La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
Les Origines: 1930-1939 Les Origines 1930-1939 RÉGIME NATIONAL, ÉCHEC NATIONAL ? – LA GUERRE, LA RECONSTRUCTION ET LA SÉCURITÉ EN MATIÈRE DE SANTÉ POUR LA POPULATION CANADIENNE, 1939-1948 PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958



La guerre et de nouvelles possibilités

En fait, de 1939 à 1945, le gouvernement de King se trouve dans une position peu commune. Puisque, partout au pays, les gens désirent qu’on fasse le maximum pour vaincre les puissances de l’Axe, ils acceptent la suspension de leurs libertés civiles et de leur droit de circuler librement quand la Loi sur les mesures de guerre est appliquée. Les provinces échangent même leur pouvoir de percevoir des taxes et des impôts contre des subventions annuelles pour la gestion de leurs gouvernements. Le fait le plus important demeure l’acceptation, par le ministère des Finances, d’appliquer la théorie économique de Keynes en adoptant une politique de déficit budgétaire pour financer la guerre. Dans sa forme la plus simple, cette théorie postule que les gouvernements stimulent l’économie en achetant des biens et des services lors d’un ralentissement de l’activité économique ou d’urgences nationales et remboursent la dette en augmentant les impôts en période d’expansion économique. La Seconde Guerre mondiale permet donc de tester la planification économique nationale. Le rôle du gouvernement dans l’élaboration et le financement de mesures sociales reste cependant une question de première importance. Comment ces mesures contribuent-elles ou nuisent-elles au plein-emploi, l’objectif de la planification économique ? Est-il du devoir du gouvernement d’assurer la « sécurité » de ses citoyens ?

« Ce que je vais raconter a eu lieu en octobre 1943. Notre fille s’est sérieusement brûlée quand le propriétaire d’un magasin a fait un feu pour brûler des déchets. On a arrêté une voiture qui passait pour emmener notre fille à l’hôpital le plus vite possible. Ils refusaient de l’admettre tant qu’on n’avait pas payé 35 $. On n’avait pas d’argent. On a dû aller au vieux bureau municipal pour obtenir un document indiquant qu’on paierait plus tard. Elle a passé quatorze mois à l’hôpital. On a eu un merveilleux médecin qui l’a sauvée, le Dr Charlie Burns. Il a réduit ses honoraires de moitié. Nous avons mis des années à payer l’hôpital et le médecin. »

– Madame Melnyk, Winnipeg, au Manitoba, dans Life Before Medicare. Canadian Experiences, Toronto, Ontario Coalition of Senior Citizens’ Organizations, 1995, p. 42, traduction.




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010