La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 RÉGIME NATIONAL, ÉCHEC NATIONAL ? – LA GUERRE, LA RECONSTRUCTION ET LA SÉCURITÉ EN MATIÈRE DE SANTÉ POUR LA POPULATION CANADIENNE, 1939-1948 PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968



Conclusion

La marche lente vers un régime d’assurance hospitalisation financé par le gouvernement fédéral et administré par les provinces reflète la nature du fédéralisme canadien et l’évolution des attitudes du corps médical et de ses partisans à l’égard de l’intervention de l’État dans le système des soins de santé. Un solide appui de la part du public permet aux politiciens fédéraux de poursuivre la mise en place de normes nationales en matière de soins de santé. Les résultats d’une enquête sur la maladie au Canada, ainsi que les statistiques produites par les régimes de la Saskatchewan et de la Colombie-Britannique, indiquent clairement que la population s’attend à ce que les soins curatifs soient accessibles et abordables et qu’elle est prête à s’adresser à ses élus pour les obtenir. Rangés contre cette volonté des gens, il y a les regroupements d’hôpitaux, les associations médicales, les compagnies d’assurance vie et les personnes qui refusent d’accepter des mesures gouvernementales parce qu’elles y voient une ingérence, non seulement sur le marché, mais aussi dans la relation du médecin et de son patient. En 1954, William Anderson, vice-président et directeur général de la compagnie d’assurance North American Life fait cette déclaration.

Ce dont la plupart des gens favorables à l’assurance maladie obligatoire ne se rendent pas compte, c’est qu’il s’agit d’un cheval de Troie. Ils ne voient pas que, sous un extérieur superficiellement attirant, se cachent les forces qui détruiront leur liberté de choix et importeront parmi eux un véritable système de médecine étatique. […] Cependant, je peux sympathiser avec ceux qui sont induits en erreur par ce loup déguisé en brebis, car je me souviens avec regret qu’il y a à peine une décennie les compagnies d’assurance vie et d’autres groupes intéressés se sont prononcés en faveur d’un régime d’assurance maladie complet et obligatoire pour tous, et ce, devant un comité parlementaire spécial. […] Un esprit mûr, ayant acquis une expérience accrue et une plus grande familiarité avec l’assurance maladie, conclut que l’assurance maladie obligatoire ne peut pas être séparée de la médecine étatique et du socialisme. (Health Insurance and Canadian Public Policy, p. 194-195, traduction)

En revanche, quand le premier ministre de la Saskatchewan, Tommy Douglas, introduit la proposition de son gouvernement touchant l’intégration de l’assurance maladie à son régime d’assurance hospitalisation, déjà bien établi, il émet cette opinion.

Ce ne sont pas seulement les établissements agricoles, les mines d’uranium, les puits de pétrole, les usines et les aciéries qui font l’abondance et la grandeur [de cette province]. Ces choses sont un moyen d’arriver à ses fins et pas une fin en soi. En dernière analyse, la grandeur de cette province dépendra de la mesure dans laquelle nous pourrons réaffecter une part raisonnable de production de richesse […] pour améliorer le niveau de vie de notre peuple et lui donner une protection raisonnable contre la vieillesse, la maladie et d’autres catastrophes. (A. W. Johnson, en collaboration avec Rosemary Proctor, Dream No Little Dreams: A Biography of the Douglas Government of Saskatchewan, 1941–1961, Toronto, University of Toronto Press, 2004, p. 240, traduction)

Qui aura le dernier mot à la prochaine étape, quand l’assurance maladie entrera dans l’arène politique ?




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010