Expositions sur l'Esplanade


Jardin organique

Vers 2500 av. J.-C., les Mayas commencèrent à cultiver le maïs abandonnèrent le nomadisme pour s'éblir dans des villages entourés de champs de maïs. Avec la domestication du maïs et la captation de l'eau de pluie pour l'irrigation, tous les éléments étaient en place pour faire vivre une population maya en pleine croissance. Les agriculteurs mayas ont aménagé en terrasses les flancs de volcans, défriché les épaisses forêts, créé des champs surélevés dans les basses terres marécageuses et conservé l'eau dans des réservoirs dans la péninsule du Yucatán. Des canaux d'irrigation fournissaient l'eau, qui était transportée dans les champs dans des vases d'argile. On fertilisait les champs avec des sédiments et des plantes aquatiques ramassés dans les canaux, produisant ainsi un écosystème autonome.

Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18416

Les agriculteurs mayas défrichaient la jungle en abattant et brûlant la végétation, et leurs principales cultures se faisaient au cours de la saison des pluies, de mai à octobre. Dans les basses terres du Sud et sur les pentes des hautes terres bordant le Pacifique, on cultivait les milpas, ou champs de maïs, pendant quelques années, puis on les laissait en jachère durant 4 à 7 ans; dans les basses terres du nord, dans la péninsule du Yucatán, où la couche de terre est mince, on laissait reposer les champs de 15 à 20 ans. Les Mayas d'aujourd'hui cultivent toujours la terre comme l'ont fait leurs ancêtres pendant des siècles.

Le maïs jouait, dans l'économie maya, un rôle si important qu'il était considéré comme sacré et traité comme une déité. Le dieu du Maïs est une des grandes divinités de la religion maya. Chaque étape du cycle agraire était précédé par un rituel religieux. Le maïs continue d'être la pierre d'angle de la culture maya. Il assure la subsistance et donne à la vie quotidienne une signification spirituelle.

Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18417 Photo : Stephen Alsford; MCC D2004-18418 L'ORIGINE DU MAÏS

De minuscules épis de maïs de la dimension d'une pièce de dix cents ont été exhumés par des archéologues travaillant dans une grotte de la vallée de Tehuacén, au Mexique. Datant d'il y a 7000 ans, ces épis sont les plus anciens témoignages de l'existence de maïs sauvage dans le Nouveau Monde. Des recherches ont démontré que cette espèce ancienne de maïs est génétiquement apparentée à la variété domestiquée cultivée par les Mayas de la période classique.

Il y a 4000 ans, plusieurs variétés de maïs existaient. La culture du maïs s'est graduellement répandue vers le nord, jusqu'au Canada central, et vers le sud, jusque dans les Andes, en Amérique du Sud, permettant la transformation de sociétés de chasseurs et de cueilleurs en communautés agricoles. Le maïs est devenu une denrée de base et un important bien d'échange. L'accroissement du commerce a amené une plus grande richesse et favorisé la croissance des villes, qui sont devenues de grandes cités-États telles que celles de la civilisation maya classique.

Le maïs était la principale culture, mais les agriculteurs cultivaient aussi le haricot, la courge, et des arbres fruitiers. Les haricots noirs et rouges étaient source de protéine dans l'alimentation des Mayas. Ceux-ci cultivaient également une foule d'espèces différentes de courges et de citrouilles. Ils plantaient à proximité des villages des arbres à pain dont les feuilles servaient de fourrage pour les bêtes; la chair sucrée du fruit de l'arbre était délicieuse tandis que les graines pouvaient être mangées comme légume ou séchées et réduites en farine.

Outre ces grandes cultures, les Mayas faisaient pousser divers légumes tels que la tomate et le piment, et des fruits comme des avocats, des papayes, des bananes et des goyaves. Les graines des cacaoyers étaient à l'origine d'une boisson particulièrement appréciée par les classes régnantes, appelée xocoatl, ou chocolat. Les Mayas faisaient pousser de l'origan, de la vanille et du coriandre comme aromates. Ils cultivaient des plantes comme l'amarante, les tournesols et le panic parce que leurs graines étaient comestibles, mais ils faisaient aussi pousser d'autres plantes strictement ornementales (p. ex. des dahlias). Chaque foyer maya avait son propre jardin pour fournir sa cuisine. Les Mayas élevaient aussi des abeilles pour le miel, produisaient du coton que l'on filait et tissait, et extrayaient du sel, une marchandise des plus payantes.

Le tabac était cultivé à des fins multiples. On le fumait pour le plaisir ou, quand il était réduit en poudre et mêlé avec de la lime puis chiqué, il faisait essentiellement office de tabac à priser. Il servait de remède général pour bien des maux. D'ailleurs, les praticiennes de l'art médical et les sages-femmes étaient porteuses d'une blague à tabac qui annonçait leur fonction sociale. Le tabac était aussi brûlé en offrande aux dieux. Les Mayas croyaient qu'il avait des pouvoirs magiques et l'employaient donc à des fins divinatoires, pour provoquer des transes, ou comme talisman pour éloigner les mauvais esprits.

Ces cultures continuent d'être pratiquées par les Mayas vivant aujourd'hui en Méso-Amérique.

de gauche à droite :
(rangée du haut) courge, courge, citrouille, gourde, tomates du Chiapas, hélianthes,
(rangée du bas) amaranthus caudatus, amaranthus, tabac, agave, amaranthus, tithonia
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