La civilisation maya


La civilisation contemporaine

Les Mayas sont aujourd'hui au nombre d'environ six millions et ils forment la plus grande agglomération de peuples indigènes au nord du Pérou. Certains des groupes les plus nombreux se trouvent au Mexique, les plus importants parmi eux étant les Yucatèques (300 000 habitants), les Tzotzil (120 000 habitants) et les Tzeltal (80 000 habitants). Les Yucatèques habitent la péninsule au climat chaud et tropical du Yucatán, tandis que les Tzotzil et les Tzeltal vivent dans les hautes terres du Chiapas. Parmi les autres groupes d'importance, on compte les Quiché et les Cakchiquel du Guatemala, les Chontal et les Chol du Mexique et les Kekchi du Belize. Ces 31 groupes mayas d'Amérique centrale parlent des langues différentes, mutuellement inintelligibles, bien qu'elles appartiennent toutes à la famille des langues mayas.

Malgré la modernisation et les mariages mixtes entre les peuples indigènes et les immigrants espagnols, de nombreuses communautés mayas ont réussi à préserver leur identité et leurs coutumes. Ce phénomène s'explique en partie par le fait qu'à l'encontre des autres peuples géographiquement dispersés au Mexique et en Amérique centrale, les Mayas ont été, à travers les âges, confinés à un territoire monolithique s'étendant de la partie sud du Mexique, au Guatemala, au Belize et aux confins ouest du Honduras et du Salvador.

Le peuple Lacandón des forêts tropicales du Chiapas est l'un des groupes mayas les plus menacés d'extinction. Les Lacandóns, au nombre de 200 seulement au début des années 80, ont suscité un grand intérêt parmi les chercheurs. N'ayant en effet jamais été christianisés, ils pratiqueraient encore une variante de l'ancienne religion maya. Ils subissent toutefois l'énorme pression du monde moderne. Dans les années 50, on les voyait encore chasser au moyen d'arcs et de flèches. Depuis lors, des routes ont été aménagées en forêt pour les voyageurs et les touristes et il n'est pas rare de voir des Lacandóns quitter leur habitat forestier pour y vendre les produits de leur artisanat. On craint que le mode de vie des Lacandóns ne se prolonge guère au-delà de la fin du siècle.

Les Mayas connaissent toutefois des problèmes plus importants que ceux que leur pose le tourisme. Certaines régions ont été, dans les dernières décennies, le théâtre d'affrontements politiques intenses causant un grand nombre de pertes de vie et entraînant une crise économique dévastatrice. De nombreux Mayas ont été tués dans des guerres civiles, et d'autres, de pays comme le Guatemala, ont été forcés de fuir leurs demeures et de chercher refuge au Mexique, aux États-Unis ou au Canada. Des groupes de défenses des droits de la personne exigent qu'on mette fin à ces injustices, et des mouvements tentent de trouver des solutions durables aux problèmes de la discrimination et du génocide culturel.

Les Mayas sont aussi les artisans des problèmes qu'ils affrontent, en particulier dans des régions comme celle du Petén au Guatemala, où les forêts tropicales sont abattues à un rythme alarmant pour céder la place à des champs de maïs. La population du Petén a grimpé en flèche, passant de 15 000 habitants en 1950 à plus de 300 000 aujourd'hui, et de nouveaux colons ne cessent d'affluer du sud du Guatemala, exerçant une pression énorme sur les ressources naturelles de la région. D'après une étude faite par la NASA et la National Geographic Society, dans la seule période de quatre ans allant de 1988 à 1992, 1 130 acres de forêts ont été déboisés par des agriculteurs. Petén est pourtant la plus vaste étendue de forêt qui subsiste en Amérique centrale; le problème est devenu si aigu qu'en 1990, le Guatemala enclavait 40 p. 100 du territoire de Petén pour en faire une réserve de la biosphère maya.

Avec la disparition de la forêt, s'évanouissent ses trésors. La faune s'éteint, d'anciens sites mayas sont exposés au pillage et des chapitres entiers de l'histoire humaine et naturelle risquent de tomber à jamais dans l'oubli. Les gens qui travaillent pour des groupes environnementaux sanctionnés par le gouvernement, comme le Conseil national des régions protégées du Guatemala, vivent sous la menace constante des attentats et des incendies criminels perpétrés par des bûcherons et par d'autres protagonistes avides de tirer profit de la destruction des forêts.

Le peuple maya a eu à subir vague après vague de conquêtes qui se poursuivent encore de nos jours. Leur attachement à la terre, leur dévotion envers leur communauté et leur système de croyance solidement ancré leur ont permis d'assurer la survie de leur environnement culturel et physique. Il n'en demeure pas moins que certains ethnologues continuent à douter de la capacité de la culture maya de vaincre les assauts du monde moderne. Depuis des décennies, les Mayas sont la cible d'attaques de toutes parts : affrontements de l'armée et de la guérilla au Guatemala, envahissement du tourisme, destruction des forêts tropicales et empiétement sur les territoires qui leur sont traditionnellement réservés.

Néanmoins, tout espoir n'est pas perdu. Les Mayas ont gardé intactes bon nombre de leurs traditions agricoles et commerciales. À l'instar de leurs ancêtres, la plupart des ménages cultivent le maïs et nombreux sont ceux qui vendent au marché le produit de leurs travaux d'artisanat, comme par exemple les tissus. Contrairement à leurs ancêtres d'avant la Conquête, cependant, un grand nombre d'hommes offrent aussi leur main-d'œuvre une partie de l'année dans les plantations de café et de coton situées dans les basses terres.

L'ancien calendrier maya a, lui aussi, remarquablement bien survécu. Dans les hautes terres mayas, nombre de communautés ont encore leurs prêtres-chamans ou «gardiens des jours» qui ont pour tâche de faire le compte du cycle des jours selon le calendrier maya et d'ordonner la tenue des rituels traditionnels pour le bénéfice des personnes et de la communauté tout entière.

Les intellectuels mayas ont aussi commencé à comprendre que les divers groupes linguistiques doivent se rallier pour assurer la survie de la culture et des langues mayas. L'aspect le plus rassurant pour certains observateurs réside dans le fait que les populations mayas tendent actuellement à prospérer plutôt qu'à s'éteindre, et il n'est pas dit que la conscience accrue qu'elles ont de former un peuple unifié doté d'un passé glorieux et d'une grande capacité d'adaptation ne les aidera pas à se maintenir au-dessus de la vague pendant les siècles à venir.


Renseignements complémentaires : (en anglais seulement)

Mexico: The New Land of Opportunity, par Lee Thurburn,
chapitre 2 : "An Introduction to Modern Ethnic Groups"

The Modern Maya of Todo Santos Cuchumatanes, Guatemala
par Lee Urbanski

IXCHEL A Women's Development Center

A Mayan Struggle: Photographs of the Mayan Indians of Guatemala
par Vince Heptig