Le choix du conservateur : un aperçu de la salle des Premiers Peuples en compagnie de Jean-Luc Pilon

Patricia Corrigan

À l’occasion de la Semaine de l’histoire qui s’est tenue du 1er au 7 juillet, nous avons proposé aux visiteurs un programme spécial intitulé « Le choix du conservateur », qui consistait en plusieurs « mini-visites » commentées permettant ainsi d’explorer le passé grâce à certains des principaux artefacts et espaces du Musée.

Jean-Luc Pilon, Ph. D.

Jean-Luc Pilon, Ph. D., présente quelques-uns des principaux artefacts et espaces de la salle des Premiers Peuples.

Jean-Luc Pilon, conservateur, Archéologie centrale, a animé une visite de la salle des Premiers Peuples, qui met en évidence la diversité, la créativité, l’ingéniosité et la détermination des Premières Nations, des Métis et des Inuits du Canada.

Membre de l’équipe de conception de la salle des Premiers Peuples, M. Pilon était donc particulièrement bien placé pour donner un aperçu exclusif de l’approche adoptée par le Musée pour présenter une exposition qui témoigne de la richesse culturelle des Premiers Peuples du Canada.

Dans son exposé, M. Pilon a fait mention des quatre « piliers » sur lesquels reposait le concept à l’origine de la salle des Premiers Peuples. Le « lien ancien et continu avec la terre » qu’entretiennent les Premiers Peuples est l’un de ces piliers, comme l’a expliqué le conservateur en attirant l’attention sur quelques artefacts présentés dans le module sur les baleiniers de l’Arctique.

Une maison a été construite à partir du squelette d’une baleine boréale

Une maison a été construite à partir du squelette d’une baleine boréale. Cette habitation est très différente de celles habituellement associées aux régions nordiques du Canada, soit de ces abris de neige que l’on appelle « iglous ». En réalité, la plupart des Inuits n’habitaient pas dans des iglous. L’été, ils vivaient surtout dans des tentes en peaux. L’hiver, ils s’abritaient dans des maisons à ossature en bois de dérive ou en os de baleine.

Dans ce module, les visiteurs peuvent voir une maison construite à partir du squelette d’une baleine boréale. Ce type de squelette fournissait la structure idéale pour abriter une famille. Le crâne faisait office d’entrée, au-dessus du sas thermique qui gardait l’air froid à l’extérieur de l’espace vital et aidait à isoler l’abri. Les familles habitant ces maisons y pénétraient par le crâne de la baleine, puis arrivaient dans un espace protégé par la charpente en squelette, où elles profitaient des douceurs et de la chaleur de leur foyer. Ces familles inuites vivaient littéralement dans la baleine.

Mais imaginez un instant l’ampleur de la tâche que représentait la capture d’une baleine pour se nourrir et s’abriter. Les baleines boréales sont particulièrement imposantes. « Comment trouve-t-on le courage de chasser un animal de 40 tonnes? », a demandé le conservateur aux visiteurs qui l’accompagnaient.

Les chasseurs des régions arctiques qui s’attelaient à cette tâche croyaient que l’impressionnant animal n’accepterait de se sacrifier que s’ils apaisaient son âme. Aussi éprouvaient-ils un profond respect pour les baleines, jusqu’à les vénérer. Et ils se sentaient redevables à l’animal qui s’était laissé capturer.

seau de cérémonie

Ce seau de cérémonie en fanon est orné de symboles de baleine sculptés dans de l’ivoire. Les fanons sont des lames semblables à des brosses de poil dur qui garnissent les mâchoires des baleines s’alimentant de plankton.

Parmi les nombreux artefacts du module sur les baleiniers de l’Arctique qui font foi de la révérence à l’égard des baleines figure un seau de cérémonie en fanon orné de symboles de baleine sculptés dans de l’ivoire de morse. Comme les baleines vivent en eau salée, les Inuits croyaient qu’elles avaient toujours soif. Après la capture, ils remplissaient le seau d’eau douce, qu’ils offraient à boire à la baleine, tandis qu’ils la tiraient sur le rivage. La baleine recevait ainsi, pour la première fois, une eau fraîche et douce, en guise de reconnaissance de son sacrifice. Ce remerciement respectueux était aussi fait dans l’espoir d’un nouveau sacrifice.

Il ne s’agit là que de deux des artefacts présentés par M. Pilon pour montrer l’importance des relations immémoriales et constantes entre les Premiers Peuples et la terre. Pour en voir d’autres, visitez l’exposition virtuelle sur les Premiers Peuples du Canada.

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