La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 RÉGIME NATIONAL, ÉCHEC NATIONAL ? – LA GUERRE, LA RECONSTRUCTION ET LA SÉCURITÉ EN MATIÈRE DE SANTÉ POUR LA POPULATION CANADIENNE, 1939-1948 PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968



Paiement partiel et dette personnelle

Quand elles font des demandes de prestations, bien des personnes découvrent que ces régimes ne couvrent pas toujours tous les frais d’un séjour à l’hôpital. Une dette de 10 000 $ force Harry Fields, de Toronto, à se déclarer en faillite personnelle en 1958, quand son fils, qui a 18 ans et n’est plus couvert par le contrat de son père, subit une intervention chirurgicale (Life Before Medicare, p. 74-75). Des établissements publics, les hôpitaux ne peuvent pas offrir de soins « gratuits » dans les années 1950, car leurs coûts fixes continuent à augmenter sous la poussée de l’inflation. Ils ne sont pas non plus en mesure d’accepter l’étalement des paiements, comme John W. Angres le constate.

Après notre arrivée au Canada, en 1950, ma femme a dû être opérée d’urgence. Elle a été admise au vieil hôpital Mount Sinai, à Toronto. À ce moment-là, il fallait verser 6 $ pour une journée à l’hôpital. Elle a passé environ dix jours à l’hôpital, et le tout, y compris l’opération, a coûté à peu près 300 $. À l’époque, c’était beaucoup d’argent, car je ne gagnais que 35 $ par semaine. Comme nous venions d’arriver au pays, nous n’avions pas 300 $ en liquide, mais je devais en payer une bonne partie pour que ma femme puisse sortir de l’hôpital. Pendant une journée entière, j’ai essayé d’emprunter de l’argent, ici et là, et j’ai obtenu 200 $. J’ai pu alors rentrer avec ma femme. (Life Before Medicare, p. 57, traduction)

Puisque le nombre d’incidents de ce genre augmente dans les années 1950, le public commence à exiger des gouvernements fédéral et provinciaux qu’interviennent pour leur garantir l’accès à des soins abordables.

Les salles d’opération bien équipées, à l’hôpital général de Kingston, en 1956

Les salles d’opération bien équipées, comme celle-ci, à l’hôpital général de Kingston, en 1956, et un nombre croissant d’interventions chirurgicales non urgentes pour une population qui augmentait contribuèrent à l’augmentation du coût de la médecine moderne dans les années 1950.
Photo fournie par les Kingston General Hospital Archive, Kingston (Ontario), EQ 19-3. Reproduction autorisée




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010