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Une éruption volcanique à Théra (Santorin)
Vue aérienne de Santorin
Vue aérienne de Santorin
Courtesy MacGillivray Freeman Films

En 1646 av. J.-C., une immense éruption volcanique, possiblement une des plus grandes que l'être humain ait jamais connues, a lieu à Théra (actuellement Santorin), une île de la mer Égée située près de la Crète. L'explosion, qu'on estime équivalente à environ 40 bombes atomiques, soit environ 100 fois plus forte que l'éruption qui a détruit Pompéi, fait sauter l'intérieur de l'île, transformant à jamais la topographie. Elle aura fait quelque 20 000 victimes. Tout comme Pompéi plusieurs siècles plus tard, une ville de Théra, connue sous le nom de Akrotiri, est ensevelie sous une couche épaisse de cendres et de pierres ponces.

Pendant plus de 3500 ans, cette ville ancienne de l'âge du bronze reste cachée — un des nombreux secrets du passé que détient la Grèce. Puis, comme il arrive souvent dans le cas de sites du patrimoine, la ville d'Akrotiri est découverte accidentellement. Des ouvriers extraient la ponce pour la production de ciment qui sera utilisé dans la construction du canal de Suez, et ils découvrent des murs de pierre en plein milieu de leur carrière. Il s'agit des vestiges de la ville tombée dans l'oubli. Des archéologues venus de la France, puis de l'Allemagne, font des fouilles préliminaires pendant la deuxième moitie du XIXe siècle, mais on n'entreprend pas de fouilles systématiques qu'en 1967. Sous les auspices de la Société archéologique d'Athènes, Spiridon Marinatos commence à exhumer les vestiges de la ville ancienne. Ce n'est pas facile. Les bâtiments qui se trouvent sous les décombres ont deux ou trois étages, et les matériaux de construction (bois et argile) ont subi les effets de tremblements de terre, d'incendies et du temps. Il faut donc procéder lentement et avec prudence. Le site fait l'objet de fouilles depuis quarante ans environ, et ces dernières se poursuivront fort probablement pendant plusieurs années.

Scattered pottery from the Akrotiri site (Thera/Santorini)
Morceaux de poterie d'Akrotiri (Théra/Santorin)
Copyright: Thomas Sakoulas, Ancient-Greece.org
Used by permission of Ancient-Greece.org © 2001-2006

Le site révèle des choses surprenantes. Ce qui est le plus étonnant, c'est qu'Akrotiri ne recèle pas de restes humains, contrairement à Pompéi et à Herculanum, où les victimes ont trouvé la mort alors qu'elles vaquaient à leurs occupations. De toute évidence, les habitants d'Akrotiri ont commencé à réparer leurs habitations, qui avaient probablement été légèrement endommagées par un séisme ou l'activité volcanique. Cependant, avant l'éruption majeure, au moins certains d'entre eux ont eu le temps de rassembler leurs objets de valeur et de partir avec leurs familles. D'énormes récipients d'argile et de grands meubles ont été abandonnés, mais il semble évident que la plupart des gens se sont sauvés, ont été ensevelis ailleurs ou ont été emportés par le tsunami qui a peut-être accompagné une éruption d'une telle force.

On n'a pas trouvé de vastes quantités d'or, d'argent ou de bronze à Akrotiri, au moins pas les quantités qu'on s'attendrait à trouver si les habitants avaient été pris au dépourvu. Mais ces derniers ont laissé un legs visuel splendide dont une grande partie se trouve en morceaux, que Christos Doumas et ses collègues rassemblent minutieusement. Ayant été protégées par une couche de cendres, les fresques spectaculaires d'Akrotiri sont exceptionnellement bien préservées, et il est possible d'établir dans quelles pièces elles se trouvaient à l'origine. Les peintures fournissent beaucoup d'information visuelle qu'il faut analyser minutieusement : une flottille et ses équipages, qui permet de connaître le gréement des navires, l'habillement des marins et ce que ces derniers avaient comme outils et armes; des habitants de la ville vaquant à leurs occupations, cueillant des fleurs, faisant des offrandes religieuses; deux pêcheurs nus portant des poissons suspendus à des fils; des garçons boxant, etc.

Deux garçons boxant pour le plaisir, détail d'une peinture murale d'Akrotiri
Deux garçons boxant pour le plaisir, détail d'une peinture murale d'Akrotiri
Copyright: Thomas Sakoulas, Ancient-Greece.org
Used by permission of Ancient-Greece.org © 2001-2006

Les historiens essaient depuis des années de préciser la date de l'éruption majeure à Théra. L'analyse du carbone 14 et la dendrochronologie (l'étude des anneaux de croissance des troncs d'arbres) avaient permis de cerner la période, mais ni l'une ni l'autre de ces méthodes ne permettait de confirmer l'année. Puis, grâce au perfectionnement des méthodes de datation de carottes de glace, on a précisé l'année — 1646 av. J.-C.

La plupart des historiens avaient situé l'éruption un siècle plus tard. (Les carottes extraites de la calotte glaciaire du Groenland indiquent la variation saisonnière de la même façon que les anneaux de croissance des arbres. Les neiges d'hiver créent des bandes annuelles dans lesquelles l'activité atmosphérique est enregistrée. On a donc pu confirmer que l'éruption volcanique à Théra a eu lieu en 1646 av. J.-C. Aujourd'hui, le carottage de la glace permet d'étudier une période de 200 000 ans environ, et on continue à perfectionner la méthode pour pouvoir remonter encore plus loin dans le passé.)