Une exposition à venir sur Franklin

Sylvain Raymond

C’est un 19 mai que l’explorateur Franklin a mis les voiles pour quitter l’Angleterre en vue d’une expédition dans l’Arctique de laquelle il ne reviendra jamais. Un siècle et demi plus tard, nous attendons avec impatience l’arrivée d’une exposition sur ce voyage au sort tristement célèbre. Nous y travaillons depuis 2014 de concert avec Parcs Canada et le National Maritime Museum de Londres, ainsi qu’avec le concours du gouvernement du Nunavut et de la Fiducie du patrimoine inuit.

L’expédition de Franklin, c’est une histoire extraordinaire qui se déroule dans le décor de l’Arctique et dont la trame est aussi captivante, mystérieuse et tragique aujourd’hui qu’en 1845, quand tout a commencé. On connaît déjà l’histoire que racontera l’exposition, celle de sir John Franklin, à la tête d’une expédition britannique partie trouver le dernier tronçon du passage du Nord-Ouest, qui avait déjà été largement cartographié. Comme l’explique Claire Champ, spécialiste du développement créatif au Musée, « il ne restait plus qu’une petite partie du passage à cartographier. L’équipage était optimiste et bien préparé, mais, comme nous le savons maintenant, il naviguait vers une destination particulièrement isolée ». Pas étonnant que les Inuits appelaient cette région Tununiq, que l’on pourrait traduire par « aux confins du bout du monde ».

Le HMS Erebus prisonnier des glaces, 1846, François Étienne Musin. © National Maritime Museum, Greenwich, London, collection Caird, BHC3325

Le HMS Erebus prisonnier des glaces, 1846, François Étienne Musin. © National Maritime Museum, Greenwich, London, collection Caird, BHC3325

L’exposition que nous attendons rassemblera pour la première fois des artefacts emblématiques et des objets récemment récupérés de l’Erebus. Elle brossera un tableau plus complet de l’expédition de Franklin, entre autres par l’ajout de détails sur la vie à bord des navires ainsi que sur les causes possibles et les circonstances de la mort de l’équipage. Nous sommes particulièrement enthousiasmés par la mise en évidence du rôle crucial des Inuits dans cette odyssée grâce à des artefacts et à des enregistrements de récits oraux. Certains pans de l’histoire demeurent obscurs, mais, comme le souligne la conservatrice Karen Ryan, « sans le savoir inuit, nous n’aurions pas autant avancé ».

Le récit de l’expédition de Franklin est complexe. Enveloppé de mystère, il comporte de nombreux chapitres et doit être lu sous différents angles. Plus d’un pays en a tissé la trame. C’est un récit britannique parce que les navires et leur équipage étaient d’Angleterre, mais son intrigue se déroule autour de l’identité canadienne, dans un pays nordique. Et c’est un récit qui appartient aussi aux Inuits, qui l’ont relayé d’une génération à l’autre dans leur tradition orale. Par-dessus tout, c’est un récit dont la thématique est universelle, car il raconte une incroyable lutte pour la survie.

Après une escale au Royaume-Uni dès juillet 2017, au National Maritime Museum, l’exposition L’expédition Franklin traversera l’Atlantique pour son inauguration au Musée canadien de l’histoire en mars 2018.

Revenez consulter le blogue du Musée pour lire d’autres billets sur l’exposition et l’expédition tragique qui l’a inspirée.

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