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Chronologie
Catalogues (1880-1975)
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  Page de couverture, Woodward's Spring 
Summer 1919.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, printemps-été 1919.

  
     

La maison Woodward
Texte de Catherine C. Cole

Charles Woodward ouvre son premier grand magasin en 1892 à Vancouver, à l'angle des rues aujourd'hui appelées Main et Georgia. Son catalogue, publié de 1897 à 1953, proclame qu'il s'agit de « la grande maison de vente par correspondance de l'Ouest ». Ce service étend l'influence de Woodward au-delà de Vancouver, jusque dans les régions éloignées, particulièrement en Colombie-Britannique et en Alberta. Durant la période de l'après-guerre, l'entreprise décide d'augmenter le nombre de ses grands magasins au lieu de se concentrer sur ce type de vente.

Les premiers catalogues | Le débat sur la vente de médicaments par catalogue | L'expansion de la gamme des produits | La grande maison de vente par catalogue de l'Ouest | Conclusion | Sources documentaires


Les premiers catalogues

  Le magasin Woodward, à l'angle 
des 
rues Hastings et Abbott, Vancouver.  
  

Agrandir l'image.Le magasin Woodward, à l'angle des rues Hastings et Abbott.

  
     

Woodward établit un service de vente par catalogue en 1896 et publie son premier catalogue l'année suivante. David Spencer, son concurrent de Victoria, fait de même à peu près en même temps. En 1891, la population de Vancouver se chiffre à 13 700 habitants. Dix ans plus tard, elle a pratiquement doublé. Le marché de Woodward comprend alors les localités de l'intérieur et celles de la côte de la Colombie-Britannique et, pendant la ruée vers l'or du Klondike, s'étendra vers le nord.

Les premiers catalogues proposent des vêtements pour femmes, hommes et enfants, des valises, de la quincaillerie et des bijoux. On n'y trouve que des listes de prix accompagnés de dessins au trait et parfois de photographies. Pendant la période de prospérité économique des premières années du vingtième siècle en Colombie-Britannique, avant que ne débute la Première Guerre mondiale, le nombre de pages des catalogues, la gamme d'articles offerts ainsi que la qualité des produits augmentent.

In 1902, Woodward emménage dans de plus grands locaux, au cœur du nouveau secteur des affaires de Vancouver, à l'angle des rues Hastings et Abbott. Le magasin y installe de nouveaux rayons. Les catalogues offrent maintenant des produits d'alimentation, un service très populaire auprès des habitants des régions isolées où les approvisionnements sont sporadiques. Les Albertains ont droit à une liste d'épicerie particulière. Dans son catalogue printemps-été, Woodward explique que «  la vente au comptant est partiellement responsable du succès et de la croissance
de [l']entreprise ». « Nous ne tenons aucun registre, précise le rédacteur, et n'avons pas de comptable, ce qui fait économiser des milliers de dollars à nos clients. »

  Le rayon de l'épicerie de 
Woodward.  
  

Agrandir l'image.Le rayon de l'épicerie, Woodward.

  
     
  Épicerie, Woodward's Spring 
Summer 
1902, p. 77.  
  

Agrandir l'image.Produits d'alimentation du catalogue de Woodward, printemps-été, 1902, p. 77.

  
     

En 1908, Woodward se lance dans la vente d'ameublement, de revêtements de sol et d'articles spécialisés  : livres religieux, classiques de la littérature, papeterie, fournitures scolaires et jouets. « Nous pouvons, prétend le magasin, vous obtenir tout ce dont vous avez besoin, que l'article se trouve ou non dans le catalogue. » En 1912, les produits d'alimentation sont retirés des catalogues saisonniers et vendus au moyen de listes de prix publiées trois fois par année. Outre ces produits, Woodward vend de la nourriture pour le bétail, comme le foin et l'avoine, et pour la volaille. Ses grands magasins à rayons sont novateurs; ils inaugurent un étage d'alimentation libre-service et instaurent les fameux jours à 95 ¢ en 1919 (1,49 $ en 1951).

  Woodward's Fall Winter 1908-1909, 
verso de la page de couverture.  
  

Agrandir l'image.De bonnes raisons d'acheter chez Woodward. 1908. Catalogue automne-hiver 1908-1909, deuxième de couverture.

  
     
  Page de couverture, Woodward's Grocery 
Buyers' Guide for Spring 1929.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du guide d'achat des produits d'alimentation de Woodward, 1929. Édition printemps 1929.

  
     

Le débat sur la vente de médicaments par catalogue

Jack Woodward, le fils de Charles Woodward, est pharmacien. En 1896, dans le magasin de son père, il ouvre un comptoir qui devient rapidement achalandé en raison des bas prix. À compter de 1908, les médicaments réguliers et brevetés deviennent des produits vedettes des catalogues. Dans celui de 1912, on assure aux clients que les « ordonnances sont soigneusement préparées par des pharmaciens qualifiés […] et le sont seulement si elles portent la signature d'un médecin compétent ». Quant aux commandes de produits à base de poisons, les acheteurs doivent préciser clairement à quels usages ils sont destinés. Woodward est le seul grand magasin à posséder une pharmacie en Colombie-Britannique. Pharmaciens et médecins s'opposent à cette vente de médicaments en magasin ou par catalogue; la lutte durera jusque dans les années 1930. À un certain moment, les pharmaciens bloquent efficacement les fournisseurs de Woodward; ils doivent alors s'approvisionner chez Eaton ou Simpson.

  Le rayon des médicaments, 
Woodward's 
Spring Summer 1926, p. 29.  
  

Agrandir l'image.Le rayon de la pharmacie chez Woodward, 1926. Catalogue printemps-été 1926, p. 29.

  
     

L'expansion de la gamme des produits

Dans son catalogue automne-hiver de 1908-1909, Woodward présente, pour la première fois, une gamme restreinte d'ameublement. Cette section prend de l'ampleur pour introduire, durant la décennie suivante, de nouvelles gammes de mobilier et d'accessoires ménagers, entre autres, de la porcelaine et du verre. La section des jouets, imprimée sur du papier rose, s'appelle désormais le « merveilleux monde des jouets du père Noël ». Après la Première Guerre mondiale, les amateurs de photographie, de sport et de musique trouvent dans le catalogue de plus en plus d'articles reliés à leur passe-temps favori.

  Page de couverture, Woodward's Fall 
Winter 1915-1916.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, automne-hiver 1915-1916.

  
     
  Page de couverture, Woodward's Spring 
Summer 1927.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, printemps-été 1927.

  
     

 

Une bonne partie des produits vendus sont alors illustrés par des photographies ou des dessins au trait, mais la couleur n'entre en jeu que vers la fin des années 1920. Mesurant 23 cm sur 30 cm et comptant
152 pages, les catalogues de Woodward sont beaucoup plus petits que ceux d'Eaton ou de Simpson. Un bout de ficelle, passé à travers un petit trou percé dans le coin supérieur gauche du catalogue permet de le suspendre. Les clients sont invités à le garder sous la main et « à le suspendre dans un endroit commode ». Plus tard, Woodward ajoute un calendrier de six mois sur la page de couverture, raison de plus d'accrocher la publication dans un endroit bien en vue.

  Fourneaux et radiateurs, Woodward's 
Fall Winter 1922, p. 73.  
  

Agrandir l'image.Deux modèles de poêles à bois. 1922. Ces appareils servaient aussi au chauffage du logis. Catalogue de Woodward, automne-hiver 1922, p. 73.

  
     
  Page de couverture, Woodward's Spring 
Summer 1923.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, printemps-été 1923.

  
     

La grande maison de vente par catalogue de l'Ouest

Woodward s'identifie à ses clients de la Colombie-Britannique. Ainsi son catalogue printemps-été 1923 soutient que « le secteur commercial de la province ne saurait être mieux desservi que par un magasin de la Colombie-Britannique ». L'entreprise connaît parfaitement les difficultés du transport dans la province et pourvoit aux besoins des gens vivant dans des régions éloignées : mineurs, bûcherons, pêcheurs et agriculteurs. Le catalogue baptise des produits selon les régions, par exemple, les poêles à bois
« Fierté de Vancouver » - le produit devient « Fierté d'Edmonton » en Alberta.

  Page de couverture, Woodward's Spring 
Summer 1924.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, printemps-été 1924.

  
     
  Page de couverture, Woodward's Spring 
Summer 1929.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, printemps-été 1929.

  
     
  Page de couverture, Woodward's Fall 
Winter 1932-1933.  
  

Agrandir l'image.Page de couverture du catalogue de Woodward, automne-hiver 1932-1933.

  
     

Woodward construit un nouveau grand magasin à Vancouver en 1924 et un autre à Edmonton en 1926, mais la grande dépression des années 1930 met rapidement fin à tout autre plan d'expansion. À l'origine, l'entreprise ne vend qu'au comptant, mais elle instaure un plan de paiements différés en 1929 pour l'ameublement. Pendant la Dépression, l'argent comptant se fait rare et la concurrence des magasins locaux et des services de vente par catalogue des magasins de l'Est est féroce. En 1934, 38 personnes travaille au service de vente par catalogue de Woodward, un nombre plutôt restreint. Pourtant, selon la Commission royale sur l'écart des prix et l'achat en quantité, lors des jours à 95 ¢, le nombre d'employés grimpe jusqu'à
500 ou 700 personnes.

La Seconde Guerre mondiale interrompt de nouveau les approvisionnements et rend difficile la garantie des prix, mais le magasin Woodward assure à ses clients qu'il leur fournit les meilleurs articles aux plus bas prix. En 1940, le magasin met en place le service d'envoi outre-mer de colis pour soutenir l'effort de guerre britannique. Il étend ensuite ce service aux États-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, et le continue après la guerre jusque dans les années 1950.

  Woodward's Spring Summer 1924, 
p. 1.  
  

Agrandir l'image.Le magasin Woodward au centre d'achat de Vancouver, 1924. Catalogue de Woodward, printemps-été 1924, p. 1.

  
     
  Woodward's Fall Winter 1947-1948, 
verso de la première de couverture.  
  

Agrandir l'image.Cinquantième anniversaire du service des ventes postales. 1947. Catalogue de Woodward. automne-hiver 1947-1948, deuxième de couverture.

  
     

Conclusion

Woodward célèbre 50 ans de vente par catalogue en 1947. En 1950, le tirage de son catalogue varie de 25 000 à 35 000 exemplaires par année. L'entreprise offre la livraison gratuite partout dans l'Ouest canadien et l'achat transférable par correspondance pour les clients de l'extérieur qui font leurs emplettes au magasin de Vancouver et qui souhaitent les faire expédier à leur domicile. Même après la fin de la publication du catalogue principal, en 1953, le service de vente par catalogue poursuit ses activités. Woodward continue de publier ses catalogues plus modestes, « Meilleurs achats », dans les années 1950. La liste d'épicerie est distribuée jusqu'en 1967; des catalogues de mode sont publiés dans les années 1970.

  Calendrier, service de vente par correspondance 
de Woodward, 1940.  
  

Agrandir l'image.Calendrier, service de vente par correspondance des magasins Woodward, 1940.

  
     

En 1951, Woodward commence un programme d'expansion par l'ouverture d'un magasin pilier dans le premier centre d'achats au pays, à West Vancouver. En 1988, la chaîne compte 29 magasins en Colombie-Britannique et en Alberta. Les étages de produits d'alimentation ont toujours été un élément important des établissements Woodward. Les magasins ferment leurs portes en 1993 et la Compagnie de la Baie d'Hudson fait aussitôt l'acquisition de l'actif de Woodward : pour les gens de l'Ouest canadien, une époque s'achève.


Sources documentaires

HARKER, Douglas E. The City and the Store. Vancouver, Woodward's [Evergreen Press], 1958.

HARKER, Douglas E. The Woodwards: The Story of a Distinguished British Columbia Family, 1850-1975. Vancouver / Chicago, Mitchell Press, 1976.

WATT, Robert D. The Shopping Guide of the West: Woodward's Catalogue 1898-1953. Vancouver, J.J. Douglas Ltd., 1977.

WOODWARD STORES LTD. So Much to Celebrate: Woodward's 100th Anniversary. Vancouver, Woodward Stores Ltd., 1992.

Les fonds d'archives du service Patrimoine de la Compagnie de la Baie d'Hudson à Toronto et les City of Vancouver Archives.

 

 

   
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