Mer et monde : Les pêches de la côte est du Canada

En quête du délice des jours maigres
Le voyage de pêche du Saint-André (1754)
En quête du délice des jours maigres : 
Le voyage de pêche du Saint-André (1754)

Par Jean-Pierre Chrestien à la TABLE DES MATIÈRES


En rade aux environs de l'île de Ré

Le chargement du sel
 

Une fois le sel acheté, il faut le transporter depuis les bosses du marais salant jusque dans le navire. Palayers, trassonneurs, barquiers et mesureurs interviennent pendant ce parcours. Le sel est d'abord mis dans des sacs par les palayers avec leur palet ou pelle, sous la surveillance des jurés trassonneurs, qui tiennent les sacs ouverts et les comptent. Un sac à la fois est transporté à dos de cheval. Les bêtes se croisent dans un va-et-vient incessant. Les sacs arrivés près des barques, les barquiers les chargent à bord, tandis qu'on les compte et enregistre le compte. Ces barques transportent le sel jusqu'au navire à l'ancre dans le havre ou affourché dans la rivière. Elles ramènent également le lest à décharger. Lorsque le sel est enfin à bord, les mesureurs " procèdent au mesurage avant que la cale n'engloutisse sa cargaison. Pour ce faire, on utilise un boisseau, récipient en bois d'une contenance de 48,6 litres et qui a été étalonné... Un homme remplit le boisseau et c'est alors qu'intervient le juré mesureur : il rase cette mesure (d'où le nom de muid ras) pour que l'administration fiscale puisse faire payer très précisément les droits sur le sel " 50. Toutes ces opérations sont aux frais de l'acheteur.

Vendredi, 15e jour de février 1754

À 6 heures du matin, le capitaine est allé à Marennes 51 faire ses déclarations et il est revenu vers 5 heures du soir. En son absence, nous nous sommes préparés à délester le jour suivant.

Samedi, 16e jour de février 1754

Entre 9 et 10 heures du matin, les barques délestantes sont venues à nos côtés et nous en avons chargé cinq, soit 16 tonneaux et demi de lest.

Dimanche, 17e jour de février 1754

À 6 heures et demie du matin, treize hommes sont allés à terre en chaloupe pour assister à la première messe 52. Ils sont revenus vers 9 heures. Dès leur retour, nous sommes allés à la grande messe et sommes revenus à bord vers 3 heures. Le capitaine et le charpentier sont restés à terre.

Lundi, 18e jour de février 1754

Une barque contenant 20 muids de sel nous est venue. Nous les avons embarqués et avons retiré 18 tonneaux de lest.

Mardi, 19e jour de février 1754

Au cours de la journée, nous avons jeté environ 30 muids et demi de lest dans les barques délestantes.

Mercredi des Cendres, 20e jour de février 1754

Nous n'avons rien fait.

Jeudi, 21e jour de février 1754

Vers 6 heures du matin, une barque contenant quelque 45 muids de sel nous est venue. Nous avons déchargé le restant de notre lest au cours de la journée et avons embarqué tout ce sel.

Vendredi, 22e jour de février 1754

Nous avons complété le chargement de 80 muids de sel et avons débarqué 76 tonneaux de notre lest.

Samedi, 23e jour de février 1754

Toute la journée nous avons fait notre arrimage.

Dimanche, 24e jour de février 1754

Vers 8 heures du matin, nous sommes descendus à terre dans notre chaloupe pour aller à la messe et sommes revenus tous à bord entre 3 heures et demie et 4 heures.

Lundi, 25e jour de février 1754

Vers 6 heures du matin, le capitaine est allé à Marennes dans la chaloupe avec 4 hommes pour chercher un câble neuf qu'il a commandé il y a 8 jours. Il est revenu vers 7 heures du soir. Le câble mesure 103 brasses de longueur et 8 pouces de grosseur.



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LES PROVISIONS INDIVIDUELLES DES PÊCHEURS | LA DÉSERTION D'UN NOVICE
ÉCHOUAGES ET RÉPARATIONS


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