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IntroductionS'amuser en familleLiensCrédits
La vie quotidienne

À l'âge d'or de la Grèce, la vie quotidienne varie, tout comme aujourd'hui, selon la situation économique de la famille, mais d'autres facteurs jouent un rôle aussi, notamment la guerre et le type de gouvernement. Pour mieux comprendre cela, voici deux exemples desquels on peut tirer des conclusions générales.

A. La vie d'un garçon issu d'une famille aisée qui vit à Athènes à l'époque de Périclès

L'avantage d'être un garçon, plutôt qu'une fille, devient tout de suite évident à la naissance. Il est très important d'avoir un héritier mâle, quelqu'un qui puisse assurer la continuité de la lignée et du patronyme, qui prendra soin de son père quand ce dernier sera âgé et remplira les obligations religieuses qui assureront son bien-être dans l'au-delà. C'est le père qui décide si le nouveau-né vivra ou s'il sera abandonné, mis dehors dans un récipient d'argile qui lui servira de cercueil. Si on le garde — comme la plupart des garçons, sauf en cas de siège ou de grandes difficultés économiques — on lui donne un nom, et il devient membre de la communauté. Dorénavant, le père n'aura pas le droit de se débarrasser de l'enfant. (Les nouveau-nées ont moins de chance, « un grand nombre » d'entre elles étant laissées dehors pour mourir, selon des sources anciennes.)

C'est également le père qui décide comment le garçon sera élevé et instruit, certains préférant l'instruction à domicile et engageant parfois un précepteur. (Le roi Philippe engage Aristote comme précepteur et mentor de son fils, Alexandre le Grand.) Les enfants ont divers jouets (hochets, balles, chars miniatures, bateaux en bois, maisons d'argile, figures d'animaux comme des cochons, des chèvres, etc.) et peut-être quelques animaux de compagnie (chiens, canards, souris, et même des insectes).

Le programme d'études comprend la lecture, l'écriture, les mathématiques, l'éducation physique et la musique. Pour les Grecs de l'Antiquité, un bon programme d'études doit inclure la musique, et les élèves apprennent à chanter et à jouer de divers instruments. Le maître d'école et le professeur de musique donnent les cours chez eux, plutôt que dans des écoles construites par l'État. L'État accorde de l'importance à l'éducation et s'y intéresse, mais il n'offre pas d'instruction; c'est une initiative privée. Les œuvres d'Homère jouent un rôle important dans le programme d'études, étant une source d'inspiration pour les cours qui traitent de la morale ou de la religion. Elles servent de guide d'une vie saine, tandis que les écrits d'Hésiode et de Solon sont considérés comme secondaires.

À l'âge de 18 ans, le jeune Athénien est prêt à faire son service militaire. Depuis l'âge de 12 ans environ, il fait beaucoup d'entraînement physique, pratiquant divers sports : course, lutte, saut, et lancement du disque et du javelot. Nombre des techniques qu'on apprend en pratiquant ces sports sont, bien sûr, utiles en temps de guerre.

B. La vie d'un jeune qui vit à Sparte à la même époque

Les Spartiates n'écrivent pas beaucoup. Ils ont une aversion pour les écrits littéraires, et le laconisme est considéré comme une caractéristique désirable. On ne peut donc connaître leur société qu'à travers le regard des autres. Quatre sources anciennes — Hérodote, Thucydide, Xénophon et Plutarque — offrent une grande partie de l'information que nous avons sur cette société très admirée et souvent crainte. L'austérité est une des principales caractéristiques du mode de vie spartiate, et elle est évidente dans les maisons, les possessions, les vêtements et même l'alimentation. Seules les personnes qui meurent sur le champ de bataille ou en accouchant ont droit à une pierre tombale, et ces dernières fournissent peu d'information. On fait aussi de modestes offrandes funéraires.

Selon l'historien Thucydide : « Si, par exemple, un jour Sparte était désertée et que seuls les temples et les fondations des bâtiments restaient, j'imagine que les gens de l'avenir lointain douteraient sérieusement que Sparte ait jamais été aussi puissante. » Aujourd'hui, on connaît les noms de 20 000 Athéniens et seulement quelques noms de Spartiates, et pour bien des gens, l'histoire de la Grèce antique est essentiellement l'histoire d'Athènes. Mais à son apogée, Sparte est l'État le plus puissant de la Grèce, trois fois plus grand que l'État d'Athènes et ayant sa part de citoyens riches. Et il exerce une domination sur ses citoyens du berceau à la tombe.

Cela commence à la naissance. C'est l'État, plutôt que le père, comme dans les autres cités grecques, qui décide si les garçons vivront ou mourront. Si le nouveau-né semble être en santé et vigoureux, on le garde; si non, on l'abandonne et on le laisse mourir. Sparte est un État militaire, presque toujours en guerre, et il lui faut une réserve de bébés robustes qui pourront être formés pour protéger aveuglement les intérêts de l'État. Une fois accepté par les autorités spartiates, l'enfant est élevé à la maison jusqu'à l'âge de sept ans. Il quitte alors sa famille et commence sa formation dans des écoles de l'État où il apprendra à obéir et à servir pour se préparer à une vie de service militaire qui durera jusqu'à l'âge de soixante ans.

Le programme d'études spartiate ne permet à l'élève d'acquérir que des compétences de base en lecture et en écriture. On met plutôt l'accent sur une formation qui sera utile au militaire; les jeunes apprennent à survivre, à vivre dans des conditions difficiles, à franchir des obstacles et à se débrouiller seuls en territoire ennemi. Les jeunes spartiates sont toujours pieds nus, ne portent qu'une grande cape, quel que soit le temps, et mangent peu. On les encourage à compléter leurs rations en volant de la nourriture, mais s'ils sont pris sur le fait, ils sont fouettés. Le fouet joue en fait un rôle important dans leur éducation.

À l'âge de vingt ans, le jeune spartiate est adulte. On le met alors dans un « groupe de repas » avec d'autres jeunes militaires. Il prendra tous ses repas avec ce groupe pour nouer des liens et développer la camaraderie qui est essentielle à la lutte des hoplites, où ils devront tous compter les uns sur les autres. Au cours de la prochaine décennie, il se mariera, mais il vivra à la caserne, plutôt qu'à la maison, jusqu'à l'âge de trente ans.

Les filles spartiates ont plus de liberté que leurs homologues dans les autres cités grecques. L'État veille à leur instruction, et leur mission première est d'avoir des enfants, surtout des garçons qui pourront devenir soldats. À cette fin, on nourrit bien les filles, et on les encourage à faire de l'exercice, à pratiquer divers sports. Les femmes spartiates peuvent également hériter et posséder des biens.