La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
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Les médias canadiens réagissent

Au Canada, les journaux et les commentateurs formulent de semblables critiques. Le quotidien torontois The Globe and Mail affirme : « Les médecins de la Saskatchewan ont pris une mesure à laquelle aucun individu n’a accès dans une démocratie. Ils ont délibérément décidé de désobéir à une loi de cette province. […] Personne n’a le droit de se mettre au-dessus de la loi. Cela ne peut mener qu’à l’anarchie et à la destruction de notre mode de vie démocratique. » De même, le Ottawa Citizen, le Montreal Star et le Winnipeg Free Press condamnent les médecins de ne pas avoir écouté la population, tandis que le Toronto Star soutient que Ross Thatcher a essayé de qualifier la loi sur l’assurance maladie de communiste et qu’il faudrait rejeter cette tentative parce que, jusqu’ici, le Canada a réussi à éviter les pires excès du maccarthysme. Les critiques les plus véhémentes sont formulées par une source inattendue, le Financial Post, le 14 juillet 1962.

Les politiciens médicaux qui gèrent la grève des médecins peuvent penser ce qu’ils veulent de la législation, mais la grève qu’ils ont décidée est une attaque scandaleuse contre la société organisée.

Aucune profession n’a, en soi, de la dignité, de l’intégrité ni n’a droit à l’estime du public. Elle n’acquiert cela que grâce aux qualités de ses membres. Les médecins ne devraient pas croire qu’ils sont à l’abri des sanctions que la société impose aux autres.

La plupart des gens, dans le monde occidental, a depuis longtemps adopté le principe de l’assurance – mettant régulièrement de l’argent de côté pour couvrir des dépenses imprévisibles, pénibles ou désastreuses dans l’avenir.

Les dirigeants de la grève de la Saskatchewan pensent-ils pouvoir changer la façon de penser, les pratiques et les attitudes de centaines de millions de personnes ?

L’American Medical Association, le groupe de pression le plus riche et le plus actif de Washington, peut bien se réjouir de ce qui se passe en Saskatchewan.

Mais quelqu’un partage-t-il sa joie ? Dans les mois et les années à venir, les médecins de la Saskatchewan qui sont en grève regretteront d’avoir servi de cobaye à l’AMA. (Saskatchewan Federation of Labour, The First Fight for Medicare, Regina, 1963, p. 17)
« Alors, qui gagne ? » Le gouvernement de la Saskatchewan ? Le peuple ? Les  médecins ?
« Alors, qui gagne ? » Le gouvernement de la Saskatchewan ? Le peuple ? Les médecins ?

Dans le Vancouver Sun, Roy Peterson présente, de façon étonnamment légère, la lutte de plus en plus acharnée qui a lieu pendant la grève des médecins en Saskatchewan. Ce sont, bien sûr, les citoyens qui en souffrent le plus.
Bibliothèque et Archives Canada, no acc. 1994-415-6. © Roy Peterson

Les partisans du gouvernement de la province forment des sections locales appelées Saskatchewan Citizens for Medical Care et partagent leurs points de vue dans un hebdomadaire, Public Voice for Medical Care. Ils parrainent aussi la création de centres de santé communautaires qui mettent l’accent sur le service salarié et la pratique de la médecine en groupe, une approche qui devrait éliminer « l’influence de la caisse enregistreuse » dans la relation du professionnel et de son patient et subvenir « à tous les besoins de l’individu, de la famille et de la communauté en matière de santé ». (The First Fight for Medicare, p. 12, traduction) Cette innovation est cependant limitée par l’opposition des médecins, qui ne veulent pas que l’on accorde à leurs collègues pratiquant en clinique des privilèges d’admission aux hôpitaux locaux et l’adhésion aux sociétés médicales locales.




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010