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Le théâtre

Le fait que toute cité grecque de la moindre importance ait au moins un théâtre (Athènes en a plusieurs) témoigne de l’importance qu’y accordent les collectivités. Le théâtre offre une expérience qui réunit des éléments du mythe, du rituel, de la religion, de la danse, de la musique et de la littérature. Il sert de cadre à l’échange d’idées, permet de s’évader des réalités de la vie quotidienne, qui sont parfois dures, et offre une occasion de regarder les autres et de se montrer. Le théâtre est aussi en quelque sorte une épreuve d’endurance, puisque quelqu’un qui assiste à toutes les représentations lors d’un festival, et bien des gens le font, écoute peut-être 20 000 vers de poésie assis sur un banc dur en bois ou en pierre.

Le théâtre grec tire son origine du rituel religieux. Dionysos, qui est aujourd’hui souvent associé uniquement au vin et aux réjouissances, est également une divinité agraire et a des traits qui rappellent ceux du dieu égyptien Osiris. Comme celui-ci, Dionysos naît deux fois, la deuxième fois de la cuisse de Zeus, père des dieux et des humains. Des fêtes associées aux plantations et aux récoltes voient le jour dans l’Antiquité à l’endroit même où l’on sépare les grains des tiges des céréales. Elles donnent aux Grecs l’occasion d’exprimer leur amour de la danse et de la musique, et leur gratitude pour une moisson abondante, et peut-être de goûter à la boisson à laquelle Dionysos est le plus souvent associé. La terminologie du théâtre comprend des mots qui ont sans doute leur source dans l’aire de battage.

Dans la Grèce antique, les pièces de théâtre sont présentées dans le contexte d’une fête dionysiaque qui dure plus ou moins le même temps que les festivals athlétiques tenus à Olympie, à Némée et à Delphes, et a une structure semblable. Les autorités civiles sont responsables de l’organisation de la fête, que préside le prêtre de Dionysos. Les pièces ont lieu en plein air et, le plus souvent, au pied d’une colline, donnant à tous les spectateurs une vue dégagée, les rangées de sièges étant installées sur la colline. Auparavant, on disposait tout simplement des bancs ordinaires en bois en demi-cercle autour de l’orchestre, un espace circulaire au centre duquel se dressait l’autel de Dionysos. L’architecture des théâtres deviendra beaucoup plus sophistiquée, et on construira des structures telles que le magnifique théâtre d’Épidaure, dont l’acoustique (et celle d’autres théâtres grecs) fait l’objet d’une grande d’admiration. Le moindre chuchotement sur la scène s’entend de la dernière rangée. Mais ce n’est pas dans la splendeur de ces théâtres en pierre que les pièces d’Eschyle, de Sophocle et d’Euripide captivent et émerveillent des spectateurs pour la première fois. Ce genre de théâtres fait son apparition bien plus tard.

Il y a plusieurs fêtes dionysiaques tout au long de l’année. À Athènes, les grandes dionysies ont lieu en mars, pour célébrer la fin de l’hiver et le début du printemps. Au cours de ces dernières, pendant quatre jours, on présente des pièces sans pause ni entracte. Le premier jour est consacré à la comédie, cinq dramaturges présentant des pièces, et les trois autres à la tragédie. Une pièce satirique est incluse chaque jour pour donner un peu de répit. Les lauréats reçoivent un prix — une simple couronne de feuilles de lierre — et des honoraires dont le montant n’est pas révélé.

Pour l’attribution des places, c’est premier arrivé, premier servi, les personnes de marque, dont les prêtres de Dionysos, ayant des places réservées dans la rangée du centre. Au début, les représentations sont gratuites, mais on exigera plus tard un droit d’entrée (quelques billets en bronze nous sont parvenus). Pour les pauvres, l’entrée sera toujours gratuite. Certains théâtres peuvent accueillir quelque 15 000 spectateurs, mais la plupart sont beaucoup plus petits. Les pièces sont présentées sur la scène, située à l’orchestre, mais les spectateurs ne voient pas normalement l’action (les meurtres, etc.) parce qu’elle a lieu dans les coulisses. Les accessoires, les décors et les toiles de fond sont rares; le public doit les imaginer.

Dans le théâtre grec, il n’y a pas d’actrices; tous les rôles sont interprétés par des hommes qui portent des masques en bois ou en liège. Ces masques sont sculptés et peints pour représenter des expressions exagérées (colère, peur, désespoir, etc.), et on les remplace à mesure que la pièce évolue et que les thèmes changent. Ils contribuent peut-être à la projection de la voix jusqu’aux dernières rangées. Quant aux costumes, les acteurs portent pour la plupart des vêtements ordinaires, mais il se peut que la couleur de ces derniers ait été plus vive que d’habitude. Parfois ils portent des semelles épaisses qui leur donnent plus de hauteur. Les costumes portés pour jouer la comédie sont souvent rembourrés, et à la fin du Ve siècle av. J.-C., ils sont déjà garnis d’énormes phallus en cuir rouge, suggérant la nature grivoise de certaines comédies.

Les tragédies, dont les thèmes sont empruntés à la mythologie, ressemblaient peut-être plus à des opéras qu’aux pièces qu’on connaît aujourd’hui. Bien que des œuvres d’art et des artefacts nous donnent une idée de la gamme d’instruments dont on jouait dans la Grèce antique, il n’y a pas de consensus sur la musique qu’ils produisaient. Pour voir jusqu’à quel point il est difficile de comprendre l’impact des pièces de l’Antiquité et d’en bien juger, imaginez une représentation du Fantôme de l’Opéra dans 2000 ans sans musique ni chorégraphie, tout le dialogue étant parlé, plutôt que chanté.

Les professeurs de théâtre parlent des quatre meilleurs dramaturges de tous les temps. Parmi ces derniers, trois sont grecs, et seul Shakespeare mérite de figurer parmi eux. Eschyle (525-456 av. J.-C.) est le premier et, selon certains, le plus grand poète dramatique. Il introduit le deuxième acteur, transformant ainsi le monologue en dialogue, et réduit le nombre de choreutes (choristes) de 50 à 12, nombre plus intéressant et plus facile à gérer. Quand on lui demande d’écrire son épitaphe, il décide de ne pas mentionner la gloire qu’il connaît en tant qu’écrivain, préférant souligner sa présence et sa contribution à la bataille de Marathon, qui a constitué un jalon dans l’histoire de la Grèce. Plusieurs pièces d’Eschyle nous sont parvenues, y compris Les Perses, Prométhée enchaîné et L’Orestie.

Sophocle (496-406 av. J.-C.), produit de l’époque de Périclès (les deux hommes sont de bons amis), est le contemporain d’Eschyle et d’Euripide. Aristote le considère comme le meilleur qui ait jamais existé dans son domaine. Il introduit le troisième acteur, innovation qui donne aux pièces plus d’ampleur et en accroît l’effet dramatique. Parmi les œuvres de Sophocle qui nous sont parvenues, il y a Œdipe roi et Antigone.

Dramaturge prolifique, Euripide est l’auteur de 92 pièces, dont il nous reste 17, y compris Médée, Les Troyennes et Héraclides. Considérant le chœur comme étant une distraction, il en minimise le rôle. Il introduit aussi un nouvel élément (le prologue) qui donne au public un aperçu de ce qui va se passer. Euripide ne connaîtra le succès que tard dans la vie, et cela le rend peut-être un peu introspectif et antisocial.

Il nous est souvent difficile d’apprécier la comédie de la Grèce antique à sa juste valeur parce qu’elle traite d’événements et d’incidents locaux qui seraient connus notamment des membres de la collectivité. Des allusions qui auraient fait mourir de rire les Athéniens laissent la plupart d’entre nous perplexes. Cependant, nous connaissons les stéréotypes : l’esclave malin, l’entrepreneur avide, le marin lascif, etc. Aristophane, dramaturge de l’époque de la comédie ancienne (vers 450 av. J.-C.), est l’auteur des Oiseaux, des Grenouilles et des Nuées. Les titres de ses pièces reflètent les costumes que les membres du chœur portent. Personne n’échappe à l’humour acerbe d’Aristophane, surtout pas les hommes politiques et les philosophes, et aujourd’hui il serait fort probablement accusé de diffamation. Bien qu’il vive à une époque libérale, Aristophane ne s’en sort pas toujours indemne; le fait qu’il attaque Athènes quand elle est en guerre contre Sparte provoque énormément de colère.

Ménandre est le seul représentant de l’époque de la comédie nouvelle (vers 350 av. J.-C.) dont il nous reste des œuvres. On peut le considérer comme un des principaux fondateurs de la comédie moderne. Il est l’auteur de plus de 100 pièces, mais une seule pièce intégrale nous est parvenue.