La lutte pour l’assurance maladie universelle : l’histoire des soins de santé au  Canada, 1914-2007 Retour à la chronolgie Retour à la  chronologie
1958-1968 CONFLIT  ET COMPROMIS – L’ÉLABORATION DE LA LOI SUR LES SOINS MÉDICAUX, 1958-1968 DE LA MAÎTRISE DES DÉPENSES À LA PROMOTION DE LA SANTÉ – LA MISE EN ŒUVRE DU RÉGIME UNIVERSEL D’ASSURANCE MALADIE, 1968-1978 SAUVER LE SYSTÈME – LA LOI CANADIENNE SUR LA SANTÉ, LA CHARTE D’OTTAWA ET LA SANTÉ POUR TOUS, 1978-1988



De nouvelles options ou des manœuvres alarmistes ?

En juillet 1975, le ministre des Finances, John Turner, présente un budget qui comprend une réduction des fonds affectés aux programmes d’assurance maladie et d’assurance hospitalisation. De plus, il annonce que le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social introduira une législation mettant fin à la Loi sur les soins médicaux et donnera le préavis requis de cinq ans pour la suppression de la Loi sur l’assurance hospitalisation et les services diagnostiques. Les provinces et nombre de membres des partis de l’opposition sont indignés. Comment le gouvernement fédéral ose-t-il proposer de telles actions après avoir contraint les provinces récalcitrantes à adhérer au régime universel d’assurance maladie ? Ainsi, le 13 juin 1975, à la Chambre des communes, Tommy Douglas déclare :

Je respecte beaucoup le ministre de la Santé nationale et du Bien-être social (M. Lalonde) qui fait, à mon avis, un effort louable. Mais je dois dire à son intention, et à celle du gouvernement, que l’on piétine en matière de santé depuis l’instauration en 1967 de l’assurance maladie. Pis encore, le gouvernement cherche à [se soustraire à ses obligations] même sur ce plan. […] En terminant, je tiens à dire que nous avons besoin de plus en plus de cliniques locales […] Lorsque le Parlement a adopté l’assurance maladie, nous avons fait un pas de géant, en ce sens que nous avons supprimé l’obstacle financier qui existait entre le malade d’une part et le médecin et l’hôpital, d’autre part. Mais ce n’était qu’un premier pas. […] Le gouvernement ne doit pas dormir sur ses lauriers. Il ne devrait pas s’imaginer qu’il a tout fait parce qu’il a adopté le régime d’assurance maladie, si bonne et noble que soit cette mesure législative. Le moment est maintenant venu de commencer à améliorer le système de soins, de commencer à faire de la médecine préventive et, surtout, d’entreprendre le genre de recherches médicales qui nous permettra d’améliorer la santé et les chances de bonheur et de bien-être des Canadiens. (CANADA, Débats de la Chambre des communes, 1re session, 30e législature, 13 juin 1975, p. 6741, 6742.)
« Montrez-moi le chemin… et je couperai là où nécessaire. »
« Montrez-moi le chemin… et je couperai là où nécessaire. »

Vers 1975, John Collins montre à son lectorat québécois ce qu’impliquera la réduction des budgets des soins de santé des provinces.
© Bibliothèque et Archives Canada, no acc. 1986-9-137, e008440959. Artiste : John Collins

Le ministre Lalonde répond à cette critique, et à d’autres formulées par l’opposition, en soulignant que son ministère a affecté des fonds à la recherche médicale, en rappelant à ses collègues les embûches des relations fédérales-provinciales et en incitant la population canadienne à arrêter de fumer, à porter la ceinture de sécurité et à assumer la responsabilité de l’amélioration de l’environnement. Il réitère également le fait que le gouvernement propose de procéder étape par étape, plutôt que d’avoir un mode de financement global, en vue d’indiquer aux provinces que le changement est essentiel.

Dans son Journal, l’Association médicale canadienne reconnaît avec sagesse qu’il s’agit d’une tactique de négociation et, à l’automne 1975, à mesure que le gouvernement commence à réglementer les salaires et les prix, Lalonde et son équipe parcourent le pays et concluent des accords bilatéraux avec les provinces.




Retour à la chronolgie 1968 - 1978
    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010