La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
Les Origines: 1914-1929 Les Origines 1914-1929 L’ÉVOLUTION  DE LA QUESTION DURANT LA CRISE ÉCONOMIQUE, 1930-1939



Le corps médical et les mesures sociales

Tout au cours des années 1920, à mesure que la population du Canada passe de 8,7 à 10,3 millions d’habitants et que davantage de gens s’installent dans les villes, la demande de soins hospitaliers et médicaux augmente. En même temps, la classe moyenne voit sa capacité de payer ses services s’éroder. L’AMC organise trois conférences sur ses questions. À la première, en 1924, et à la troisième, en 1929, on présente aux délégués le plan de la Colombie-Britannique visant la création d’un régime d’assurance maladie financé par des cotisations des employés, des employeurs et du gouvernement pour couvrir les coûts des services hospitaliers et médicaux. À la conférence de 1929, bien des orateurs partagent l’avis du Dr Henry Easson Young, sous-ministre de la Santé de la Colombie-Britannique, qui prétend que l’assurance maladie 

[…] rassérénera l’homme qui a une famille, car il saura qu’il n’aura pas besoin d’hypothéquer son avenir en cas de maladie. Elle apaisera cette crainte. Il bénéficiera de tous les progrès des sciences médicales. Il aura les services d’hommes qui connaissent leur métier à fond. Et, en tant que citoyen libre et indépendant, il tirera profit d’une situation qu’il contribue lui-même à rendre possible. Il n’aura pas l’impression de recevoir la charité, mais plutôt d’obtenir quelque chose qu’il paie. (Third Conference on
the Medical Services in Canada, p. 23, traduction)

Le Dr F. C. Middleton, sous-ministre de la Santé de la Saskatchewan, partage l’opinion de Young. Il fait valoir que les agriculteurs de la province s’intéressent beaucoup à l’assurance maladie et soutient qu’une telle assurance ne devrait pas être réservée aux personnes dont le revenu se situe au-dessous d’un certain seuil et qu’elle devrait inclure non seulement les services préventifs, mais aussi les services curatifs. Mais le délégué qui se montre le plus audacieux à la conférence de 1929 est le Dr George Ramsay, de London (Ontario). Selon lui, « la nationalisation de la pratique médicale rationaliserait la thérapeutique », car on pourrait aborder en équipe tous les aspects des soins de santé et, en mettant en commun les cotisations des individus, des employeurs et du gouvernement, on créerait « pour la nation un commonwealth de santé accessible ». (Third Conference on the Medical Services in Canada, p. 39 et 42, traduction)

Dans les cliniques de puériculture de la Croix-Rouge, on soigne les plus  vulnérables, No. 1724

Dans les cliniques de puériculture de la Croix-Rouge, on soigne les plus vulnérables. Dans ce cas, il s’agit de bébés de Kamloops, en Colombie-Britannique, dans les années 1920. Canadiens et Canadiennes sont tous préoccupés par le taux élevé de mortalité enfantine.
Kamloops Museum and Archives, No. 1724




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010