2. Le King Wheat: le silo de la Saskatchewan
La Barrie A. and Deedee Wigmore Foundation de même que la Saskatchewan Wheat Pool (en anglais seulement) ont contribué généreusement à la réalisation de l'exposition Le King Wheat.

L'agriculture a dominé l'économie des Prairies jusqu'aux années 50 et en demeure un des piliers. Au début, le blé était la principale culture commerciale. Très vite, le «Manitoba Number One Northern», une variété de blé de force roux de printemps, introduite dans les années 1870, a été considéré comme le meilleur blé de meunerie à pain blanc. Cela a mérité aux Prairies leur réputation de «corbeille à pain du monde». Aujourd'hui, diverses cultures et des élevages de bétail, de même que diverses industries urbaines et d'exploitation des ressources constituent l'économie des Prairies.

Cette exposition présente une réplique grandeur nature d'un silo-élévateur des Prairies. L'extérieur est une reconstitution authentique du silo du Saskatchewan Wheat Pool de Melville (Saskatchewan), tel qu'on pouvait le voir à l'époque de la visite du roi George VI et de la reine Élisabeth en 1939. Souvent considéré comme symbole de la vie rurale dans l'Ouest, le silo disparaît rapidement du paysage des Prairies. C'est pourquoi des efforts sont déployés pour préserver cette architecture caractéristique.

L'intérieur du silo raconte plus généralement l'histoire de la vie économique et sociale des Prairies. On y met en lumière le rôle de mouvements coopératifs tels que le Saskatchewan Wheat Pool (syndicat du blé de la Saskatchewan), une compagnie constituée d'agriculteurs gérant un silo, qui a fini par devenir la plus importante coopérative de producteurs au monde. L'exposition présente une sélection d'œuvres d'art des Prairies (en reproduction) ainsi qu'une collection de sculptures du homesteader de la Saskatchewan Fred Moulding – œuvres d'art populaire qui illustrent des activités agricoles typiques des années 1920 et 1930.

On voit dans l'exposition également comment fonctionnaient les énormes silos en bois et comment se faisait le commerce du blé au cours des années 1920 et 1930, une histoire de prospérité et de débâcle. On a utilisé des pièces et des équipements authentiques qui proviennent d'élévateurs des Prairies et qui datent du début du XXe siècle pour montrer comment, grâce à la technologie des silos-élévateurs, on triait et hissait de façon efficace d'immenses quantités de grain

L'élément central de l'exposition Le King Wheat est une reconstitution réalisée à partir d'une photographie historique prise à l'occasion de la fondation de la Saskatchewan Wheat Pool le 26 juin 1924, alors que plus de 45 000 fermiers s'étaient engagés par voie de contrats à confier leurs récoltes de blé à la nouvelle coopérative agricole de commercialisation. Une vidéo relate les longues années de lutte que menèrent les fermiers afin d'obtenir des prix décents pour leurs produits ainsi que les courants politiques qui les amenèrent à se regrouper. Par ailleurs, des présentoirs expliquent les structures du commerce du blé et l'expansion de l'idéologie coopérative, qui contribua à définir la culture socio-politique des Prairies.

Une autre histoire tout aussi importante est celle de la vie de famille à la ferme durant ces années. Les visiteurs peuvent prendre place dans une cuisine rurale typique des années 1930 pour y voir une vidéo de 12 minutes qui décrit la région des Prairies, ses habitants et les liens qui existent entre la vie d'hier et d'aujourd'hui. La cuisine reproduite ici, avec son cabinet Hoosier d'ustensiles de cuisine, était le centre d'activité d'une demeure rurale typique dans les années 1930.

À signaler particulièrement, l'exposition d'objets sur la visite royale de 1939 et sur celle de la ville de Melville, un carrefour ferroviaire et un centre de service local dans une région axée sur la culture du blé.

Le plus gros objet de l'exposition est une voiture Ford modèle T 1926 transformée en camionnette d'une demi-tonne, un véhicule hybride qui était chose courante durant la période de dépression des années 1930. Alors que l'agriculture avait connu une période de prospérité dans les années 1920, peu de gens avaient les moyens de se payer des véhicules au cours de la décennie qui suivit, marquée par les sécheresses et le marasme économique. Peu à peu, les fermiers en vinrent à modifier eux-mêmes leurs véhicules, ajoutant habituellement des étages supplémentaires à la caisse des camions pour en accroître la capacité de chargement. Les restaurateurs de ce véhicule lui ont donné l'apparence qu'il aurait eue après avoir servi intensément durant 13 années.
© SMCC; photo : Harry Foster
   Silo-ÚlÚvateur et voiture Ford

La révolution industrielle ainsi que la croissance des villes d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord au XIXe siècle ont entraîné une hausse marquée de la demande de denrées vivrières. Ces facteurs furent à l'origine d'un développement rapide de l'agriculture dans les prairies tempérées du monde. On commença dès lors à pratiquer l'agriculture commerciale extensive dans les régions intérieures de l'Ouest du Canada, et le blé devint bientôt son principal produit d'exportation.

Dès les années 1900, la culture du blé était devenue le pivot de l'économie des Prairies et imprégnait tout le mode de vie propre à ces régions. L'exposition Le King Wheat est « située » à Melville, en Saskatchewan, une localité qui se développa parce qu'elle se situait à une intersection importante des voies du Grand Trunk Pacific Railway (qui allait être absorbé par ce qui deviendrait le Canadien National) et constituait un centre de services pour la grande région agricole environnante. Elle était de ce fait une importante destination pour l'acheminement des céréales et le foyer d'industries agro-alimentaires telles que minoteries, crémeries et couvoirs. La présence d'un hôpital, de plusieurs écoles, d'églises et de temples ainsi que les diverses activités culturelles et sportives qui s'y déroulaient attiraient à Melville de nombreux visiteurs et clients pour les commerçants. La prospérité commerciale que connut Melville en raison de l'économie céréalière est décrite en détail dans l'exposition.

Melville fut également un point d'arrêt de la célèbre visite du roi et de la reine au Canada en 1939. Les visiteurs pourront revivre ce moment historique grâce à des présentoirs montrant des photographies d'époque, des coupures de journaux, des programmes souvenirs et des objets de collection, de même qu'un téléphone couleur or qui a servi à bord du train royal.

La révolution industrielle ainsi que la croissance des villes d'Europe de l'Ouest et d'Amérique du Nord au XIXe siècle ont entraîné une hausse marquée de la demande de denrées vivrières. Ces facteurs furent à l'origine d'un développement rapide de l'agriculture dans les prairies tempérées du monde. On commença dès lors à pratiquer l'agriculture commerciale extensive dans les régions intérieures de l'Ouest du Canada, et le blé devint bientôt son principal produit d'exportation.

Dès les années 1900, la culture du blé était devenue le pivot de l'économie des Prairies et imprégnait tout le mode de vie propre à ces régions. L'exposition Le King Wheat est « située » à Melville, en Saskatchewan, une localité qui se développa parce qu'elle se situait à une intersection importante des voies du Grand Trunk Pacific Railway (qui allait être absorbé par ce qui deviendrait le Canadien National) et constituait un centre de services pour la grande région agricole environnante. Elle était de ce fait une importante destination pour l'acheminement des céréales et le foyer d'industries agro-alimentaires telles que minoteries, crémeries et couvoirs. La présence d'un hôpital, de plusieurs écoles, d'églises et de temples ainsi que les diverses activités culturelles et sportives qui s'y déroulaient attiraient à Melville de nombreux visiteurs et clients pour les commerçants. La prospérité commerciale que connut Melville en raison de l'économie céréalière est décrite en détail dans l'exposition.

Melville fut également un point d'arrêt de la célèbre visite du roi et de la reine au Canada en 1939 (voir La visite royale de 1939). Les visiteurs pourront revivre ce moment historique grâce à des présentoirs montrant des photographies d'époque, des coupures de journaux, des programmes souvenirs et des objets de collection, de même qu'un téléphone couleur or qui a servi à bord du train royal.

Cuisine    La pièce la plus importante dans la plupart des foyers des producteurs de céréales était la cuisine. C'était là que s'accomplissait une bonne partie des tâches domestiques.
© SMCC; photo : Harry Foster

détail

Les silos-élévateurs

Les silos-élévateurs en bois – symbole traditionnel des Prairies canadiennes – deviennent de plus en plus rares. En raison de la modernisation des transports et des techniques de construction, et de la disparition des subventions traditionnelles au transport des céréales, ceux-ci sont dorénavant remplacés par de gigantesques terminaux céréaliers.

Les premiers silos-élévateurs firent leur apparition dans les Prairies dans les années 1870, et près de 6000 furent construits dans les soixante années qui suivirent. Ces merveilles d'ingénierie étaient érigées le long des voies ferrées, à une distance variant de 11 à 18 kilomètres l'un de l'autre. Pratiquement chaque village des Prairies comptait un ou deux de ces silos-élévateurs, alors qu'il y en avait trois ou davantage dans les localités plus importantes. De nos jours, environ un millier de ces silos en bois sont encore en place.

Le silo-élévateur traditionnel était en fait un entrepôt à céréales vertical d'une capacité de 25 000 à 35 000 boisseaux. Les parois des compartiments de stockage étaient faites de madriers couchés horizontalement et superposés sur leur plus grande surface de façon à pouvoir supporter l'énorme pression des tonnes de céréales qu'on y entreposait. Des dispositifs de levage mécaniques et l'écoulement par gravité permettaient de décharger le grain, de le hisser aux étages supérieurs, de le distribuer dans les compartiments de stockage appropriés et, par la suite, de le décharger dans un wagon couvert.

Avec la commercialisation de l'agriculture, fermiers et petits entrepreneurs locaux se mirent à construire leurs propres silos-élévateurs aux styles et aux dimensions variés. En raison de l'essor des grandes entreprises de silos-élévateurs dans les années 1920, un modèle type s'imposa bientôt. Des équipes d'ouvriers se déplaçaient de village en village, érigeant ces bâtiments de bois avec une rapidité fabuleuse, au plus grand émerveillement des villageois.

Le silo-élévateur de la salle du Canada est une réplique du silo no 100 de la Saskatchewan Wheat Pool qui se trouvait à Melville, en Saskatchewan. Sa partie centrale comprend des mécanismes de levage authentiques qui ont été récupérés de bâtiments démolis ces dernières années, entre autres celui de Yellowgrass, en Saskatchewan. Parmi les pièces authentiques qui ont été incorporées à la réplique, on trouve un engin de levage mobile à courroie, des courroies et des godets d'élévateur, des goulottes de déversement et des montants d'élévateur, des grilles de plancher métallique, un appareil de pesage et divers outils.

IntÚrieur du silo    L'intérieur de la maquette d'un silo montrant les commandes principales de l'opérateur, et le déchargement du blé d'un camion (à droite) à l'intérieur du silo. Le silo est en fait un entrepôt vertical utilisé pour l'entreposage et la manutention du grain.
© SMCC; photo : Harry Foster

La Saskatchewan Wheat Pool

« La Saskatchewan Wheat Pool constitue la plus grande exploitation agricole au monde, la plus importante expéditrice de blé au monde, la plus grande entreprise commerciale du Canada – et c'est le laboureur qui lui a donné vie. »
– W.A. Irwin, 1929

à partir des années 1880, le blé devint en demande partout dans le monde, et sa production attira vers les Prairies canadiennes des milliers d'immigrants venant de l'Est du pays, de la Grande-Bretagne, de l'Europe centrale et de l'Europe de l'Est. Les prairies de la région furent rapidement transformées en terres de culture. Le blé était expédié au moyen d'un système de manutention des céréales contrôlé par les propriétaires des silos-élévateurs. Des pratiques déloyales suscitèrent la frustration et la colère parmi des agriculteurs comme William Motherwell, qui allait devenir ministre de l'Agriculture à la législature de la Saskatchewan et au gouvernement fédéral : « On ignore trop souvent aujourd'hui à quel point les gens ont failli recourir à la violence! »

Lorsque la Première Guerre mondiale éclata en 1914, la demande de blé atteignit un niveau sans précédent, et l'on consacra toutes les énergies possibles à cette culture. C'est à cette époque que fut établie, à titre de mesure de guerre temporaire, la Commission canadienne du blé afin de commercialiser toute la production du pays, ce qui eut pour effet de stabiliser pour la première fois les prix du blé. Avec la fin de la guerre et la dissolution de la Commission, la chute des prix entraîna une crise dans l'économie agricole. La puissante Bourse des céréales de Winnipeg s'apprêtait à reprendre le contrôle du marché du blé.

Des groupes comme l'Union des agriculteurs et la Saskatchewan Grain Grower's Association commencèrent à manifester leur opposition. Des membres influents comme A. J. MacPhail et Violet McNaughton estimaient que, pour apporter une solution au problème, les agriculteurs devaient mettre leur production en commun et se charger eux-mêmes de la mise en marché. Ils invitèrent le dynamique organisateur coopératif de la Californie Aaron Sapiro qui suggéra que les céréaliers signent des contrats de cinq ans visant la mise en commun de toute leur production. Il faudrait que ces engagements représentent au moins la moitié des superficies des terres consacrées au blé dans la province.

Discours, conférences et démarchage marquèrent la campagne menée au cours de l'année suivante. Le mouvement de recrutement officiel, qui avait débuté en mars 1924 à la suite de l'adoption d'une Loi du gouvernement de la Saskatchewan, prit fin le 26 juin de la même année. La Saskatchewan Wheat Pool (en anglais seulement) avait atteint l'objectif de 50 pour 100 des emblavures de blé de la province : 6 433 779 acres compris dans les contrats signés par 45 725 agriculteurs.

à l'approche de l'année de récolte 1924, les dirigeants de la Saskatchewan Wheat Pool eurent tôt fait de réaliser que la coopérative devait construire ses propres silos-élévateurs. Le silo-élévateur no 1 de la Saskatchewan Wheat Pool fut inauguré à Bulyea (Saskatchewan) le 1er juillet 1925. En 1930, la Saskatchewan Wheat Pool, qui avait construit ou acquis près d'un millier de silos-élévateurs, acheté deux terminaux à Lakehead et un autre à Buffalo, dans l'état de New York, était la plus importante coopérative de produits agricoles au monde.

En 1910, les agriculteurs des Prairies ont commencé à mettre sur pied des coopératives à l'échelle de la province pour expédier leurs grains vers les marchés. C'était un important point de départ pour l'évolution du mouvement des syndicats du blé des Prairies, né dans les années vingt. Les promoteurs du Saskatchewan Wheat Pool ont commencé à s'organiser en 1924. En l'espace d'un an, plus de 45 000 agriculteurs avaient signé des contrats d'adhésion à cette nouvelle coopérative de commercialisation.
© SMCC; photo : Harry Foster
   45 000 contrats

La visite royale de 1939

En tant qu'élite de la société britannique, la famille royale a toujours attiré l'attention des Canadiens. Ce fut particulièrement le cas en 1939, année de la visite du roi Georges VI et de la reine Élisabeth au Canada. C'était la première fois que des monarques britanniques régnants posaient le pied en terre canadienne et la perspective de cet événement souleva une effervescence d'activités civiques et de patriotisme partout au pays. Journaux et magazines n'en finissaient plus de présenter sous des couleurs séduisantes le roi, la reine et leurs enfants (les princesses Élisabeth et Margaret qui ne furent cependant pas du voyage). Cette visite offrait une rare occasion de voir les monarques en personne.

Le silo-élévateur de la salle du Canada est décoré de la même façon que lors du passage du couple royal le 3 juin 1939, et on peut y lire le message « Welcome to Their Majesties » (Bienvenue à Leurs Majestés). Ce jour-là, plus de 60 000 personnes s'étaient massées à Melville pour voir de leurs yeux le roi et la reine. Venus en automobile, en boghei tiré par un cheval et même en camion ouvert, la foule des curieux avait littéralement envahi la localité rurale de 3000 habitants. La visite, qui devait être un arrêt éclair de 10 minutes, fut allongée à une demi-heure compte tenu de l'importance de la foule.

La visite royale de 1939 avait été planifiée et organisée avec grand soin, mettant à contribution un grand nombre de ressources : la GRC, les forces armées, les deux compagnies de chemin de fer nationales, plusieurs ministères fédéraux, les gouvernements provinciaux et des municipalités d'un bout à l'autre du pays. On avait déployé des efforts sans précédent pour faire en sorte que le couple royal rencontre le plus grand nombre de Canadiens possible. La visite débuta à Québec où le roi et la reine débarquèrent le 17 mai. Ils traversèrent le Canada aller-retour en train et, après une visite à Washington, embarquèrent à Halifax pour l'Angleterre le 15 juin.

Inaugurée : le 10 juin 1999