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La sculpture

Heureusement, les Grecs de l’Antiquité ont réalisé un grand nombre de sculptures parce que la plupart ont disparu. Mais il existe suffisamment d’originaux, de fragments et de copies pour nous donner une idée de la quantité et de la qualité de leur production. Avant 650 av. J.-C., on ne réalisait pas de sculptures en pierre grandeur nature ou même plus grandes. À environ cette époque, le pharaon Psammétique autorise deux groupes de Grecs (Ioniens et Cariens) à s’installer le long du Nil. Les Grecs apprennent des Égyptiens l’art de la sculpture en pierre de grande dimension, mais ils utilisent le calcaire et le marbre que l’on trouve en Grèce, plutôt que le porphyre et la granodiorite, des pierres plus dures que les Égyptiens préfèrent. Ils adoptent initialement « l’aspect et la texture » égyptiens, mails ils ne se contentent pas longtemps de produire simplement des sculptures dans un style qui a servi l’Orient pendant maintes générations. En l’espace de deux ou trois siècles, ils mettent au point leur technique distinctive et abandonnent la formule égyptienne.

Les Grecs utilisent divers matériaux pour leurs grandes sculptures : du calcaire, du marbre (qui devient vite la pierre préférée, surtout le paros), du bois, du bronze, de la terre cuite, une combinaison d’or et d’ivoire (chryséléphantine) et même du fer. Il existe aujourd’hui une bonne quantité d’œuvres en pierre, mais les autres matériaux étaient trop précieux ou trop fragiles pour survivre, environ 25 siècles s’étant écoulés depuis la fabrication des œuvres.

Dans leur état originel, on ne reconnaîtrait pas aujourd’hui les sculptures grecques de l’Antiquité. À l’instar des Égyptiens, les Grecs peignaient leurs œuvres partiellement ou complètement, et c’était peut-être logique étant donné le soleil éclatant de la Grèce. Parées de tous leurs accessoires, les statues auraient ressemblé à des personnages d’un musée de cire contemporain. La chevelure et les cils étaient en métal, et les yeux étaient incrustés de verre, d’ivoire ou de pierres colorées. Les figures féminines portaient souvent des boucles d’oreilles et des colliers. Les athlètes étaient représentés la tête ceinte de la couronne des vainqueurs, tandis que les guerriers étaient équipés de lances, de boucliers et d’épées. Les chevaux portaient des brides et des rênes. Lorsqu’on regarde les statues de près, on peut souvent voir les trous indiquant où ces accessoires étaient attachés.

Les Grecs sculptent souvent la tête et les membres des statues en pierre séparément, et les attachent au torse au moyen de chevilles et de tenons en métal ou en pierre. De temps en temps, ils utilisent du ciment pour attacher des morceaux de moindre taille.

Les immenses statues chryséléphantines de divinités, comme celles d’Athéna et de Zeus, sculptées en or (chryso) et en ivoire (éléphantine), méritent une attention particulière. Des œuvres gigantesques à tout point de vue, elles nous rappellent que le rôle des sculptures grecques, au moins initialement, est d’abord et avant tout religieux. L’élément central des temples, ces statues coûtent aussi cher, ou même plus, que les temples qui les abritent. À une grande ossature en bois, on attache de l’ivoire, représentant la chair, qu’on couvre de vêtements en or battu. Ce genre de statue devient toujours une cible en temps de guerre ou d’incertitude économique.

Des statues des vainqueurs des jeux athlétiques sont souvent commandées par les athlètes eux-mêmes ou leurs admirateurs. Elles sont installées soit dans le village d’origine des athlètes, soit sur le site des jeux. Kyniska, la Spartiate qui a gagné la course de chars tirés par quatre chevaux aux Jeux olympiques de 396 av. J.-C., fait ériger une statue commémorative en bronze à Olympie. (Malheureusement, il n’en reste que le socle fracturé et une partie de l’inscription. On a probablement fondue la statue pour en récupérer le métal précieux. C’est ce qui arrivait souvent aux grandes sculptures de bronze.) Parmi les œuvres qui nous sont parvenues, il y a le célèbre aurige de Delphes en bronze, une offrande votive. On commande souvent des statues pour commémorer des évènements historiques (p. ex. les Tyrannochtones , qui sont aussi célèbres et qui commémorent l’assassinat du tyran Hipparque). Puisque les particuliers ont aussi besoin de pierres tombales et de mémoriaux, la demande de statues est constante.

Dans son évolution, la sculpture grecque est passée de la rigidité et du stylisme à l’idéal du naturalisme. Les figures les plus anciennes semblent être des formules mathématiques réalisées avec un matériau dur et récalcitrant. On a l’impression que les sculptures ont émergé rigides d’un bloc de matériau gelé. Les figures plus récentes sont beaucoup plus détendues et naturelles, au point où l’on pourrait s’imaginer facilement qu’elles respirent.

Dans la Grèce antique, la sculpture est étroitement liée à l’architecture. On crée des temples et des sculptures pour honorer les dieux, et les sculptures ne jouent pas simplement le rôle d’ornements dans les temples. Avec ces derniers, elles forment un ensemble intégré et harmonieux. Le Parthénon en est un bon exemple, et les Grecs d’aujourd’hui soutiennent depuis longtemps que les prétendus marbres de lord Elgin, qui constituent maintenant des éléments essentiels de la collection du British Museum, étaient une partie indissociable du Parthénon et qu’il est impératif de les réunir à l’édifice.