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Le public et les aspects politiques de la santé

Que pense le public du conflit entre Ottawa et les provinces ? Bien que les sondages de la fin des années 1990 et du début des années 2000 semblent indiquer l’affaiblissement du soutien inconditionnel du système de soins de santé et une anxiété croissante quant aux délais d’attente et à la qualité des soins, relativement peu de gens militent pour un ticket modérateur, la privatisation ou le paiement des services diagnostiques. (Consultez les résultats des sondages [PDF].) Les soins de santé demeurent en effet un des principaux enjeux de la campagne électorale de 1997. Les libéraux promettent alors de renouveler le financement dans le but de répondre aux demandes des entreprises et du public désireux de voir maintenus non seulement l’avantage économique du Canada sur les manufacturiers américains, mais aussi les valeurs communautariennes du pays. Par conséquent, le ministre des Finances, Paul Martin, octroie plus de fonds aux provinces, car le gouvernement fédéral commence à enregistrer des surplus, et Ottawa élabore l’accord fédéral-provincial sur la santé, qui est signé en septembre 2000. L’accord prévoit un financement fédéral pour aider les provinces à développer de nouvelles options en matière de soins primaires et à entreprendre l’amélioration des infrastructures des hôpitaux et d’autres établissements.

Des manifestations comme celle-ci, organisée par les professionnels de la santé de Vancouver, en décembre 1996.

Des manifestations comme celle-ci, organisée par les professionnels de la santé de Vancouver, en décembre 1996, montrent que les syndicats sont en faveur du financement des soins de santé par le gouvernement. Les soins de santé sont un des principaux enjeux de la campagne électorale fédérale de 1997.
Photo fournie par The Province, ID38598. Photographe : Rick Loughran

L’argent ne suffit toutefois pas pour réparer les dommages que les mesures fédérales unilatérales ont provoqués dans les provinces et les territoires tandis qu’ils s’efforçaient de maîtriser les coûts, de définir les problèmes, de mettre l’accent sur les déterminants de la santé et de répondre aux attentes du public. Le régime canadien d’assurance maladie universelle, tant vanté, pourra-t-il être maintenu au XXIe siècle ? Pendant la première moitié de 2000, le Québec, la Saskatchewan et l’Alberta établissent des commissions ou des groupes de travail provinciaux pour examiner cette question. Au Québec, la commission dirigée par Michel Clair est la première à déposer un rapport et recommande la limitation de la couverture médicale, la promotion d’autres partenariats de service entre les secteurs public et privé, et des transferts fiscaux fédéraux, plutôt que des transferts de fonds. En Saskatchewan, le rapport de Ken Fyke, Caring for Medicare: Sustaining a Quality System, recommande l’établissement d’un conseil de la qualité, la réduction du nombre de petits hôpitaux ruraux et la création d’équipes de soins primaires qui ne seraient pas rémunérées à l’acte. La proposition de changement la plus radicale provient de l’Alberta et se trouve dans A Framework for Reform: Report of the Premier’s Advisory Council on Health.

Dirigé par Don Mazankowski, un ancien ministre fédéral, le groupe de travail recommande que l’on permette aux résidants de la province qui le désirent d’acheter des services diagnostiques et chirurgicaux et d’autres services médicaux à des fournisseurs privés. Cela mettrait moins de pression sur les établissements publics, déjà surchargés, en créant une compétition saine entre les établissements et les fournisseurs de soins de santé. Le rapport Mazankowski recommande en outre une plus grande décentralisation des fonctions en matière de santé vers les régions, la réduction de la couverture médicale et une réforme plus rapide des soins primaires. Ces rapports provinciaux attirent une importante couverture médiatique et indiquent que les économistes de la santé, les politiciens, les fonctionnaires et le public cherchent tous des moyens efficaces d’améliorer l’accès aux soins et leur qualité sans dépasser les budgets provinciaux.




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    Date de création : 31 mars 2010 | Mise à jour : 21 avril 2010