La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
1958-1968 PUBLIC OU PRIVÉ ? VOLONTAIRE OU OBLIGATOIRE ? – LES SOINS HOSPITALIERS POUR LES CANADIENS ET LES CANADIENNES, 1948-1958 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968 DE LA MAÎTRISE DES DÉPENSES À LA PROMOTION DE LA SANTÉ – LA MISE EN ŒUVRE DU RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE, 1968-1978



Les coûts personnels des services médicaux

En 1961, la Commission Hall découvre que 10,7 millions de Canadiens et de Canadiennes ont de l’assurance maladie, mais que 7,5 millions d’autres n’ont aucune couverture médicale. Les assureurs ne paient donc que 42,6 % des honoraires des médecins. Cela a des répercussions évidentes, comme le montre le témoignage suivant.

J’ai épousé Don en juin 1960, et nous avons décidé d’habiter dans un appartement pour économiser de l’argent et acheter une maison. Quand il est tombé malade, en octobre, et a eu besoin de soins infirmiers, jour et nuit, je gagnais 45 $ par semaine et je devais laisser 15 $ dans une enveloppe trois fois par jour pour les infirmières particulières. Don est rentré la veille de Noël et n’a pas travaillé pendant un an. Grâce aux membres de notre famille, à nos amis et à notre Église, nous nous en sommes sortis cette année-là. Mais nous étions fauchés. Nos rêves et nos espoirs étaient anéantis. (Helen Heeney, comp., Life Before Medicare: Canadian Experiences, Toronto, Ontario Coalition of Senior Citizens’ Organizations, 1995, p. 73, traduction)

Ce genre de situations conduit les gens à écrire à la rédaction du Globe and Mail. En novembre 1962, Stan Bullock envoie une lettre au quotidien pour critiquer le Dr Patrick Bruce-Lockhart, de l’Ontario Medical Association (OMA), qui exige que le gouvernement de la province subventionne les soins des personnes qui ne sont pas couvertes par une assurance privée (8 % à 10 % de la population). Lorsqu’il affirme qu’un régime universel est essentiel pour qu’on ne dépende plus de la justification fondée sur les moyens, Bullock fait remarquer que Bruce-Lockhart ne précise pas le « nombre de familles vivant dans la crainte de la maladie parce que les frais médicaux pourraient les conduire au seuil de la pauvreté ». Il termine sa lettre en disant qu’« aujourd’hui, il est primordial de considérer l’assurance maladie comme un besoin humain, plutôt qu’un produit commercial ».

Ces lettres poignantes, qu’un patient (1959), puis sa veuve (1961) écrivent au Dr  Arthur Vineberg, réputé chirurgien cardiaque de Montréal
Ces lettres poignantes, qu’un patient (1959), puis sa veuve (1961) écrivent au Dr  Arthur Vineberg, réputé chirurgien cardiaque de Montréal

Ces lettres poignantes, qu’un patient (1959), puis sa veuve (1961) écrivent au Dr Arthur Vineberg, réputé chirurgien cardiaque de Montréal, confirment ce que la Commission Hall découvre en 1961 : sept millions de Canadiens n’ont aucune couverture médicale.
Bibliothèque Osler de l’histoire de la médecine, Université McGill, P 126, fonds Arthur Vineberg




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010