La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
1958-1968 PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968 DE LA MAÎTRISE DES DÉPENSES À LA PROMOTION DE LA SANTÉ – LA MISE EN ŒUVRE DU RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE, 1968-1978



Conflit et compromis

Le Saskatchewan Medical Care Insurance Act prévoit la création d’une commission de l’assurance maladie administrée par l’État et relevant du ministre de la Santé publique. Le régime sera universel et financé par des primes et des impôts. Les médecins seront rémunérés à l’acte et les patients paieront un petit pourcentage du coût. Ainsi, personne n’aura l’impression de recevoir la charité. La commission administrative sera composée de médecins et de gens n’appartenant pas à la profession et aura le droit de proposer des règlements concernant l’administration du régime. Le CPSS est hostile à la mesure et prétend qu’elle porte atteinte au droit des médecins de traiter leurs patients et que la qualité du service en souffrira, car les professionnels qui croient aux principes du marché libre seront forcés à quitter la province. Ross Thatcher, ancien membre de la CCF et chef actuel du Parti libéral provincial, soutient fortement le CPSS.

Manifestation contre l’assurance maladie universelle à Regina, 1962

Manifestation contre l’assurance maladie universelle à Regina organisée par un des comités « Keep Our Doctors » (Gardons nos médecins), juin ou juillet 1962.
Saskatchewan Archives Board, R-A12109-4

À l’origine, on s’attendait à ce que le régime entre en vigueur le 1er avril 1962, mais des négociations avec les médecins entraînent des modifications à la législation et retardent son lancement jusqu’au 1er juillet. Puisque Tommy Douglas est parti pour Ottawa, en novembre 1961, pour y diriger le Nouveau parti démocratique (NPD) fédéral, c’est à son successeur, Woodrow Lloyd, un ancien professeur, membre de longue date du Cabinet, qu’incombe la tâche, peu enviable, de traiter avec les médecins et leurs alliés, de plus en plus intransigeants. À mesure que la crise s’intensifie, les médecins indiquent qu’ils feront grève dès le 1er juillet si le gouvernement ne retire pas la législation. Cela conduit à la formation de comités « Keep Our Doctors » (Gardons nos médecins), qui organisent des rassemblements devant l’assemblée législative, à la fin de juin et au début de juillet. La presse de la Saskatchewan soutient les médecins et les libéraux et s’oppose au gouvernement, comme le montrent les caricatures sur le site http://scaa.usask.ca/gallery/medicare.

Comme Douglas, Lloyd croit qu’il faut régler les différends par la négociation. Il refuse donc de laisser les partisans de la législation organiser des contre-rassemblements et affirme « qu’il s’agit de savoir si les habitants de la Saskatchewan seront gouvernés par une assemblée élue démocratiquement, responsable devant le peuple, ou par un petit groupe très organisé ». (Malcolm G. Taylor, Health Insurance and Canadian Public Policy: The Seven Decisions that Created the Canadian Health Insurance System and Their Outcomes, 2e éd., Montréal et Kingston, McGill /Queen’s University Press, 1987, p. 307, traduction) Par conséquent, lui et son cabinet tentent de poursuivre les négociations avec les médecins tout en mettant en place des mesures d’urgence en en engageant de la Grande-Bretagne et d’ailleurs. Quelle sera l’issue de cette confrontation ?




Retour à la chronolgie 1958 - 1968
    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010