Expositions sur l'Esplanade


Fouille archéologique

Les archéologues étudient les cultures anciennes en creusant la terre pour mettre au jour les ruines d'édifices et de constructions, des artefacts et des sépultures, ainsi que des restes animaux et végétaux. Dans le pays maya, on a surtout mis au jour des temples, des places et d'autres bâtiments en pierre abandonnés il y a des siècles. Mais on a aussi mis au jour les huttes au toit de chaume de gens ordinaires. Les méthodes employées pour les bâtiments en pierre diffèrent de celles qu'on utilise pour exhumer des constructions plus modestes.

Le peuple trouvait dans la forêt les matériaux nécessaires à la construction d'habitations. Le bois et les poteaux pour les maisons étaient en sapotille tandis que les portes, les fenêtres et les cadres étaient en acajou et en cèdre. On se servait de lianes pour attacher ensemble les pièces de charpente et de guano et de palmes pour la couverture des toits. Ces huttes avaient une forme rectangulaire, mais les coins étaient arrondis. Des familles étendues composées des parents, des enfants et des grands-parents habitaient les huttes. Des gens préparaient leurs repas dans des foyers à l'extérieur des huttes; on avait également des foyers à l'intérieur pour la cuisine et l'éclairage. Ils dormaient dans des hamacs suspendus à l'intérieur des maisons pendant la saison des pluies; si le temps le permettait, on pouvait installer les hamacs à l'extérieur. De nombreux Mayas vivent encore dans des huttes à toit de chaume semblables à celles qu'habitaient leurs ancêtres.

Tout comme les habitations des Autochtones d'Amérique du Nord, qui étaient faites de matières organiques, les huttes mayas ont disparu depuis longtemps, ne laissant que des traces laissées par des poteaux (là où la terre est plus foncée à cause du bois décomposée), les vestiges de fondations en pierre recouverte de plâtre, des tas d'ordures, des foyers, des cachettes et des sépultures.

Plan d'une maison Maya ancienne du Nord du Yucatán
1. plancher plate-forme • 2. tas d'ordures • 3. fosse • 4. foyer •
5. mur de torchis et de branchages • 6. poteau soutenant le toit • 7. marche • 8. banc

Ruines de maison maya
Voici la reconstitution des vestiges d'une maison maya ancienne partiellement exhumée à l'occasion de fouilles archéologiques. La plate-forme en plâtre surélevée est le plancher (1). Les assises sont indiquées par des pierres entre lesquelles sont intercalés des bâtons et des poteaux verticaux (2). Les bâtons servaient à la construction des murs et les poteaux à soutenir le toit. Vers le centre du plancher, il y a un foyer creusé pour le chauffage, l'éclairage et la cuisine (3). Les ouvertures des portes et les marches conduisant au niveau du sol sont situées de chaque côté. Les aliments et les objets de valeur étaient entreposés dans des fosses à proximité de la porte principale (3), habituellement du côté est du bâtiment. Il y a en outre un tas d'ordures ménagères d'un côté de cette porte (4). On trouve fréquemment des monticules, traces de maisons mayas, près des ruines de constructions cérémonielles mayas anciennes d'Amérique centrale. Sur certains d'entre eux s'élèvent encore des maisons mayas modernes.
Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18429 Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18430 Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18431

Le travail de l'archéologue peut être comparé à celui du détective qui recherche des indices pour résoudre une énigme. L'archéologue interprète ses découvertes, présentant des preuves concrètes à l'appui de ses idées et en expliquant d'autres à l'aide de suppositions éclairées. Au fur et à mesure que de nouvelles données viennent s'ajouter aux anciennes, certaines théories sur le passé peuvent être abandonnées ou modifiées, ou remplacées par d'autres.

Au cours du dernier demi-siècle, les musées et universités canadiens ont contribué de façon importante à l'étude des grandes civilisations Méso-Amérique.

Pendant les années 1950 et 1960, Richard S. MacNeish, du Musée national du Canada (l'actuel Musée canadien des civilisations), a dirigé des travaux dans les États de Tamaulipas et Tehuacán, au Mexique. Des témoignages archéologiques lui ont permis de documenter les étapes de la domestication du maïs et d'autres plantes par les peuples anciens, il y a plus de 4000 ans. Aujourd'hui, beaucoup de ces plantes sont devenues des aliments de base un peu partout dans le monde.

Les années 1960 ont été marquées par une expansion des études méso-américaines au Musée royal de l'Ontario, à Toronto, à l'Université de Calgary, à l'Université de Montréal et à l'Université Trent, à Peterborough.

Aujourd'hui, de nombreux archéologues, épigraphistes, géographes et historiens de l'art canadiens se penchent sur l'histoire Méso-Amérique. La fondation de la Société canadienne d'études méso-américaines, en 1992, est la preuve de l'intérêt constant que suscitent ces recherches.