La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
1958-1968 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968 DE LA MAÎTRISE DES DÉPENSES À LA PROMOTION DE LA SANTÉ – LA MISE EN ŒUVRE DU RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE, 1968-1978 SAUVER LE SYSTÈME – LA LOI CANADIENNE SUR LA SANTÉ, LA CHARTE D’OTTAWA ET LA SANTÉ POUR TOUS, 1978-1988



Les groupes de travail nationaux sur le coût des services de santé, 1968-1969

À l’été 1968, le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social, John Munro, et ses ministres adjoints étudient les projections économiques sur les coûts de l’assurance hospitalisation et de l’assurance maladie et découvrent que leur augmentation, fulgurante, rendra ces programmes éphémères si l’on ne prend pas de mesures de maîtrise des coûts. Mettant à profit les liens bien établis avec les administrateurs provinciaux, Munro réussit à convaincre tous les ministres de la Santé  d’accepter la création d’un comité national sur le coût des soins de santé qui répartira la recherche entre sept groupes de travail. Celui chargé d‘examiner les services hospitaliers analysera « l’utilisation des services, l’efficacité de gestion, les traitements et les salaires, et les lits et les installations ».(Rapport des comités d’étude sur le coût des services sanitaires au Canada) Des groupes, inscrits sous la rubrique des services de santé, étudieront « la dispensation des soins médicaux, le coût des soins médicaux et celui des services d’hygiène publique ». (Rapport des comités d’étude) Ces équipes d’experts, dont les membres ont été recrutés dans des ministères de la Santé, des universités et des organismes gouvernementaux du pays entier, font 348 recommandations visant la maîtrise ou la réduction des coûts. Les groupes de travail soutiennent aussi que les soins de santé, en tant qu’industrie à forte intensité de main-d’œuvre où les honoraires, les traitements et les salaires représentent 70 % des coûts, ont désespérément besoin d’une distribution et d’une utilisation plus efficaces du personnel médical, infirmier et technique. Ils relèvent également la présence de beaucoup de confusion, de concurrence et d’inefficacité dans la structure administrative actuelle et proposent, comme solution, la régionalisation. De plus, ils souhaitent que les patients et les personnes qui les soignent essaient de mieux comprendre les problèmes et prennent davantage conscience que les mesures qu’il faut introduire pour maîtriser les coûts exigeront le changement des attitudes et des attentes. Toutefois, vu l’augmentation des dépenses gouvernementales, qui passeront de 1,7 milliard de dollars, en 1957, à 6,2 milliards, en 1972, selon les projections, le coût des soins hospitaliers et médicaux grimpant de 10 % à 14 % chaque année, les problèmes de financement exigent l’attention et de Munro et de ses homologues provinciaux

… de ma part, et de la part de tout le corps médical, madame Haroldson… je voudrais vous remercier de nous avoir aidés à lancer l’assurance maladie universelle sur les chapeaux de roues…
… de ma part, et de la part de tout le corps médical, madame Haroldson… je voudrais vous remercier de nous avoir aidés à lancer l’assurance maladie universelle sur les chapeaux de roues…

Le nouveau régime d’assurance maladie permet au joyeux médecin du caricaturiste Sid Barron d’être rémunéré à l’acte. Aussi reçoit-il d’innombrables paiements. C’est un des exemples de mauvaise utilisation des ressources signalés par les groupes de travail chargés d’examiner le coût des soins de santé.
Bibliothèque et Archives Canada, no acc. 1989-151-947, e008440948. © Succession de Sid Barron

Au palier fédéral, on apprécie les recommandations des groupes de travail parce qu’elles donnent un aperçu de la situation actuelle et suggèrent des propositions sur l’élimination de pratiques traditionnelles comme la rémunération à l’acte et la domination des soins par les médecins. Les groupes de travail proposent en effet, à titre expérimental, la capitation, la création de centres de santé communautaires composés d’équipes de médecins, d’infirmières praticiennes, de nutritionnistes et de physiothérapeutes, et l’établissement d’hôpitaux pour malades chroniques, plutôt que l’expansion des centres de soins intensifs. En 1970, le ministère de la Santé nationale et du Bien-être social finance une étude sur les centres de santé communautaires effectuée par le Dr John Hastings et commence à réviser le mode de financement de l’assurance hospitalisation et de l’assurance maladie.




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010