Il y a 30 ans, par une soirée d’été chaude et humide à Atlanta, Donovan Bailey (1967-) est entré dans l’histoire en remportant une médaille d’or aux Jeux olympiques de 1996. Il a également établi un record mondial en courant l’épreuve du 100 mètres masculin en 9,84 secondes lors de la finale.
Avant les Jeux olympiques de 1996 à Atlanta, Bailey était le favori et le champion du monde en titre. Mais à l’approche de la course finale, la pression était forte. Il courait dans l’ombre du scandale de dopage de Ben Johnson. Avant les Jeux, il avait aussi parlé aux médias de l’existence du racisme au Canada et ses propos avaient été déformés dans Sports Illustrated. Une fièvre médiatique a accentué la tension déjà forte. Il a toutefois maintenu ce qu’il avait dit alors, et depuis.
Et bien sûr, Bailey a relevé le défi ce jour-là et remporté une victoire spectaculaire. Une semaine plus tard, il allait prendre part au relai 4×100 mètres masculin et de nouveau décrocher l’or.
La performance remarquable de Bailey s’inscrit dans l’histoire plus générale de la performance, du drame et des changements en athlétisme canadien. Pour souligner ce 30e anniversaire, voici cinq objets de la Collection de l’Ordre du sport du Musée canadien de l’histoire qui mettent en lumière les victoires de Bailey et d’autres jalons spectaculaires dans l’histoire de l’athlétisme canadien.
L’athlétisme change au fil du temps, que ce soit sur le plan des innovations en matière d’équipement ou d’inclusion et d’acceptation sociale.
Donovan Bailey portait ce maillot à la finale du 100 mètres masculin en 1996.
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Maillot gagnant
Le soir de la finale du 100 mètres masculin à Atlanta en 1996, huit athlètes étaient alignés aux blocs de départ. Donovan Bailey se trouvait dans la sixième piste, une position de choix. Il portait ce maillot.
Il y a eu non pas deux, mais trois faux départs dans la course. Linford Christie, le champion olympique en titre, a été disqualifié. Après un départ lent, Bailey a rattrapé le temps et la distance perdus. Dans des entrevues menées depuis, il a dit avoir su qu’il gagnerait la course dès le 70e mètre.
Les réactions ont été euphoriques dans tout le Canada. Aujourd’hui encore, bien des gens se souviennent de l’endroit où ils se trouvaient lorsque Bailey a gagné la course.
Earl Thomas portait ces chaussures de piste en cuir munies de crampons aux Jeux olympiques de 1920.
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Technologie de la chaussure
Earl « Tommy » Thomas (1895-1971) portait ces chaussures de piste en cuir lorsqu’il a remporté la médaille d’or au 110 mètres haies lors des Jeux olympiques de 1920 à Anvers. Il a couru en 14,8 secondes, établissant un record mondial.
Les chaussures de piste de Thomas avaient été fabriquées à la main pour lui à Londres (Angleterre), à l’aide d’une technologie alors nouvelle : la semelle avant de la chaussure était munie de six crampons résistants. Les crampons aidaient les athlètes à avoir une bonne adhérence sur le gravier dont les pistes étaient recouvertes à l’époque.
Les crampons de Thomas ont précédé les chaussures légères produites en série que nous connaissons aujourd’hui. Au cours du 20e siècle, l’évolution de la technologie de la chaussure allait donner naissance à une industrie de plusieurs milliards de dollars consacrée à aider les gens à courir plus vite.
Élargir l’accès aux compétitions olympiques
Myrtle Cook McGowan (1902-1985) a obtenu un diplôme olympique aux Jeux d’Amsterdam en 1928. Elle était la dernière relayeuse de l’équipe féminine de relais 4 x 100 mètres qui a remporté la médaille d’or.
C’est en 1928 que les femmes ont été autorisées pour la première fois à participer aux compétitions olympiques d’athlétisme. Cinq compétitions ont été ouvertes aux femmes : le 100 mètres sprint, le 800 mètres, le 4 x 100 mètres relais, le saut en hauteur et le lancer du disque.
C’est également cette année-là que le Canada a envoyé pour la première fois une équipe féminine aux Jeux olympiques d’été. Cook a été l’une des six femmes qui représentaient le Canada en athlétisme. Elle et ses coéquipières – Fanny Rosenfeld, Jean Thompson, Florence Jane Bell, Ethel Smith et Ethel Catherwood – ont été surnommées les « Six incomparables ». Une septième athlète, Margaret Lambert, a représenté le Canada en natation.
Ces femmes ont été célébrées en héroïnes à leur retour des Jeux olympiques. Plus de 200 000 personnes les ont accueillies à la gare Union de Toronto. Le sport est depuis longtemps un moyen pour les filles et les femmes d’occuper une plus grande place au sein de la société canadienne.
Diplôme obtenu par Myrtle Cook McGowan aux Jeux olympiques de 1928.
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Le supplice de la défaite
Si nous pouvons célébrer le triomphe d’une victoire, nous pouvons aussi nous souvenir des moments de déception.
Perdita Felicien (1980-) a vécu une expérience très humaine sur une énorme scène aux Jeux olympiques d’Athènes en 2004. Elle était la favorite pour la médaille d’or au 100 mètres haies féminin, mais son pied a touché la première haie en finale. Elle a chuté et a été disqualifiée.
Le Musée de l’histoire a interviewé Felicien dans le cadre du projet d’histoire orale Le Canada en mouvement, dont vous pouvez prendre connaissance ici. Elle a décrit la difficulté d’être connue comme « la fille qui est tombée ». Mais elle est aussi « la fille qui s’est relevée », elle qui a été deux fois athlète olympique, 10 fois championne nationale et première Canadienne à remporter une médaille d’or aux Championnats du monde d’athlétisme.
Le numéro de dossard de Perdita Felicien aux Jeux olympiques de 2000 était le 1313.
Photo du dossard, MCH 2021.37.2
Des roues sur la piste
Brent Lakatos (1980-) a porté des gants de course en fauteuil roulant comme ceux-ci lorsqu’il a gagné 13 médailles paralympiques, notamment des médailles d’or à Londres en 2012, Rio en 2016 et Paris en 2024.
Les compétitions paralympiques internationales font appel à un système de classification pour regrouper les athlètes en fonction des différents niveaux de capacité afin d’assurer des compétitions justes. Lakatos participe à diverses compétitions, notamment le 100 mètres, le 400 mètres et le 1 500 mètres dans la catégorie T53, ainsi que le 5 000 mètres T54.
Dans des entrevues, Lakatos attribue son succès au fait qu’il n’a pas peur de prendre des risques et d’expérimenter de nouvelles techniques et du nouvel équipement. Cette mentalité est le reflet d’une tradition beaucoup plus longue dans l’histoire de l’athlétisme : pour établir des records et améliorer leur performance, les athlètes doivent faire preuve de créativité et travailler fort.
Gants de course en fauteuil roulant de Brent Lakatos.
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Conclusion
La performance de Donovan Bailey qui lui a valu l’or en 1996 est l’un des grands moments dans l’histoire du sport au Canada. Elle s’ajoute à d’autres accomplissements mémorables de l’histoire de l’athlétisme et de la quête constante de Citius, Altius, Fortius (plus vite, plus haut, plus fort).