Le monde du jaguar


Imagerie numérique 3D des vases mayas

Les images déroulées des vases mayas utilisées pour l'exposition Le monde du jaguar ont été produites grâce à une nouvelle technologie d'imagerie tridimensionnelle mise au point par le Conseil national de recherches du Canada (CNRC), conjointement avec l'Institut canadien de conservation (ICC).

Au cœur du système se trouve une caméra à balayage au laser permettant la saisie directe des données de forme et de couleur. La caméra projette et balaye sur l'objet un faisceau «blanc» obtenu par la mixture de lasers rouge, vert et bleu (RVB). La lumière réfléchie par l'objet est séparée par un prisme puis focalisée sur un détecteur sensible à la position et à la brillance du spot de référence sur l'objet. Les objets cylindriques tels que les vases mayas sont placés sur une table rotative (figure 1), et la caméra enregistre l'image déroulée qui est en fait une suite de profils verticaux obtenus pendant la rotation sur 360 degrés de l'objet. Le système a ceci d'unique qu'il permet, à partir d'une seule saisie, la restitution infographique de l'objet 3D tel qu'il serait perçu selon n'importe quel point de vue.

    Figure 1. La caméra à balayage laser numérisant un des vases mayas du Musée canadien des civilisations. L'objet monté sur une table rotative fait un tour complet pendant que la caméra balaye verticalement un spot laser blanc tout en mesurant sa position ainsi que la couleur réfléchie. 2048 profils verticaux (ligne blanche) sont obtenus et constituent l'image déroulée du relief et de la couleur.

Le système s'adapte à des objets variés allant du spécimen d'insecte au tableau de grand maître, et fournit des mesures reproductibles des dimensions et des couleurs. C'est là une caractéristique essentielle qui rend possible les applications de surveillance : les changements dans l'état d'une œuvre ou d'un spécimen peuvent être détectés en comparant entre elles des images 3D en couleur prises à différentes périodes.

La technologie offre de nouvelles possibilités aux musées et aux galeries. Elle rend possible:

  • L'archivage d'enregistrements numériques de haute qualité de la forme et de la couleur des objets importants d'une collection. Ces données peuvent servir ultérieurement pour fins de recherche, de conservation, de publication, de reproduction, de rapatriation etc.

  • L'affichage sur écran graphique de rendus fidèles des objets. Le port de lunettes stéréoscopiques permet une perception réaliste de la profondeur des objets.

  • L'affichage de certaines particularités des objets ne pouvant être rendues avec les techniques conventionnelles. Les images déroulées des vases mayas en sont un exemple. On peut penser également à l'examen des coups de pinceaux sur un tableau, ou encore à l'examen des traces d'outils sur une pièce archéologique.

  • L'incorporation d'images dans les musées électroniques, les kiosques d'information, les CD-ROM etc.

  • L'usinage de répliques, à toute échelle, faite à partir des données 3D.

  • La transmission d'images 3D à des sites éloignés. Celle-ci peut se faire au travers les liens de communication standards, les fichiers de données étant de taille relativement modeste.

Pour de plus amples renseignements, prière de contacter Marc Rioux (rioux@iit.nrc.ca) ou Jacques Domey (domey@iit.nrc.ca), du Conseil national de recherches du Canada, ou Réjean Baribeau (baribeau@iit.nrc.ca) de l'Institut canadien de conservation.

Préparé par Réjean Baribeau et John Taylor de l'ICC.

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