Grèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passé
Grèce : Les secrets du passéLa Grèce antiqueGrèce : Les secrets du passéLe film IMAXGrèce : Les secrets du passéSujets connexesGrèce : Les secrets du passéPour les enseignantsGrèce : Les secrets du passé
Grèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passéGrèce : Les secrets du passé
IntroductionS'amuser en familleLiensCrédits
Retour
Les activités

Projet artistique no 2 - Réalisez une fresque

Les fresques les plus anciennes jamais découvertes se trouvent dans la grotte de Lascaux, en France. Les artistes préhistoriques qui ont créé ces chefs-d’œuvre il y a environ 30 000 ans ne savaient fort probablement pas qu’ils inventaient une technologie de réalisation de fresques. Mais dans la grotte calcaire humide, on a combiné de la terre colorée, de la craie et du charbon pour produire les premières fresques du monde. Selon Le Petit Robert, la fresque est un « p rocédé de peinture murale qui consiste à utiliser des couleurs délayées à l’eau sur un enduit de mortier frais ». À mesure que le mortier sèche, une couche de cristaux est formée, liant les pigments au mortier. Une connaissance imparfaite des processus chimiques n’a pas empêché la production de grands chefs-d’œuvre dans la grotte.

Les peintures murales de l’Égypte ancienne, qui présentent des scènes merveilleusement détaillées de l’au-delà et de la vie quotidienne, ne sont pas de vraies fresques. Elles ont été réalisées sur un mortier sec, et leur survie dépend du climat désertique aride de l’Égypte. Leurs pigments ont été fixés aux murs des tombes au moyen d’adhésifs, pour la plupart d’origine végétale. Ces peintures sont beaucoup moins permanentes que les fresques.

Les Minoens, qui représentent la première grande civilisation égéenne, ont exalté l’art de la fresque en Crète et à Santorin. Ils n’ont pas réalisé uniquement des fresques. Dans bien des cas, ils commençaient la peinture sur un mortier frais et la terminaient sur un mortier sec, l’enduit séchant à mesure qu’ils travaillaient. Du point de vue de la conservation, cela pose un problème pour les archéologues et les autres spécialistes qui travaillent sur l’héritage des Minoens.

Les Grecs de l’Antiquité ont perfectionné la peinture murale et la technique de la fresque. Malheureusement, très peu d’œuvres nous sont parvenues. Les historiens de l’art déplorent cela, car, selon bien des auteurs classiques, la peinture grecque avait autant de valeur que l’architecture et la sculpture grecques. Certains peintres étaient même renommés.

Apelle était reconnu pour ses portraits, notamment Aphrodite anadyomène et Alexandre sous les traits de Zeus tonnant. Il a également écrit un traité sur la peinture. Cependant, ni ses écrits ni ses œuvres ne nous sont parvenus. On prétendait que les peintures de Zeuxis étaient si réalistes que les oiseaux s’en approchaient pour manger les raisins qui y étaient représentés. (L’artiste a modestement dit que, si ses images avaient été si réalistes, en voyant les garçons qui y étaient représentés les oiseaux ne s’en seraient pas approchés.) Hélène à sa toilette et Famille du centaure étaient parmi ses œuvres les plus reconnues. Zeuxis était un grand adversaire de Parrhasios, peintre originaire d’Éphèse qui a travaillé surtout à Athènes. L’œuvre la plus célèbre de ce dernier était Dêmos, un tableau représentant le peuple athénien. Ce tableau a disparu, ainsi que 20 autres œuvres bien connues de ce peintre, illustrant notamment des thèmes mythologiques. Polygnote, Nicias et Agatharque de Samos sont parmi les autres peintres bien connus. Les artistes grecs réalisaient des œuvres commandées pour des édifices publics ou les résidences des riches, et peignaient les décors de pièces de théâtre.

En 1865, on a entrepris la construction du canal de Suez, et on cherchait un ciment solide qui résisterait à l’eau de mer. La ponce volcanique de Théra (actuellement Santorin) était un des ingrédients essentiels de ce ciment. Pendant l’extraction de cette ponce, des ouvriers ont découvert des murs de pierre dans la carrière. Des archéologues allemands et français ont confirmé qu’il s’agissait des vestiges d’une civilisation ancienne.

Plus d’un siècle plus tard, on a entrepris des fouilles systématiques sur le site. Sous une montagne de cendres et de ponce volcaniques se trouvait une civilisation de l’âge du bronze. Les ouvriers carriers avaient en effet découvert une capsule témoin scellée. Au sommet de sa gloire, la ville ancienne d’Akrotiri avait peut-être 30 000 habitants, et beaucoup d’entre eux habitaient dans des logements qu’on pourrait qualifier de logements de la classe moyenne. Certaines maisons avaient des peintures murales spectaculaires qui, selon certains, sont « les œuvres d’art les plus parfaites qui nous soient parvenues d’une époque préhistorique. »

De nombreuses peintures ont été endommagées par des séismes ou des inondations, et elles étaient toutes ensevelies sous des tonnes de débris volcaniques. Puisqu’il faut dégager les fresques soigneusement, rassembler celles qui sont brisées et effectuer des travaux de conservation minimes, on a fait peu de progrès sur le site. Selon certaines estimations, il y a au moins un siècle de travail archéologique à faire. Cependant, ce qu’on a déjà mis au jour a permis au monde de voir une civilisation figée dans le temps. Les peintures ont permis de répondre à certaines questions et en ont soulevé d’autres. Elles ont également permis d’allonger la chronologie de la préhistoire égéenne tout en donnant aux archéologues d’autres énigmes à déchiffrer. On essaie, entre autres, de comprendre les relations entre les Minoens et les Mycéniens parce que, sur une des peintures, on voit un grand navire long-courrier dont l’équipage comporte des membres de ces deux peuples.

Les peintures murales de Santorin sont en partie de vraies fresques. Quand les artistes commençaient à peindre une fresque, ils appliquaient les pigments sur un mortier frais, mais à la fin, ils travaillaient sur un mortier sec. Ils ne savaient peut-être pas que ces deux procédés donneraient des résultats différents. Les parties des œuvres qui sont de vraies fresques seraient plus durables. Il se peut que cela n’ait pas été une considération importante pour les artistes, qui travaillaient peut-être pour le moment, plutôt que pour la postérité. On ne connaîtra peut-être jamais la signification des images et leur importance pour ceux qui les ont vues à Akrotiri. Sont représentés sur les peintures : une femme cueillant du safran, des bergers gardant leurs troupeaux, un jeune tenant une belle prise de poissons, des oiseaux, des fleurs, une procession d’adorateurs?, des pierres, des animaux sauvages, des motifs marins, des navires, des créatures imaginaires et des enfants en train de jouer.

Ces images ont-elles une signification cachée? Par exemple, l’image du pêcheur illustre-t-elle le recours à la « magie » pour garantir une quantité suffisante de nourriture à l’avenir? (Certaines scènes des tombes égyptiennes ont été réalisées à cette fin.) Les poissons sont-ils une offrande pour les dieux? Ou sont-ils tout simplement une façon de célébrer la vie, une expression de joie et de gratitude pour la prospérité et une prise abondante?

Les peintures murales découvertes à Cnossos, en Crète, et à Akrotiri, à Santorin, ont inspiré l’activité qui est proposée ici.

Activité : Réalisez une fresque

Cette activité n’a pas pour but la réalisation d’une « vraie » fresque. La réalisation d’une vraie fresque exige énormément de temps, et le matériel requis ne convient pas à l’amateur. Un adulte qui connaît bien le procédé doit assurer une surveillance continue. Les enseignants qui voudraient se renseigner sur la technique de la fresque peuvent consulter les sites Web suivants :

Cependant, il convient de noter que, sous la direction de professeurs d’art expérimentés, certaines classes ont réalisé de vraies fresques et font connaître leurs expériences sur Internet. Ces sites sont en anglais.

L’art de la fresque existe depuis longtemps et a été pratiqué par de nombreuses cultures, y compris : des chasseurs préhistoriques en France et en Espagne; des artistes de l’Antiquité en Grèce, en Égypte, en Chine, en Inde et en Amérique centrale (aztèques, mayas); en Italie pendant la Renaissance; et au XXe siècle au Mexique.

Procédé

1. Rassembler des informations

Les élèves devraient d’abord faire des recherches sur Internet et à la bibliothèque.

2. Discussion en classe

L’enseignant devrait diriger une discussion qui abordera, entre autres, les questions suivantes :

  1. Qu’est-ce qu’une peinture murale?
  2. Comment les peintures murales communiquent-elles des idées sur l’artiste et la culture qu’il ou elle essaie de représenter?
  3. Donnez des exemples de peintures murales bien connues (p. ex. les peintures tombales de l’Égypte ancienne, qui représentent la vie dans l’au-delà; les peintures mayas à Bonampak, qui illustrent des rituels; les peintures rupestres préhistoriques découvertes à Lascaux et à Altamira; les peintures réalisées pendant la crise économique des années 1930; les peintures mises au jour à Santorin; et le plafond de la chapelle Sixtine).
  4. Qu’est-ce qu’une fresque?
  5. Y a-t-il des peintures murales ou des fresques dans la communauté (p ex. dans un musée, une galerie, un centre des arts ou une gare, ou sur l’extérieur de bâtiments)?

3. Projet

Puisque les vraies fresques exigent énormément de temps (il faut laisser le mortier sécher au moins six semaines, ou encore mieux, six ans), peuvent entraîner des risques sur le plan de la sécurité et coûtent cher, la réalisation d’une « fausse fresque » est probablement une meilleure solution. La peinture devrait être grande et « impressionnante ». Quand elle sera terminée, il faudrait idéalement l’installer dans un endroit où elle sera bien en vue (corridor, gymnase) et pourra être admirée par les membres de la communauté.

  • Tout d’abord, en classe, demandez aux élèves de proposer des idées. À Santorin, les peintures racontent l’histoire de la civilisation ancienne de l’âge du bronze qui a été détruite par un volcan en 1646 av. J.-C. Elles représentent les gens vaquant à leurs occupations et pratiquant des rituels, et montrent des plantes, des animaux et le paysage de la région. Posez le même défi aux élèves : la création d’une peinture murale qui donnera un aperçu de la société dans laquelle ils vivent.
  • Sur les peintures de Santorin (et celles des tombes égyptiennes), certaines choses sont toujours représentées de la même façon. Par exemple, les hommes ont toujours la peau foncée (parce qu’ils étaient toujours au soleil), tandis que les femmes ont la peau claire. Les visages sont toujours peints de profil, et les vêtements des hommes diffèrent nettement de ceux des femmes.
  • Les spécialistes ne s’entendent pas toujours sur la signification de certaines images des peintures égyptiennes et grecques de l’Antiquité. Il faut faire plus de recherches, et on n’aura peut-être jamais de consensus sur certains points. Les élèves devraient imaginer des spécialistes vivant au Moyen Âge en train de regarder leur peinture murale. Quelle explication pourraient-ils donner en voyant des membres de notre civilisation faire la queue dans la rue devant une sorte de fenêtre (un guichet automatique), utiliser un téléphone cellulaire, écouter de la musique sur un iPOD, dérouler le rebord d’une tasse de café Tim Hortons, envoyer un SMS sur un BlackBerry, regarder la télévision, faire la queue au comptoir de service au volant d’un McDonald’s, voler dans un hélicoptère, faire du benji, se faire vacciner, etc. Nous devons relever le même défi lorsqu’il s’agit d’interpréter les images d’une culture que nous ne connaissons pas bien.
  • Prenez le temps de planifier le contenu de la peinture murale. Si cette dernière doit refléter la société dans laquelle vivent les élèves, quelles sont les images les plus importantes à inclure? Y a-t-il des éléments topographiques ou architecturaux importants (mer, montagnes, forêt, gratte-ciel, cathédrale, édifices gouvernementaux, aéroport), ou des éléments visuels majeurs (stade, centre des arts) dans la communauté? Quelles sont les principales industries? Quelle est la composition culturelle? Y a-t-il des messages importants à transmettre?…
  • On peut demander aux élèves de se mettre d’accord sur le sujet de la peinture et d’en dessiner les contours. Puis, les élèves pourraient en réaliser chacun une partie. Cela marche très bien si on utilise un rétroprojecteur pour projeter l’esquisse sur une grande toile ou un grand morceau de papier de boucherie. Les élèves pourraient ensuite y apporter chacun sa contribution.
  • L’autre possibilité, c’est tout simplement de prendre une décision sur le thème général du projet et de diviser le travail de composition également parmi les élèves. Ces derniers travailleront seuls, et quand ils auront terminé, leurs dessins seront mis ensemble et transférés sur le support de l’œuvre. Les élèves utiliseront du papier calque pour tracer les contours de leurs dessins sur le support. La détrempe ou une peinture acrylique non-toxique sont recommandées, selon le support utilisé.

Ressources supplémentaires

Les films de grand format Le mystère des Mayas , Mystères de l’Égypte et Grèce : Les secrets du passé offrent tous de beaux exemples de peintures murales et traitent tous efficacement la question de la représentation de la culture présentée dans le film. Par leurs œuvres d’art, ces trois civilisations ont laissé un riche legs visuel.