{"id":3624,"date":"2011-11-23T10:48:55","date_gmt":"2011-11-23T14:48:55","guid":{"rendered":"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/"},"modified":"2017-10-11T11:21:56","modified_gmt":"2017-10-11T15:21:56","slug":"daniel-greysolon-dulhut-1678-1679","status":"publish","type":"page","link":"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/les-explorateurs\/daniel-greysolon-dulhut-1678-1679\/","title":{"rendered":"Daniel Greysolon Dulhut 1678-1679"},"content":{"rendered":"<p>Militaire de carri\u00e8re, Daniel Greysolon Dulhut na\u00eet vers 1636 \u00e0 Saint-Germain-de-Laval, pr\u00e8s de Lyon. Fils de Claude Greysolon et de Marie Patron, il appartient \u00e0 la noblesse fran\u00e7aise. Dans un document qu&rsquo;il a \u00e9crit, il laisse entendre qu&rsquo;il est venu en Nouvelle-France \u00e0 deux reprises avant de venir s&rsquo;y \u00e9tablir.<\/p>\n<p>En 1673, le gendarme de la Garde est en France. \u00c9cuyer de la suite du marquis de Lassay, il participe \u00e0 la campagne militaire de Franche-Comt\u00e9. Ayant surv\u00e9cu \u00e0 l&rsquo;importante bataille de Seneffe (Belgique, 11 ao\u00fbt 1674), il fait ses bagages et part pour la Nouvelle-France. Son oncle, le marchand Jean-Jacques Patron, ainsi que son fr\u00e8re Claude Greysolon de La Tourette, le suivront bient\u00f4t. Le premier financera sans doute les premi\u00e8res exp\u00e9ditions de son neveu. Le second, n\u00e9 en 1660, participera \u00e0 la deuxi\u00e8me campagne de son fr\u00e8re.<\/p>\n<h2>Itin\u00e9raire<\/h2>\n\r\n      <div class=\"non-animated-mobile-map\">\r\n        <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/dulhut-1678-1679\/Dulhut_1678-1679_fr.jpg\" title=\"Dulhut 1678-1679\" alt=\"Dulhut 1678-1679\" \/>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"dulhut16781679Map animated-map\" style=\"width:570px; height:365px; position:relative; margin: 10px auto; background-image:url(https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/dulhut-1678-1679\/map-fr.png); background-repeat:no-repeat;\">\r\n            <script type=\"text\/javascript\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/dulhut-1678-1679\/dulhut-1678-1679.js\"><\/script>\r\n            <canvas id=\"dulhut16781679Canvas\" width=\"570\" height=\"365\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:1\">\r\n              <img decoding=\"async\" src=\"https:\/\/www.museedelhistoire.ca\/musee-virtuel-de-la-nouvelle-france\/wp-content\/themes\/nouvelle-france-responsive\/maps\/fr\/dulhut-1678-1679\/Dulhut_1678-1679_fr.jpg\" title=\"Dulhut 1678-1679\" alt=\"Dulhut 1678-1679\" \/>\r\n            <\/canvas>\r\n            <canvas id=\"dulhut16781679Canvas2\" width=\"570\" height=\"365\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:2\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"dulhut16781679Canvas3\" width=\"570\" height=\"365\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:3\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"dulhut16781679Canvas4\" width=\"570\" height=\"365\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:4\"><\/canvas>\r\n            <canvas id=\"dulhut16781679Canvas5\" width=\"570\" height=\"365\" style=\"position:absolute;left:0;top:0;z-index:5\"><\/canvas>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"mapbutton-wrap\" style=\"width:570px;\">\r\n        <button class=\"mapbutton\" style=\"float: right\" onclick=\"dulhut16781679Reset();\">R\u00e9initialiser la carte<\/button>\r\n      <\/div>\r\n      <div class=\"clear\"><\/div>\r\n    \n<h2>Les fourrures de l&rsquo;Ouest<\/h2>\n<p>Daniel Greysolon Dulhut d\u00e9barque \u00e0 Qu\u00e9bec vers la fin de l&rsquo;ann\u00e9e 1674. Il n&rsquo;a alors ni fonction ni mission officielle apparente ni relations politiques connues. \u00c9tabli \u00e0 Montr\u00e9al au d\u00e9but de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1675, il loue d&rsquo;abord une maison meubl\u00e9e mais on lui construit plus tard une maison en pierre Les actes notari\u00e9s enregistr\u00e9s au cours des trois ann\u00e9es suivantes indiquent qu&rsquo;il a v\u00e9cu en dilettante et nou\u00e9 des relations avec les principales familles de la ville.<\/p>\n<p>Dans un document adress\u00e9 au ministre Seigneley en 1682, Dulhut affirme qu&rsquo;\u00e0 son arriv\u00e9e dans la colonie, il \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9occup\u00e9 par les conflits franco-iroquois qui entravaient la bonne marche du commerce nord-sud des fourrures. Ayant observ\u00e9 la situation, il avait conclu qu&rsquo;il \u00e9tait urgent, pour la Nouvelle-France, d&rsquo;\u00e9tablir des relations commerciales avec les tribus vivant \u00e0 l&rsquo;ouest des Grands Lacs.<\/p>\n<h2>Le voyage secret<\/h2>\n<p>Le 1er septembre 1678, Daniel Greysolon Dulhut, sept Fran\u00e7ais et trois esclaves qui lui ont \u00e9t\u00e9 offerts, quittent secr\u00e8tement Montr\u00e9al \u00e0 destination du lac Sup\u00e9rieur. Le groupe emprunte la rivi\u00e8re Outaouais jusqu&rsquo;au lac Huron. Il va \u00abcabaner\u00bb \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e du lac, un peu d\u00e9pass\u00e9 le Sault Sainte-Marie. Son objectif, \u00e9crira Dulhut en 1682, est d&rsquo;amener les Sauteux \u00e0 \u00abfaire la paix avec toutes les nations du tour du lac Sup\u00e9rieur, qui vivent sous la domination de notre invincible monarque.\u00bb<\/p>\n<p>Pourquoi Dulhut doit-il se charger secr\u00e8tement d&rsquo;une mission d&rsquo;int\u00e9r\u00eat collectif? Trois motifs peuvent dicter cette discr\u00e9tion. D&rsquo;une part, une ordonnance royale du 15 avril 1676, interdisant \u00e0 quiconque \u00abd&rsquo;aller \u00e0 la traite des pelleteries dans les habitations des Indiens\u00bb, est toujours en vigueur. D&rsquo;autre part, il est probable que le gouverneur Louis de Buade de Frontenac soutienne l&rsquo;entreprise sans pouvoir le dire publiquement. Enfin, Dulhut part 14 jours avant le retour de Robert Cavelier de La Salle dans la colonie. Officiellement prot\u00e9g\u00e9 par le gouverneur, ce dernier d\u00e9tient un privil\u00e8ge d&rsquo;exclusivit\u00e9. En effet, il doit \u00eatre le seul Fran\u00e7ais \u00e0 explorer la partie ouest de l&rsquo;Am\u00e9rique du Nord comprise entre la Nouvelle-France, la Floride et le Mexique.<\/p>\n<h2>La paix de Dulhut<\/h2>\n<p>Les n\u00e9gociations entre Dulhut et le chef des Sauteux, ses premiers interlocuteurs, d\u00e9butent le 15 d\u00e9cembre 1678. Elles s&rsquo;ach\u00e8vent sur la promesse de participer \u00e0 une rencontre de paix avec les Sioux, qui dominent la totalit\u00e9 du lac Sup\u00e9rieur et sa vall\u00e9e. Dulhut consacre vraisemblablement le reste de l&rsquo;hiver \u00e0 troquer de la pacotille contre des fourrures. Au cours de l&rsquo;\u00e9t\u00e9 1679, il chemine vers l&rsquo;extr\u00e9mit\u00e9 ouest du lac, prenant possession des lieux o\u00f9 il s&rsquo;arr\u00eate. Explorant les villages sioux diss\u00e9min\u00e9s dans la r\u00e9gion du lac Buade (Mille-Lacs), il se rend peut-\u00eatre jusqu&rsquo;aux chutes Saint-Antoine (Minneapolis, Minnesota).<\/p>\n<p>Le 15 septembre, les repr\u00e9sentants des deux nations se retrouvent sur le site de l&rsquo;actuelle ville de Dulhut (Minnesota). La paix doit \u00eatre durable et l&rsquo;alliance avec les Fran\u00e7ais assez forte pour que Sioux et Sauteux r\u00e9servent la totalit\u00e9 de leurs fourrures aux Fran\u00e7ais. \u00abJe crus,\u00bb \u00e9crit Dulhut, \u00abne mieux pouvoir cimenter (l&rsquo;alliance) qu&rsquo;en faisant des mariages r\u00e9ciproques des nations les unes avec les autres, ce que je ne pus ex\u00e9cuter sans beaucoup de d\u00e9pense.\u00bb. Au cours des mois qui suivent, Dulhut charme ses alli\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 \u00abune grande d\u00e9pense de pr\u00e9sents\u00bb, des excursions de chasse et des festivit\u00e9s communes.<\/p>\n<h2>Le sauvetage de Louis Hennepin<\/h2>\n<p>Les entretiens de Daniel Greysolon Dulhut avec des Autochtones du lac Sup\u00e9rieur l&rsquo;ont instruit sur l&rsquo;existence de la mer de l&rsquo;Ouest ou mer Vermeille. Des compagnons de Dulhut ont vu du sel provenant de cette mer situ\u00e9e \u00e0 une vingtaine de jours de distance du lac Sup\u00e9rieur.<\/p>\n<p>Dulhut veut trouver cette mer qui serait, en fait, le lac Sal\u00e9 (Salt Lake, Utah). Il part donc, au printemps 1680, avec deux canots et cinq hommes. Le 25 juin, ayant atteint le Mississippi par la rivi\u00e8re Sainte-Croix, l&rsquo;explorateur apprend que trois compagnons de Cavelier de La Salle, soit le r\u00e9collet Louis Hennepin et \u00abdeux autres fran\u00e7ais, avaient \u00e9t\u00e9 vol\u00e9s et men\u00e9s en esclave\u00bb par les Sioux.<\/p>\n<p>La recherche du Pacifique tourne court. Dulhut et ses compagnons descendent le Mississippi en direction sud, jusqu&rsquo;aux environs de la rivi\u00e8re Wisconsin. Dulhut ram\u00e8ne Hennepin et ses compagnons \u00e0 Michillimakinac. L&rsquo;itin\u00e9raire qu&rsquo;il emprunte est incertain, mais certains croient \u00e0 la logique d&rsquo;un retour vers l&rsquo;est par les rivi\u00e8res Wisconsin et aux Renards, puis par la baie Verte, o\u00f9 se trouvait la Mission Saint-Fran\u00e7ois-Xavier, et enfin par le nord du lac Michigan.<\/p>\n<h2>L&rsquo;\u00e9clipse<\/h2>\n<p>Dulhut est \u00e0 Michillimakinac quand il apprend qu&rsquo;il est l&rsquo;objet de calomnies \u00e0 Qu\u00e9bec et \u00e0 Montr\u00e9al. Les commer\u00e7ants sont frustr\u00e9s par l&rsquo;ascendant personnel qu&rsquo;il a acquis dans l&rsquo;ouest, et l&rsquo;intendant Jacques Duchesneau n&rsquo;h\u00e9site pas \u00e0 l&rsquo;accuser de commercer avec les Anglais et d&rsquo;\u00eatre le chef des traiteurs qui refusent de se soumettre \u00e0 l&rsquo;ordonnance de 1676.<\/p>\n<p>Il quitte donc Michillimakinac le 29 mars 1681 pour se rendre \u00e0 Qu\u00e9bec. Alors que Duchesneau refuse de le recevoir et d&rsquo;entendre ses explications, Frontenac le prot\u00e8ge et l&rsquo;incite \u00e0 se rendre en France pour y plaider sa cause et demander que lui soit accord\u00e9e la propri\u00e9t\u00e9 d&rsquo;un poste qu&rsquo;il \u00e9tablirait sur le lac Sup\u00e9rieur. Parti \u00e0 l&rsquo;automne 1681, il revient un an plus tard. Il n&rsquo;a pas obtenu ce qu&rsquo;il demandait et Cavelier de La Salle a profit\u00e9 de son absence pour noircir sa r\u00e9putation. Quant \u00e0 sa carri\u00e8re d&rsquo;explorateur, elle ne peut gu\u00e8re progresser : Louis XIV vient tout juste d&rsquo;exprimer des doutes sur la valeur des explorations sur le continent et il veut les restreindre \u00e0 celles commenc\u00e9es par \u00able sieur De la Salle jusqu&rsquo;\u00e0 l&#8217;embouchure de ladite rivi\u00e8re de Mississippi\u00bb<\/p>\n<h2>Le strat\u00e8ge militaire<\/h2>\n<p>En 1683, sachant d\u00e9j\u00e0 qu&rsquo;il ne jouira jamais du titre de seigneur du lac Sup\u00e9rieur, Daniel Greysolon Dulhut accepte de reprendre son r\u00f4le de pacificateur dans cette r\u00e9gion. Fort d&rsquo;un mandat de trois ans octroy\u00e9 par le gouverneur Le Febvre de La Barre, Dulhut quitte Montr\u00e9al au mois d&rsquo;avril 1683. Sa mission s&rsquo;ins\u00e8re dans la strat\u00e9gie globale de La Barre. Tout en voulant faire la paix avec les Iroquois, celui-ci veut renforcer l&rsquo;alliance des Fran\u00e7ais et des tribus de l&rsquo;ouest. Il veut \u00e9galement convaincre les Sauteux, les Sioux et les tribus du nord, de ne pas vendre leurs fourrures aux Anglais, qu&rsquo;ils viennent de l&rsquo;est ou de la baie d&rsquo;Hudson.<\/p>\n<p>Sous l&rsquo;ambassadeur, c&rsquo;est le militaire qui rena\u00eet. Pour emp\u00eacher les ennemis de la Nouvelle-France d&rsquo;atteindre le Michigan, il fait fortifier Michillimakinac. Du c\u00f4t\u00e9 du lac Sup\u00e9rieur, la construction des forts Kaministiquia (fort Williams), La Manne et La Tourette, vient bloquer l&rsquo;acc\u00e8s au lac Nipigon, \u00e0 la rivi\u00e8re Albany et \u00e0 la baie d&rsquo;Hudson. En 1686, sur les ordres de Jacques Brisay de Denonville, successeur de La Barre, il se d\u00e9place vers le d\u00e9troit qui relie les lacs \u00c9ri\u00e9 et Huron et il y fait \u00e9riger le fort Saint-Joseph.<\/p>\n<h2>Le brave soldat<\/h2>\n<p>Jusqu&rsquo;au printemps 1689, ann\u00e9e o\u00f9 il est rappel\u00e9 dans la colonie, Daniel Greysolon Dulhut s&rsquo;acquitte de la t\u00e2che qui consiste \u00e0 veiller \u00e0 ce que l&rsquo;autorit\u00e9 de la Nouvelle-France sur les Grands Lacs ne soit pas disput\u00e9e. Par la suite, \u00e0 l&rsquo;exception d&rsquo;un fait d&rsquo;armes contre les Iroquois au lac des Deux-Montagnes et d&rsquo;un s\u00e9jour de quelques mois au fort Frontenac en 1695, il m\u00e8ne une existence tranquille \u00e0 Montr\u00e9al.<\/p>\n<p>Malade de la goutte depuis plusieurs ann\u00e9es, il meurt dans cette ville, dans la nuit du 24 au 25 f\u00e9vrier 1710, en l\u00e9guant une partie de sa fortune \u00e0 la famille du tanneur Charles Delaunay qui en prenait soin. Sa r\u00e9putation d&rsquo;honn\u00eate homme et de brave soldat n&rsquo;a jamais \u00e9t\u00e9 d\u00e9mentie.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Militaire de carri\u00e8re, Daniel Greysolon Dulhut na\u00eet vers 1636 \u00e0 Saint-Germain-de-Laval, pr\u00e8s de Lyon. Fils de Claude Greysolon et de Marie Patron, il appartient \u00e0 la noblesse fran\u00e7aise. 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