voix autochtones, le Canada a développé une approche d’identité sociale, le multiculturalisme. Cette importante expérience sociale est très différente de par son concept et ses perspectives des traditions tant américaines qu’européennes d’intégration (et de gestion) des diverses populations.

Le succès de l’initiative multiculturelle de ce pays, et son succès futur à rester uni en dépit des tensions concernant la langue, l’origine ethnique ou la religion, dépendra d’une combinaison de facteurs économiques et sociaux. Le défi historique du Canada à tenir lieu de foyer pour ses peuples fondateurs et de terre d’accueil pour des immigrants profondément disparates est essentiellement culturel. Nous pourrions adapter l’expression allemande « Kulturkampf » ou bataille culturelle pour décrire le défi de créer des identités, des valeurs et des expériences historiques partagées – tout en respectant la diversité. Nous ne pouvons abandonner cette bataille culturelle sans abandonner aussi la bataille pour survivre en tant que pays souverain. Il s’agit d’une autre vérité de notre vie culturelle.

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MOT DE LA FIN


Aujourd’hui, alors que nous sommes témoins d’innovations remarquables de plusieurs systèmes de communication et de gestion de l’information, il n’est pas surprenant que la forme et les méthodes de la politique culturelle canadienne soient contestées par certains. Toutefois, les objectifs culturels essentiels identifiés récédemment demeurent : il s’agit de développer des méthodes pratiques qui permettent la création, la promotion, la distribution et l’échange des matières artistiques canadiennes.

Pendant la période d’intense innovation que nous vivons, il y aura inévitablement des pressions de certains individus qui soutiendront que les nouvelles formes de technologies numériques ne peuvent être harnachées exclusivement au contenu canadien. Des détracteurs avanceront que le pays ne peut se permettre de soutenir financièrement les productions culturelles. D’autres soutiendront que les règles internationales gouvernant les échanges globaux rendront nuls les efforts du Canada – ou de tout autre pays – à protéger l’espace pour les voix culturelles intérieures.

Le rappel des usages antérieurs de ce genre d’arguments me montre qu’il est totalement
possible aux responsables des orientations politiques canadiennes de réagir de faç on créative et efficace. De surcroît, tant que perdurera un intérêt collectif à soutenir l’expérience canadienne, une politique culturelle dynamique sera partie intégrante de la réussite de notre continuité nationale. La plus grande menace pour le succès futur de la politique culturelle canadienne ne provient pas des innovations technologiques ou des pressions étrangères. À mon avis, la enace vient plutôt de notre propre modèle d’intérêt cyclique intérieur et de notre courte durée d’attention. Nous ne pouvons nous permettre ‘être passifs, défaitistes ou endormis aux commandes alors que les innovations et les pressions commerciales s’intensifient sur les réseaux culturels canadiens.