La civilisation maya


La société maya

La péninsule du Yucatán fut d'abord occupée par des chasseurs et des cueilleurs arrivés il y a environ 11 000 ans. Ces nomades vivaient en petites bandes familiales. Vers 2500 av. J.-C., ils commencèrent à cultiver le maïs et abandonnèrent le nomadisme pour s'établir dans les villages entourés de champs de maïs.

Les Mayas créèrent des terres arables en abattant et en brûlant la végétation. Ils cultivaient le maïs et des plantes secondaires telles que le haricot, la courge et le tabac. Dans le plateaux de l'ouest, ils défrichaient la jungle pour y faire des cultures. Après une période de deux ans, ils cultivaient de nouveaux champs, laissant les anciens en jachère pendant dix ans avant de les réensemencer.

Ils vivaient dans de petit villages constitués d'ensembles de maisons occupés par des familles étendues. Leurs maisons au toit de chaume étaient d'ordinaire des huttes à une seule pièce aux murs faits de poteaux de bois entrecroisés recouverts de boue séchée. On utilisait surtout ces huttes pour y dormir, les tâches quotidiennes telles que la cuisine étaient effectuées dehors, dans une espace central commun. La répartition du travail entre hommes et femmes était clairement définie : les hommes entretenaient les huttes et s'occupaient des champs de maïs, et les femmes préparaient les repas, confectionnaient les vêtements et veillaient aux besoins de la famille. Ces méthodes agricoles anciennes et ces traditions familiales ont survécu au fil des siècles et constituent encore le mode de vie de nombreuses communautés rurales.

(à gauche) Le village de Dzibilchaltún.
(au centre) Au cenote.
(à droite) Hommes s'apprêtant à transporter des pots de terre cuite
pour entreposer des aliments et de l'eau.

Au Préclassique moyen, les croyances et idées olmèques sur l'organisation hiérarchique de la société s'étaient probablement répandues dans la société maya. Les Mayas du sud, dans les vallées des montagnes, choisirent de se regrouper sous l'autorité de chefs de haut rang ou de rois, mais la plupart des Mayas des basses terres résistèrent aux pressions, préférant des confédérations tribales qui ne reconnaissaient aucun pouvoir au-dessus des anciens de leurs villages. Le Préclassique récent a vu l'apparition de l'ahau, ou grand roi, et l'ascension de royaumes dans tout le pays maya. Au cours du millénaire suivant, les principes de la royauté domineraient la vie des Mayas.

Dans chaque royaume maya, la société était composée, selon un ordre hiérarchique, de rois, de nobles, de maîtres, de scribes, de guerriers, d'architectes, d'administrateurs, d'artisans, de marchands, d'ouvriers et d'agriculteurs. Outre la capitale, il y avait un certain nombre de centres secondaires éloignés, villes d'une certaine dimension ou simples hameaux et fermes habités par une famille étendue.

Plusieurs raisons peuvent expliquer pourquoi les Mayas sont passés de petites communautés agricoles administrées par des responsables locaux aux royaumes complexes de la période classique. La découverte de moyens pour recueillir l'eau de pluie et la création de nouvelles terres arables pour l'agriculture ont joué un grand rôle dans cette évolution. Une force ouvrière non négligeable fut organisée pour construire et entretenir les systèmes hydrauliques (réservoirs, citernes, canaux) et s'occuper des champs de maïs. Ces innovations ont permis d'accroître la production d'aliments et de créer un surplus, de développer le commerce avec les états voisins, et donc de favoriser l'augmentation de la population. Le fait qu'on avait besoin d'un gouvernement pour administrer les activités urbaines et rurales, de plus en plus nombreuses et complexes, explique peut-être en partie que les Mayas se soient dotés de rois.

Les villes, en s'étendant, en partie à cause de l'arrivée de gens de l'extérieur de la région, grignotaient de plus en plus les terres arables. L'accroissement de la population, des sécheresses et de mauvaises récoltes peuvent avoir été cause de graves pénuries alimentaires et de malnutrition. Lorsque les récoltes étaient mauvaises, les gens étaient peut-être forcés d'aller ailleurs pour survivre. D'autres facteurs dans le déclin des villes des basses terres du sud vers 900 apr. J.-C. sont peut-être :

  • l'escalade des hostilités, plus tard au cours la période Classique;
  • la répugnance de l'état de geurre de plus en plus fréquent;
  • le coût élevé de l'entretien de la royauté et des nobles;
  • la dépense de la construction d'un nombre de plus en plus élevé de temples;
  • et l'habitude de prendres des gens du commun pour les sacrifices humaines (au cours du Classique ancien, seuls les rois et les nobles capturés étaient ainsi sacrifiés).
Quelles qu'en soient les raisons, les Mayas ont décidé de retourner à un mode de vie plus simple en cultivant le maïs et en vivant dans des villages ruraux assez semblables à ceux d'aujourd'hui.

Les Mayas du nord aussi entrèrent dans une nouvelle phase lorsqu'ils tombèrent sous l'influence de leurs voisins toltèques et d'autres groupes qui s'établirent dans la péninsule du Yucatán. Cette ère se poursuivit jusqu'à l'arrivée des Espagnols en 1541, qui marqua le début d'une période sombre où l'on brûla les livres des Mayas et tenta de faire disparaître leur religion.