La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
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La mise en œuvre du régime universel d’assurance maladie, 1968-1972

Le 1er juillet 1968, seules la Colombie-Britannique et la Saskatchewan sont en mesure de proposer à leurs citoyens un régime d’assurance maladie. Dans les autres provinces, les fonctionnaires font face à une tâche gigantesque, la mise en place de l’infrastructure nécessaire à l’application des quatre principes fédéraux : couverture complète, universalité, portabilité et administration publique. En Nouvelle-Écosse, par exemple, les employés du Maritime Medical Care Inc., régime proposé par le corps médical, vont travailler de concert avec le gouvernement à s’assurer de l’entrée en vigueur régime d’assurance maladie le 1er avril 1969. Ce jour-là, l’avis suivant paraît dans le journal Truro Daily News.

Nécrologie La Colchester-East Hants Medical Society regrette le décès inopiné de la liberté de la pratique de la médecine, subitement, à minuit, le 31 mars 1969, aux mains des politiciens.

Un journaliste du quotidien, Frank Fillmore, commente la notice en faisant remarquer que, sous le régime universel d’assurance maladie, les médecins auront beaucoup plus de liberté et moins de soucis, car ils sauront qu’ils seront payés. Il ajoute que, si les praticiens, les patients et le gouvernement collaborent, quand on célébrera le premier anniversaire de l’entrée en vigueur du régime, tous reconnaîtront qu’il s’agissait de « la mesure la plus importante visant le progrès social dans l’histoire de cette province ». On peut lire des commentaires du même genre dans le St. John’s Evening Telegram, puisque Terre-Neuve participe au nouveau programme, dès le début de la nouvelle année financière.

Traitement de choc
Traitement de choc

Quand il devient ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, John Munro, le Dr Munro du dessin de John Collins, a une tâche difficile : l’introduction du régime national d’assurance maladie à une époque où le coût des soins de santé augmente plus vite que l’inflation.
© Bibliothèque et Archives Canada, no acc. 1986-9-2500, e008440957. Artiste : John Collins

En Alberta, le gouvernement d’Ernest Manning lutte de si virulente façon contre l’introduction de l’assurance maladie universelle que le ministre de la Santé, le Dr J. Donovan Ross, démissionne. Puis Manning choisit de prendre sa retraite plutôt que d’être forcé à participer à d’autres programmes fédéraux-provinciaux empiètant sur les compétences des provinces. (Voir Alberta History. Vol. 43, no.1 (Winter), 1995, en anglais seulement) Comme elle a reçu des fonds du gouvernement fédéral, l’Alberta adhère au programme le 1er juillet 1969. En Ontario, le premier ministre John Robarts et ses alliés du milieu des affaires, notamment dans le secteur des assurances, s’opposent vigoureusement au programme fédéral mais, encore une fois, la demande croissante du public et la perte de revenus conduisent l’Ontario à participer au programme dès le 1er novembre 1969. Entre cette date et le 1er avril 1972, toutes les autres provinces et les deux territoires adhèrent au régime national. La promesse qu’ont faite les libéraux d’introduire un régime national d’assurance maladie se concrétise enfin.

Allez vous coucher, prenez deux aspirines et envoyez 35 000 000 $ par année à Ottawa! 
"Allez vous coucher, prenez deux aspirines et envoyez 35 000 000 $ par année à Ottawa! 

En Alberta, les exigences du public et la perte de revenus forcèrent le gouvernement créditiste de Harry Strom à adhérer au régime d’assurance maladie fédéral, le 1er juillet 1969. La caricature d’Edd Uluschak avait paru quelque temps auparavant.
Bibliothèque et Archives Canada, C-138656. © Edd Uluschak

Je préfère le médicament que j’ai préparé moi-même, doc, mais voici quelque chose pour vous remercier d’avoir pris le temps de me voir… 250 MILLIONS DE DOLLARS.
Je préfère le médicament que j’ai préparé moi-même, doc, mais voici quelque chose pour vous remercier d’avoir pris le temps de me voir… 250 MILLIONS DE DOLLARS.

Duncan Macpherson personnifie l’Ontario sous les traits de son premier ministre, John Robarts, présenté ici comme étant un invalide. La province s’accroche à son propre régime d’assurance (OMSIP) et refuse d’adhérer à celui du fédéral jusqu’à ce que l’opinion publique et le manque de revenus la contraignent à le faire, le 1er novembre 1969.
Bibliothèque et Archives Canada, no acc. 1987-37-293. © Succession de Duncan Macpherson




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010