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IntroductionS'amuser en familleLiensCrédits
La monnaie grecque

Tout au cours de l'histoire, et à travers le monde, toutes sortes de choses sont utilisées comme monnaie : perles, coquillages, sel, ambre, fèves de cacao, jade, ivoire, cuivre, argent, or, cochons, bœufs, plumes, tabac, etc. Certaines choses sont adoptées comme monnaie parce qu'elles sont portatives, d'autres parce qu'elles ont une valeur décorative, et encore d'autres parce qu'elles peuvent être consommées. Cependant, dans tous les cas, pendant une période de temps, elles sont reconnues par la société qui les utilise comme un moyen d'échange acceptable et comme un moyen de régler des dettes.

Les Grecs de l'Antiquité doivent faire des paiements de temps en temps. Si un membre de la famille tue quelqu'un délibérément ou accidentellement (aucune distinction n'est faite!), au lieu de tuer la personne responsable, les deux familles s'entendent souvent sur un paiement, d'où l'expression « prix du sang ». Si un père accepte de donner sa fille (parfois avec le consentement de cette dernière) en mariage à un prétendant, on s'attend naturellement à ce qu'elle ait un dot adéquat, celui-ci pouvant être restitué avec intérêts si le mariage échoue. (À une époque antérieure, c'était l'inverse. Le prétendant faisait un paiement au père de la fille pour compenser la perte des services de cette dernière. Autres temps, autres mœurs.) Les Grecs doivent aussi payer des taxes et le tribut, et remplir des obligations religieuses, et ils ont parfois l'occasion de faire des échanges avec des marchands étrangers. Une monnaie portative et largement acceptée permet de répondre facilement à tous ces besoins.

Selon Hérodote, le « père de l'histoire », les Lydiens sont les premiers à concevoir et à utiliser des pièces de monnaie en argent ou en or, vers 650 av. J.-C. (La Lydie était située à côté de l'Ionie, en Asie Mineure occidentale, soit l'actuelle Turquie.) L'usage de ce genre de pièces se répand ensuite à travers la Grèce entière, et peu après, Égine, Corinthe, Rhodes et Athènes, entre autres, commencent à frapper leurs propres pièces selon leurs propres normes.

Les premières pièces fabriquées par les Lydiens sont en électrum, un alliage naturel d'or et d'argent, appelé couramment or blanc. Elles ne sont pas parfaitement rondes comme les pièces d'aujourd'hui. En fait, elles ressemblent à des haricots rouges écrasés ou à des cailloux plats avec un motif estampé sur un côté. (Pour avoir une bonne idée de la taille et la forme des premières pièces, faites une petite corde avec de la pâte à modeler et pressez-la entre le pouce et l'index. Vous aurez un morceau de pâte avec une empreinte au centre, aux bords irréguliers et d'une épaisseur inégale.) Ce n'était pas facile d'empiler les pièces.

Puisque la forme et l'épaisseur des pièces varient, des tricheurs entreprenants ne tardent pas à enlever des morceaux des parties les plus épaisses. Les monnayeurs luttent contre cela en ajoutant de nombreux motifs aux pièces et en imprimant un cercle en relief tout autour. Ces pièces ressemblent très peu aux belles pièces que toutes les cités grecques ayant une population plus ou moins importante distribueront plus tard, des pièces arborant sur un côté l'emblème de la cité et, sur l'autre, peut-être l'effigie de la divinité qui protège la cité. L'étude de l'évolution de la fabrication des pièces est très révélatrice.

Les premiers monnayeurs prennent un métal de valeur (or, argent, cuivre), pèsent la quantité dont ils ont besoin pour la pièce qu'ils vont frapper, chauffent le métal jusqu'à ce qu'il soit assez malléable pour rentrer dans un moule (coin) de fer ou de bronze, puis frappent le métal avec un marteau pour l'aplatir. Ce qui en résulte, c'est un objet plus ou moins plat de forme irrégulière qu'on peut utiliser comme monnaie. Les monnayeurs perfectionneront plus tard le processus en gravant sur le coin des images qui peuvent être transférées à la pièce, puis en ajoutant un deuxième coin gravé pour imprimer des images sur les deux côtés de la pièce avec un seul coup de marteau.

Toujours compétitives, les cités grecques font ensuite avec la monnaie ce qu'elles ont fait dans bien d'autres cas. Elles l'améliorent en l'embellissant, frappant des pièces au Ve siècle av. J.-C. que bien des gens considèrent comme les plus belles jamais fabriquées. Cela reflète l'esthétique grecque. Les cités se font concurrence pour produire des pièces de qualité qui emporteront fièrement des images représentatives de la cité — le hibou d'Athènes, la tortue d'Égine, le Pégase de Corinthe — loin au-delà des frontières de cette dernière. Avant l'invention de la presse d'imprimerie, le meilleur instrument de propagande est probablement la pièce de monnaie.

Sparte, qui semble toujours faire les choses différemment des autres cités grecques, soutient sa réputation. En tant que société, elle conclut que l'accumulation de la richesse n'est pas une valeur spartiate. Mais comme les Spartiates ont besoin de régler des dettes entre eux, ils choisissent la broche de fer (une tige de fer pointue sur laquelle on enfile de la viande pour la tenir au-dessus du feu) comme unité monétaire. Avant l'introduction des pièces de monnaie, ces tiges de fer étaient utilisées comme monnaie dans toute la Grèce presque. Seule Sparte continue à les utiliser après l'adoption de métaux plus précieux par les autres cités. D'une longueur d'environ un mètre, la broche de fer a une longue histoire comme monnaie, remontant à l'époque d'Homère. En fait, le mot drachme (pièce de monnaie) semble tirer son origine de drax , qui signifie poignée , soit le nombre de broches de fer (une demi-douzaine) qu'on pouvait tenir dans une main.

Les noms de deux douzaines de pièces sont connus, et il en existe des exemples. Ces pièces ont survécu, au lieu d'être fondues pour qu'on puisse réutiliser le métal, parce qu'elles ont été enfouies, les Grecs de l'Antiquité entreposant leurs objets de valeur sous terre. Plusieurs trésors ont été trouvés. Parmi les unités monétaires les plus courantes, il y a :

1 obole (la plus petite pièce d'argent) = 1 broche de fer
6 oboles = 1 drachme
1 statère = 2 (parfois 3) drachmes
100 drachmes = 1 mine
60 mines = 1 talent
12 chalcos (monnaie de cuivre) = 1 obole

Il est difficile de comparer la monnaie d'aujourd'hui à celle de la Grèce antique. Selon l'historien Donald Kagan (The Peloponnesian War, page 61), la construction d'une trirème (navire de guerre) coûte un talent. Cette somme est équivalente au salaire mensuel de tous les membres de l'équipage mis ensemble (environ 200 hommes). Les comptes de la construction du Parthénon, qui sont gravés sur pierre et installés dans l'agora pour que tous puissent les voir, indiquent que le temple a coûté 469 talents. Un talent est équivalent à 26 kg d'argent. Un récipient d'argile ordinaire coûte une obole. À l'époque de Périclès, un ouvrier non qualifié peut s'attendre à gagner 2 ou 3 oboles par jour, tandis qu'un artisan ou un ouvrier qualifié, un maçon par exemple, gagne deux fois plus. Une maison de la classe moyenne supérieure coûte 3000 drachmes (0,5 talent). Tout comme aujourd'hui, la rémunération des personnes qui travaillent dans l'industrie du spectacle est disproportionnée par rapport à celle des autres. Polus, l'acteur célèbre du IVe siècle, aurait reçu un talent pour deux représentations seulement.

Les Grecs portent normalement les pièces de monnaie dans la bouche, leurs vêtements n'ayant pas de poches. Quand quelqu'un meurt, on met une couple de pièces dans sa bouche pour payer Charon, le nocher qui leur fera traverser le Styx pour entrer dans le royaume des morts.