Poussière et vibrations : attention!

Rebecca Latourell

L’équipe de Gestion des collections et conservation du Musée canadien de l’histoire est chargée de la préservation, de l’entretien et du traitement des artefacts qui composent la collection. Concrètement, il ne s’agit pas seulement d’assurer la stabilisation ou la restauration des artefacts, mais aussi d’appliquer des mesures de prévention telles que la surveillance et l’évaluation de différents facteurs environnementaux (p. ex. température, humidité relative, luminosité) et de leurs effets sur la collection.

Le démontage de la salle du Canada et l’aménagement de la salle de l’Histoire canadienne posent des défis particuliers en matière d’entretien d’objets, qu’il s’agisse de ceux qui sont retirés de la salle ou de ceux qui resteront exposés partout dans le Musée pendant les travaux.

À titre de conservateurs de la collection, nous avons pris part aux préparatifs nécessaires à l’aménagement de la salle de l’Histoire canadienne. Ce faisant, deux principales sources de préoccupation ont été identifiées, soit l’augmentation de la quantité de poussière et les risques de vibration résultant des travaux de construction. Certes, la poussière et les vibrations font partie de la réalité quotidienne d’un musée : un visiteur qui se promène dans une galerie causera inévitablement un certain effet de vibration, et chacun sait à quel point la présence de la poussière nécessite un combat de tous les instants, même à la maison! Alors en ajoutant des travaux de construction à l’équation, il est logique de penser que, forcément, les vibrations et la quantité de poussière augmenteront.

En septembre 2014, avec l’aide de Paul Marcon, de l’Institut canadien de conservation, et d’équipement spécialisé emprunté à l’Institut, nous avons mesuré un ensemble de données de référence liées à l’amplitude des vibrations dans le Musée, qu’il s’agisse de vibrations causées par le mouvement des visiteurs dans les salles d’exposition, par les installations techniques de l’édifice, etc. Ces données de référence ont par la suite été comparées avec celles recueillies durant une simulation des travaux.

Paul Marcon et Rebecca Latourell installant le logiciel Innometer.

Paul Marcon et Rebecca Latourell installant le logiciel Innometer.

Un soir, après la fermeture du Musée, l’entreprise de construction qui travaillait sur place a enlevé de petits fragments du plancher de la salle du Canada au moyen d’un gros marteau-piqueur. L’amplitude des vibrations qui en a résulté a été mesurée à partir de nos aires d’expositions temporaires situées un étage plus bas. Nous voulions voir à quel point les vibrations causées par des travaux effectués à l’étage supérieur pouvaient se propager aux artefacts exposés. Une vibration intense peut faire bouger les artefacts dans leur vitrine et ainsi les faire s’entrechoquer ou même les faire tomber. Dans tous les cas, les vibrations peuvent causer des dommages.

En nous basant sur les normes élaborées par l’industrie minière, nous en avons conclu que l’ampleur des vibrations mesurée était assez faible, et donc que les risques de vibrations causées par les travaux de construction ne menaçaient pas les artefacts. Nous avons néanmoins choisi d’établir un seuil acceptable de vibrations, et nous exerçons une surveillance constante des lieux pour nous assurer que tout nouveau procédé ou équipement utilisé durant les travaux ne produit pas de vibrations au-delà de la limite établie.

Aperçu du logiciel Innometer

Aperçu du logiciel Innometer

Qu’en est-il de la poussière? Lisez la deuxième partie de notre billet pour découvrir comment nous nous attaquons à cette source de problèmes.

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