{"id":3602,"date":"2011-11-22T15:02:04","date_gmt":"2011-11-22T19:02:04","guid":{"rendered":"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/"},"modified":"2011-11-23T12:22:27","modified_gmt":"2011-11-23T16:22:27","slug":"nicolas-perrot-1665-1689","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/les-explorateurs\/nicolas-perrot-1665-1689\/","title":{"rendered":"Nicolas Perrot 1665-1689"},"content":{"rendered":"<p>Nicolas Perrot a \u00e9t\u00e9 un grand explorateur. Bien qu&rsquo;il e\u00fbt donn\u00e9 \u00e0 quatre gouverneurs de la Nouvelle-France cent preuves de ses talents de n\u00e9gociateur et de diplomate, on n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 le renvoyer \u00e0 ses terres, \u00e0 une mis\u00e8re en partie attribuable \u00e0 son d\u00e9sint\u00e9ressement. N\u00e9 en France entre 1641 et 1644, peut-\u00eatre \u00e0 Darcey, en Bourgogne, o\u00f9 son p\u00e8re a \u00e9t\u00e9 lieutenant de justice, Nicolas Perrot aurait \u00e9t\u00e9 \u00e9l\u00e8ve des J\u00e9suites. C&rsquo;est du moins ce que laissent supposer son \u00e9rudition, son \u00e9criture et le contexte de sa venue au Canada o\u00f9 on le rencontre d\u00e8s 1660 comme interpr\u00e8te et donn\u00e9 des J\u00e9suites. Selon le p\u00e8re Fran\u00e7ois-Xavier de Charlevoix, Nicolas Perrot \u00e9tait \u00ab un homme d&rsquo;esprit, d&rsquo;assez bonne famille et qui avait fait quelques \u00e9tudes \u00bb. Le m\u00eame auteur pr\u00e9cise que \u00ab la n\u00e9cessit\u00e9 avait oblig\u00e9 Perrot de se mettre au service des J\u00e9suites \u00bb.<\/p>\n<h2>Itin\u00e9raire<\/h2>\n\r\n      <div class=\"non-animated-mobile-map\">\r\n        <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/perrot-1665-1689\/Perrot_1665-1689_fr.jpg\" title=\"Perrot 1665-1689\" alt=\"Perrot 1665-1689\" \/>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"perrot16651689Map animated-map\" style=\"width:570px; height:364px; position:relative; margin: 10px auto; background-image:url(https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/perrot-1665-1689\/map-fr.png); background-repeat:no-repeat;\">\r\n            <script type=\"text\/javascript\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/perrot-1665-1689\/perrot-1665-1689.js\"><\/script>\r\n            <canvas id=\"perrot16651689Canvas\" width=\"570\" height=\"364\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:1\">\r\n              <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/perrot-1665-1689\/Perrot_1665-1689_fr.jpg\" title=\"Perrot 1665-1689\" alt=\"Perrot 1665-1689\" \/>\r\n            <\/canvas>\r\n            <canvas id=\"perrot16651689Canvas2\" width=\"570\" height=\"364\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:2\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"perrot16651689Canvas3\" width=\"570\" height=\"364\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:3\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"perrot16651689Canvas4\" width=\"570\" height=\"364\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:4\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"perrot16651689Canvas5\" width=\"570\" height=\"364\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:5\"><\/canvas>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"mapbutton-wrap\" style=\"width:570px;\">\r\n        <button class=\"mapbutton\" style=\"float: right\" onclick=\"perrot16651689Reset();\">R\u00e9initialiser la carte<\/button>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"clear\"><\/div>\r\n    \n<h2>Au service des autres<\/h2>\n<p>Nicolas Perrot suit ses ma\u00eetres dans la r\u00e9gion de la baie des Puants (Green Bay), devenant l&rsquo;un des premiers Fran\u00e7ais \u00e0 entrer en contact avec les tribus de l&rsquo;ouest des Grands Lacs et en particulier avec celles de l&rsquo;actuel \u00c9tat du Wisconsin. Quand il s\u00e9journe chez les Pout\u00e9ouatamis du lac Michigan, en 1665, il est lib\u00e9r\u00e9 de son engagement depuis quelque temps d\u00e9j\u00e0. Il troque alors des fourrures contre des fusils, permettant \u00e0 ce groupe de se d\u00e9fendre \u00e0 armes \u00e9gales contre des ennemis qui en abusent d\u00e9j\u00e0. Surnomm\u00e9 la \u00ab traite du fer \u00bb, ce troc lui vaut l&rsquo;amiti\u00e9 du chef qui le v\u00e9n\u00e8re comme un dieu. En quelques mois, il raffermit les liens nou\u00e9s au cours des p\u00e9r\u00e9grinations pr\u00e9c\u00e9dentes.<\/p>\n<p>Perrot est de retour \u00e0 Ville-Marie la m\u00eame ann\u00e9e. L&rsquo;exp\u00e9rience ne l&rsquo;a pas enrichi puisqu&rsquo;il est domestique chez la veuve de Jacques Testard avant d&rsquo;entrer au service des Sulpiciens. Associ\u00e9 dans une compagnie de traite qu&rsquo;il forme avec trois colons montr\u00e9alais, le 12 ao\u00fbt 1667, Perrot retourne \u00e0 la baie des Puants. Encore une fois, les liens qu&rsquo;il noue sont plus profitables que les pelleteries qu&rsquo;il ram\u00e8ne.<\/p>\n<h2>L&rsquo;interpr\u00e8te<\/h2>\n<p>S&rsquo;il est pauvre, Nicolas Perrot est pourtant assez r\u00e9put\u00e9 pour que l&rsquo;intendant Jean Talon le d\u00e9signe pour servir d&rsquo;interpr\u00e8te \u00e0 Simon-Fran\u00e7ois Daumont de Saint-Lusson en septembre 1670. Ce dernier doit rechercher \u00ab de la mine de cuivre au pays des Outaouais, Nez-Perc\u00e9s, Illinois et autres nations d\u00e9couvertes et \u00e0 d\u00e9couvrir en l&rsquo;Am\u00e9rique Septentrionale du c\u00f4t\u00e9 du lac Sup\u00e9rieur ou mer Douce \u00bb et s&rsquo;enqu\u00e9rir \u00ab soigneusement s&rsquo;il y a par lacs et rivi\u00e8res quelque communication avec la mer du sud, qui s\u00e9pare ce continent de la Chine \u00bb. Deux mois plus tard, Robert Cavelier de La Salle sera exp\u00e9di\u00e9 vers la mer Sud, pour trouver \u00ab l&rsquo;ouverture du Mexique \u00bb.<\/p>\n<p>On attribue \u00e0 l&rsquo;influence de Nicolas Perrot sur les tribus de l&rsquo;ouest, le rassemblement du 4 juin 1671 au Sault Sainte-Marie. Ce jour-l\u00e0, les repr\u00e9sentants de quatorze nations appuy\u00e8rent la prise de possession au nom de Louis XIV, du territoire allant de la mer du Nord et de la mer de l&rsquo;Ouest \u00e0 la mer du Sud, incluant les terres \u00e0 d\u00e9couvrir. D\u00e8s son retour \u00e0 Qu\u00e9bec \u00e0 la fin de l&rsquo;\u00e9t\u00e9, Daumont de Saint-Lusson exige la saisie des fourrures ramen\u00e9es par Perrot. Ainsi priv\u00e9 de ressources, l&rsquo;explorateur commence \u00e0 vivre sous la pression de cr\u00e9anciers.<\/p>\n<h2>Les al\u00e9as de la guerre<\/h2>\n<p>Son ascendant sur les tribus de l&rsquo;ouest sera plus d&rsquo;une fois sollicit\u00e9 par les dirigeants de la colonie. En 1684, il participe \u00e0 la mission de paix du gouverneur Lefebvre de La Barre en recrutant plusieurs centaines de guerriers dispos\u00e9s \u00e0 se battre contre les Iroquois. Il chemine avec eux et Daniel Greysolon Dulhut en direction de Niagara quand il apprend que, pour conclure la paix avec les Iroquois, La Barre a sacrifi\u00e9 les tribus de l&rsquo;ouest contre lesquelles les Iroquois auront beau jeu de se tourner.<\/p>\n<p>Cette exp\u00e9dition l&rsquo;a plac\u00e9 dans une situation financi\u00e8re dont il ne s&rsquo;extirpera jamais. Le d\u00e9sarroi dicte le mot adress\u00e9 \u00e0 l&rsquo;un de ses cr\u00e9anciers au mois d&rsquo;ao\u00fbt 1684 : \u00ab Je n&rsquo;aurais pas tant tard\u00e9 \u00e0 vous aller voir et tous ceux \u00e0 qui je dois, si j&rsquo;avais apport\u00e9 les pelleteries que j&rsquo;ai laiss\u00e9es (\u00e0 Michillimakinac) par le commandement qu&rsquo;on m&rsquo;a fait de venir en guerre [&#8230;] Si j&rsquo;en jouissais, je serais hardi d&rsquo;aller trouver mes cr\u00e9anciers plus que je ne suis. \u00bb<\/p>\n<h2>L&rsquo;homme aux jambes de fer<\/h2>\n<p>En 1685, Perrot est nomm\u00e9 commandant en chef du territoire dont Daumont de Saint-Lusson a pris possession quatorze ans plus t\u00f4t. M\u00eame si ses pouvoirs sont r\u00e9duits peu apr\u00e8s, il ex\u00e9cute sa mission. Il maintient le lien fragile qui subsiste entre les peuples qu&rsquo;il conna\u00eet d\u00e9j\u00e0 et s&rsquo;assure que leurs fourrures sont r\u00e9serv\u00e9es aux Fran\u00e7ais. Celui que les Am\u00e9rindiens surnomment \u00ab Metamiens \u00bb ou \u00ab l&rsquo;homme aux jambes de fer \u00bb revient dans la colonie au printemps de 1688. Il a voyag\u00e9 \u00e0 travers les actuels Minnesota et Wisconsin et sur le Mississippi vers le nord. \u00c0 la Prairie-du-Chien, au c\u0153ur du territoire sioux, il a construit le fort Saint-Antoine.<\/p>\n<p>\u00c0 peine est-il arriv\u00e9 qu&rsquo;il repart pour d&rsquo;autres n\u00e9gociations, celles-l\u00e0 command\u00e9es par le gouverneur Brisay de Denonville. N\u00e9gligeant ses propres int\u00e9r\u00eats, Nicolas Perrot reprend la route de l&rsquo;ouest. Au printemps 1689, il peut dresser un bilan remarquable. \u00c0 la jonction du Mississippi et de la rivi\u00e8re Wisconsin, il a \u00e9rig\u00e9 le fort Saint-Nicolas, et le 8 mai de la m\u00eame ann\u00e9e, il a pris possession du territoire form\u00e9 par \u00ab la baie des Puants, lac et rivi\u00e8res des Outaganis et Maskoutins, rivi\u00e8re de Ouiskouche et celle de Mississippi, pays des Nadouesioux, Rivi\u00e8res-Sainte-Croix et Saint-Pierre et autres lieux plus \u00e9loign\u00e9s. \u00bb<\/p>\n<h2>La paix de Montr\u00e9al<\/h2>\n<p>Un an plus tard, la France et l&rsquo;Angleterre \u00e9tant en guerre, Perrot parlemente avec ses vieux alli\u00e9s. Il obtient la garantie qu&rsquo;ils ne suivront pas les Iroquois dans une gu\u00e9rilla qui a culmin\u00e9 avec l&rsquo;assaut du 4 au 5 ao\u00fbt 1689 contre le village de Lachine, sur l&rsquo;\u00eele de Montr\u00e9al. Dans une lettre adress\u00e9e le 20 novembre 1690 au ministre des Colonies, le gouverneur Frontenac \u00e9crit que \u00ab Le sieur Perrot s&rsquo;est acquis, par la longue pratique et connaissance qu&rsquo;il a de l&rsquo;humeur, des mani\u00e8res et de la langue de toutes les nations d&rsquo;en haut, beaucoup de cr\u00e9dit parmi elles. \u00bb Ce cr\u00e9dit-l\u00e0 est bien inutile quand Perrot n&rsquo;est pas dans l&rsquo;ouest.<\/p>\n<p>Le diplomate a mis fin \u00e0 sa vie publique en 1696, mais en 1701, il fait une derni\u00e8re apparition sur la sc\u00e8ne diplomatique. Cette fois, c&rsquo;est le gouverneur Louis-Hector de Calli\u00e8re, d\u00e9sign\u00e9 \u00e0 ce poste le 20 avril 1699, qui requiert ses services. Voulant mettre fin aux guerres franco-iroquoises, Calli\u00e8re rallie une trentaine de tribus am\u00e9rindiennes autour d&rsquo;un accord qui garantit leur neutralit\u00e9 en cas de conflit entre l&rsquo;Angleterre et la France. Interpr\u00e8te des nations de l&rsquo;ouest, Perrot joue son dernier r\u00f4le public. La \u00ab Paix de Montr\u00e9al \u00bb est sign\u00e9e le 4 ao\u00fbt 1701, devant plus de mille trois cents d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s am\u00e9rindiens. Au chef des Pout\u00e9ouatamis qui r\u00e9clame la pr\u00e9sence de Perrot parmi son peuple pour cimenter la paix nouvelle, Frontenac r\u00e9pond par un refus.<\/p>\n<h2>Les M\u00e9moires<\/h2>\n<p>En 1671, Nicolas Perrot avait \u00e9pous\u00e9 Madeleine Raclos et comme de nombreux n\u00e9gociants de fourrures et de coureurs des bois, il s&rsquo;\u00e9tait fix\u00e9 dans la r\u00e9gion des Trois-Rivi\u00e8res, vivant \u00e0 Champlain et \u00e0 B\u00e9cancour o\u00f9 sa femme a donn\u00e9 naissance \u00e0 onze enfants.<\/p>\n<p>Lorsqu&rsquo;il prend sa retraite en 1696, sa pauvret\u00e9 est r\u00e9elle et d\u00e9finitive. Ceux qui ont eu recours \u00e0 ses services ne sont plus l\u00e0. Ceux qui sont en place refusent de reconna\u00eetre l&rsquo;importance du r\u00f4le qu&rsquo;il a jou\u00e9 gratuitement, allant jusqu&rsquo;\u00e0 assurer personnellement le salaire de ses compagnons de voyages. Le m\u00e9pris des fonctionnaires lui vaut d&rsquo;\u00eatre d\u00e9sormais d\u00e9sign\u00e9 simplement sous l&rsquo;expression du \u00ab nomm\u00e9 Perrot \u00bb. Il acceptera la charge de capitaine de milice de B\u00e9cancour. La seule faveur qu&rsquo;on lui ait jamais consentie est une s\u00e9paration de biens destin\u00e9e \u00e0 prot\u00e9ger sa femme et ses enfants contre la saisie de ses biens.<\/p>\n<p>Nicolas Perrot est mort le 13 ao\u00fbt 1717 \u00e0 B\u00e9cancour. Il avait consacr\u00e9 beaucoup de temps \u00e0 la r\u00e9daction d&rsquo;un r\u00e9sum\u00e9 de ses souvenirs qu&rsquo;il destinait \u00e0 l&rsquo;intendant Michel B\u00e9gon. Les derni\u00e8res lignes de ce texte illustrent la r\u00e9alit\u00e9 de son d\u00e9nuement : \u00ab La disette de papier ne me permet pas de m&rsquo;\u00e9tendre sur ces sortes de harangues, comme j&rsquo;aurais lieu de le faire, si je n&rsquo;en avais pas \u00e9t\u00e9 d\u00e9pourvu. \u00bb Le t\u00e9moignage de Nicolas Perrot n&rsquo;est devenu public qu&rsquo;en 1864, lors de sa publication \u00e0 Paris, sous le titre de M\u00e9moire sur les m\u0153urs, coustumes et religion des sauvages de l&rsquo;Am\u00e9rique Septentrionale.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Nicolas Perrot a \u00e9t\u00e9 un grand explorateur. Bien qu&rsquo;il e\u00fbt donn\u00e9 \u00e0 quatre gouverneurs de la Nouvelle-France cent preuves de ses talents de n\u00e9gociateur et de diplomate, on n&rsquo;h\u00e9sita pas \u00e0 le renvoyer \u00e0 ses terres, \u00e0 une mis\u00e8re en partie attribuable \u00e0 son d\u00e9sint\u00e9ressement. 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