La civilisation maya


Les peuples, la géographie et les langues

La patrie maya, qu'on appelle Méso-Amérique, s'étend sur cinq pays : le Mexique, le Guatemala, le Belize, le Honduras et le Salvador. Certaines découvertes donnent maintenant à penser que le peuple que l'on appelle aujourd'hui les Mayas a en fait migré de l'Amérique du Nord aux hautes terres du Guatemala, peut-être dès 2600 av. J.-C., pour se regrouper en villages d'agriculteurs. La culture maya de la période préclassique est largement inspirée de la civilisation olmèque, qui l'a précédée et qui a culminé vers 1200 av. J.-C.

À l'apogée de la civilisation maya, c'est-à-dire la période classique (200 à 900 apr. J.-C.), les Mayas occupaient pratiquement entièrement un territoire de quelque 311 000 kilomètres carrés qui était divisé en trois grandes zones :

  • les forêts tropicales humides des basses terres qui s'étendaient du nord-ouest du Honduras au-travers de la région de Petén, au Guatemala, jusqu'au Belize et au Chiapas. C'était là le cœur de la civilisation maya classique, où se trouvaient notamment les villes de Copán, Yaxchilán, Tikal et Palenque;.
  • les hautes terres du Guatemala et la côte du Pacifique, où l'influence aztèque pendant la période préclassique a provoqué des différences de développement d'ordre culturel entre les Mayas de cette région et ceux de la région centrale ou des basses terres.
  • le nord de la péninsule du Yucatán où se trouvent les sites de Labná, Chichen Itzá et Uxmal. Les basses terres du nord sont caractérisées par une végétation de broussailles, un sol mince et des eaux de surface peu abondantes. Après la chute des villes-états des terres basses, qui marque la fin de la période classique, les migrations vers le Yucatán, où la culture maya continua de s'épanouir jusqu'à l'arrivée des guerriers toltèques, augmentent.

Les cours d'eau : Une série de cours d'eau prennent naissance dans les montagnes et coulent vers l'océan Pacifique, sur la côte ouest, et vers le golfe du Mexique, dans les basses terres méridionales du Petén. Ces fleuves et rivières servaient de voie de circulation et permettaient de se rendre d'une ville à l'autre en canot. La plupart des villes mayas de la période classique étaient construites près de cours d'eau procurant de l'eau pour la consommation humaine et donnant accès aux routes commerciales. Dans les basses terres du Yucatán, au nord, il n'y a toutefois pas de cours d'eau important.

La forêt pluviale : Si l'on fait exception des hauts sommets volcaniques recouverts de glaciers, la plus grande partie de la Méso-Amérique est recouverte par une dense forêt pluviale. La forêt pluviale est une sorte de serre, procurant chaleur, lumière et eau, et produisant un très grand nombre d'espèces végétales. À l'opposé des riches humus des forêts tempérées, le sol des forêts pluviales est mince et pauvre. Pour survivre, les plantes et arbres tropicaux se sont dotés de racines extrêmement efficaces qui absorbent les substances nutritives des végétaux morts (lesquels se décomposent rapidement à cause de la chaleur et de l'humidité) avant qu'elles ne soient emportées par les eaux.

Le sol : Les meilleurs sols se trouvent dans les vallées des hautes terres du sud, où des éruptions volcaniques ont enrichi la terre. Le climat printanier et les vallées fertiles ont fait de cette région un lieu favorable à la présence humaine en dépit de la menace des volcans. Aujourd'hui, elle abrite la plus grande partie de la population maya.

La famille linguistique maya
(schéma fourni par MECC et Tom Duda)

Même si les peuples de langue maya qui étaient installés dans ces régions se ressemblaient par bien des aspects, leur éparpillement géographique a entraîné l'évolution de plusieurs langues qui sont de souche commune, mais suffisamment différentes les unes des autres pour faire en sorte que les différents groupes d'origine maya ne peuvent plus, aujourd'hui, se comprendre entre eux. Cette divergence linguistique complique d'ailleurs les efforts de traduction des inscriptions hiéroglyphiques retrouvées à l'emplacement des villes-états. Les érudits cherchent encore aujourd'hui à retracer l'évolution des langues mayas et les interprétations diffèrent, bien que l'on convienne généralement que quatre ou cinq groupes linguistiques sont apparus à la période préclassique moyenne (900 à 300 av. J.-C.).


Renseignements complémentaires : (en anglais seulement)
Central American Cultural-Ecological Information Network