Contexte

À propos de la collection

Le mobilier ancien du Canada, par sa richesse et sa diversité, est un reflet unique de la vie des colons s’étant établi sur le territoire du début des années 1700 au début des années 1900. Des immigrants venus de France, d’Angleterre, d’Écosse, d’Irlande, des États-Unis (dont plus de 50 000 loyalistes ayant fui la Révolution américaine), d’Allemagne et d’autres régions d’Europe ont élu domicile au Canada. Leur identité culturelle a été préservée par la vastitude du territoire sur lequel ils étaient répartis, des côtes atlantiques aux rives des Grands Lacs, et l’absence d’une structure de gouvernance centrale forte.

La célébration du centenaire de la Confédération, en 1967, a fait naître un nouvel intérêt pour le mobilier ancien. À la différence d’autres domaines d’intérêt historique national – comme l’archéologie, l’art et les artefacts des Premières Nations –, l’ameublement avait jusque-là suscité peu d’études. Les Canadiens ne pouvaient compter que sur de rares publications ou collections publiques pour se renseigner. Le centenaire a attisé notre sentiment d’identité collective et engendré une vague d’activités visant à identifier et à comprendre notre histoire matérielle. Une nouvelle génération de collectionneurs et de marchands a rapidement repoussé les limites du savoir. De nouvelles publications et divers moyens ont permis de cerner et d’étoffer la base de connaissances, et le groupe de personnes intéressées s’est accru et a resserré ses liens.

La collection John et Heather Harbinson a été réunie entre 1967 et les années 1990. L’objectif des collectionneurs était de rassembler des pièces qui, individuellement et collectivement, pourraient jouer un rôle important dans l’étude et l’interprétation des origines de la population du Canada et de l’histoire de notre patrimoine matériel. Le collectionnement reposait sur trois critères : a) la qualité du design – comment l’esthétique, les influences culturelles, la fonction et la structure se mariaient dans le produit final; b) l’état de conservation – les pièces devaient être essentiellement intactes et aussi peu modifiées que possible; et c) la provenance – s’appuyant sur la documentation des fabricants et des propriétaires ainsi que sur le contexte social et la fonction.

La plupart des objets de la collection ont été fabriqués par des artisans de talent, ou sous leur gouverne, à une époque où leur art n’était pas encore affecté par la mécanisation et la fabrication centralisée qui ont eu cours à compter du milieu des années 1800.

À l’aube de leur retraite, les Harbinson ont contacté le Musée canadien de l’histoire quant à la possibilité d’y loger leur collection. Ils souhaitaient la partager avec l’ensemble de la population et qu’elle devienne un moyen de renforcer notre identité nationale en permettant une meilleure compréhension et une meilleure appréciation de notre histoire matérielle et sociale.