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La mythologie

On emploie parfois les mots mythe, légende, conte populaire et fable comme s’ils étaient interchangeables, mais le sont-ils vraiment? Voici la définition qu’en donne Le Petit Robert :

Mythe — Récit fabuleux, transmis par la tradition, qui met en scène des êtres incarnant sous une forme symbolique des forces de la nature, des aspects de la condition humaine.

Légende — Récit populaire traditionnel, plus ou moins fabuleux, merveilleux.

Conte populaire — Court récit de faits, d’aventures imaginaires, destiné à distraire.

Fable — Petit récit en vers ou en prose, destiné à illustrer un précepte.

En lisant ces définitions, on comprend bien pourquoi ces mots sont mal employés dans la conversation informelle. Et si on lit certaines des définitions secondaires, on ne s’y retrouve plus. Voici les définitions secondaires de légende et de mythe :

Légende — Représentation (de faits ou de personnages réels) accréditée dans l’opinion, mais déformée ou amplifiée par l’imagination, la partialité.

Mythe — Représentation de faits ou de personnages souvent réels déformés ou amplifiés par l’imagination collective, une longue tradition littéraire.

Même les spécialistes de la mythologie diffèrent ouvertement sur les descriptions et les définitions de ces mots. Il ne devrait pas être difficile de trouver des spécialistes qui acceptent ou rejettent les observations qui suivent.

Les fables ont pour but de donner une leçon de morale, de transmettre un principe de comportement. Les fables d’Ésope offrent diverses leçons de ce genre (p. ex. dans Le lièvre et la tortue, c’est « Rien ne sert de courir; il faut partir à point »). Nettement fictives, les fables contiennent souvent des éléments surnaturels, mais aucun lecteur mûr n’en conclurait que ce qu’elles décrivent s’est vraiment passé il y a très longtemps. Et presque tout le monde affirmerait que les fables divertissent et instruisent les enfants de tout âge et de toutes les cultures depuis de nombreuses siècles.

Les contes populaires relèvent aussi de la fiction. Ils ne traitent pas d’une personne ou d’un incident précis. Les animaux y jouent souvent un rôle, et ils se comportent souvent comme des humains.

Très précises, les légendes sont axées sur une personne ou un incident (p. ex. la légende du roi Arthur ou la chasse-galerie). Ces récits sont transmis d’une génération à l’autre, mais ils ne sont pas étayés de preuves solides. Puis, il y a le mythe.

Les spécialistes discutent depuis longtemps de ce qui constitue un mythe. La plupart des cultures possèdent des mythes et, bien que leur contenu varie, ils ont plus ou moins les mêmes caractéristiques :

  • Il s’agit de l’histoire d’un peuple qu’on transmet d’une génération à l’autre mais dont l’auteur est inconnu.
  • Si on les regarde de près, on verra que les mythes contiennent souvent un brin de vérité.
  • L’histoire varie souvent. (Si on prend une série de conteurs dans des endroits différents, avec le temps ils ont tendance à ajouter des éléments qui mettent souvent l’accent sur le lieu où ils vivent.)
  • Les « croyants » croient que le mythe est vrai et le considèrent comme une partie importante de leur système de croyances.
  • Une entité surnaturelle y joue presque toujours un rôle.
  • Les mythes permettent d’attribuer une cause à un phénomène ou à des événements (p. ex. l’origine de l’espèce humaine, ce qui produit la foudre, l’alternance des saisons) en l’absence d’explications plus plausibles.
  • Les mythes contreviennent souvent aux lois de la nature (Ulysse se rend aux enfers, Achille ne peut être blessé qu’au talon, et tout ce que Midas touche se transforme en or).

La mythologie classique traite de la relation entre l’être humain et les dieux et déesses qui peuplent le monde du surnaturel. Selon l’historien Michael Grant : « Les mythes que racontaient les Grecs et les Romains sont aussi importants que l’histoire quand il s’agit de comprendre les croyances, la pensée et les sentiments de ces peuples — les ancêtres de notre civilisation — et ce qu’ils exprimaient par écrit et par l’art visuel. Car leurs mythologies étaient inextricablement entrelacées, à un point qui nous est inconnu, dans le tissu de leurs vies publique et privée » (Myths of the Greeks and Romans).

Il ne faut pas oublier que le peuple grec de l’Antiquité était profondément religieux et voyait son univers comme étant rempli d’une foule d’êtres bienveillants ou malveillants, tous pouvant agir sur leur bien-être. Il était essentiel d’apaiser et de calmer ces esprits rétifs et capricieux, et de s’assurer le concours de divinités qui accepteraient d’aider le suppliant à faire une récolte abondante, à exécuter une mission militaire ou à s’acquitter d’une tâche ardue. Naturellement, l’échec dans une ou l’autre de ces initiatives pouvait être attribué à une divinité d’humeur irascible ou tout simplement au fait qu’on n’avait pas présenté une offrande dans les règles.

La science n’en était qu’à ses débuts et n’offrait pas encore d’autres théories pour expliquer des choses comme la peste, les tremblements de terre et l’alternance des saisons. Si vous viviez dans la Grèce antique et croyiez qu’Apollon, Déméter et Poséidon existaient, laquelle des explications suivantes vous semblerait plus logique?

  • La peste est causée par des animaux (bactéries) qui sont si petits qu’on ne peut pas les voir ou la peste est causée par Apollon, qui transperce de coups de flèche des personnes qui l’ont offensé.
  • Les tremblements de terre résultent de changements entre les plaques tectoniques de la Terre ou quand Poséidon est fâché, il provoque des tremblements de terre en plongeant son trident dans le sol.
  • L’alternance des saisons est causée par l’inclinaison de la Terre ou Déméter pleure l’absence de sa fille Perséphone, qui est partie aux enfers, et elle le fera jusqu’à ce que celle-ci revienne.

Les mythes grecs que nous connaissons aujourd’hui sont sortis de la bouche d’un petit nombre de poètes doués et influents. Les récits que ces derniers nous ont transmis ont évolué de génération en génération, ont été testés devant un public critique, et ont fort probablement été écrits et révisés maintes fois jusqu’à ce qu’ils prennent leur forme actuelle. Si on les examine de près, ils livrent beaucoup d’information sur les Grecs de l’Antiquité, de l’information qui suscite un vif intérêt chez les héritiers intellectuels, politiques et artistiques de ces derniers. Nous sommes redevables d’abord et avant tout à Homère, le plus grand poète épique, et presque autant à Hésiode, dont la Théogonie constitue un « bottin mondain » du panthéon grec. Pindare (qui est, selon certains, le meilleur poète lyrique de tous les temps) a incorporé de nombreux éléments des mythes dans ses odes triomphales. Les trois auteurs grecs de tragédies — Eschyle, Sophocle et Euripide — ont choisi presque exclusivement des sujets mythologiques. (L’un d’entre eux a affirmé sans hésitation que lui et ses contemporains « se nourrissaient de miettes du festin d’Homère ».) Hérodote, Aristophane, Pausanias et Apollodore complètent la liste des dix hommes qui ont collectivement élaboré la trame de la mythologie grecque.

La mythologie classique est devenue une partie intégrante de nos vies, bien que, de nos jours, peu de personnes croient au panthéon de divinités que l’imagination fertile des Grecs de l’Antiquité a su créer et faire perdurer. Dans toutes les galeries d’art et tous les musées, le choix des sujets reflète l’influence de la mythologie. Les peintres et les sculpteurs grecs se sont rendus dans le vaste entrepôt de la mythologie pour trouver des idées pour des milliers et des milliers d’œuvres. Maintenant, leurs chefs-d’œuvre nous inspirent à leur tour. Les dramaturges grecs ont misé sur les tragédies mythologiques pour divertir le public de leur génération et de toutes celles qui ont suivi, jusqu’à aujourd’hui.

Dans les films hollywoodiens, les bandes dessinées, les émissions de télévision et divers genres littéraires, les histoires sont peuplées de personnages mythologiques ou de personnages dérivés de ces derniers. Dans la publicité, on emprunte librement à la mythologie, employant les noms et les attributs de dieux et de déesses pour vendre des produits et des services. On n’a qu’à consulter l’annuaire téléphonique : Atlas, symbole de la force, aide à vendre de l’acier et des pneus, et Apollo (Apollon) prête son nom à un magasin de musique. Aphrodite est associée à un spa et à des services de beauté; Athéna , à la propriété intellectuelle; Hermès, à des services de messagerie; et Dionysos, au matériel de vinification. Le monde de la mythologie classique est bien vivant au XXIe siècle.