Main Menu

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire

Planifiez votre visite

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire – page 1

VERS LE MUSÉE VIRTUEL : PÉRIODE DE CRISE ET DE CHANGEMENT POUR LE TROISIÈME MILLÉNAIRE

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire

George MacDonald, Directeur exécutif, Musée canadien des civilisations
et Stephen Alsford, Agent de projets spéciaux, Musée canadien des civilisations

Discours-programme prononcé lors de la 54e assemblée annuelle de l’American Association for State and Local History, Omaha, le 30 septembre 1994

Le nouveau millénarisme

Au seuil du troisième millénaire, une période de crise attend en quelque sorte les établissements d’Amérique du Nord chargés d’interpréter l’histoire pour la population. La société qu’ils doivent servir subit des transformations subtiles, à mesure que la technologie informatique se répand au sein de la culture occidentale, modifiant notre expérience du monde situé au delà de notre environnement immédiat, ainsi que notre façon de l’explorer et d’interagir avec lui. Avec le fusionnement de l’informatique multimédia et des télécommunications à bande large, qui devrait se matérialiser au tout début du prochain millénaire (à peine à quelques années d’ici), la tendance croissante à faire l’acquisition d’expériences grâce à des représentations électroniques, ou simulations, de la réalité, devrait recevoir une impulsion formidable.

La plupart des établissements voués à la sauvegarde du patrimoine restent en marge de ces progrès, apparemment perplexes et incertains quant à la façon de réagir. Il faut transformer cette crise en défi et réagir d’une manière positive. Comme l’a déjà fait remarquer le président Kennedy, le mot «crise» est formé de deux caractères, en chinois : l’un signifie «danger» et l’autre, «occasion».

Les réseaux de bandes passantes sont devenus un champ de bataille de la démocratie, ce qui témoigne du rôle capital qu’ils seront appelés à jouer pour notre avenir. Les gouvernements, les organismes de recherche-développement, le secteur commercial et les groupes d’intérêt public tentent tour à tour d’influer sur la nature du NREN américain, de CANARIE, au Canada, ou des réseaux semblables dans d’autres pays. On se demande si leur accès sera libre ou restreint, s’il sera réglementé d’une manière rigide ou laxiste, s’ils incarneront la nouvelle distinction sociale entre l’abondance d’informations et la «ghettoïsation» de l’information, si leur utilisation sera réservée au pouvoir établi, ou s’ils demeureront, à l’instar d’Internet, le paradis de la contre-culture.

McLuhan faisait observer en 1957 que plus la culture prend un caractère technologique, plus la technologie devient culturelle. Avec l’augmentation rapide du nombre d’utilisateurs des réseaux actuels, on assiste à l’apparition de nouvelles terminologies et de nouveaux comportements sociaux, comme par exemple certains comportements «cyberpathologiques» des «junkies» de l’information.

  • L’ère de l’information a donné naissance à une expression dont nous sommes déjà tous saturés : «l’autoroute de l’information», ou «inforoute», pour lui préférer un terme plus concis.
  • Parmi les habitants de l’infocosme figurent notamment les pirates informatiques ainsi que les branchés des réseaux, les mordus de l’informatique et leurs semblables.
  • Les préoccupations au sujet de la connaissance des médias rivalisent avec celles que soulève l’alphabétisation.
  • On parle de redéfinir les habiletés de base en éducation (lecture, écriture et calcul) pour les remplacer par des habiletés pertinentes à un cadre d’apprentissage médiatisé par les télécommunications, c’est-à-dire les connaissances en informatique, l’esprit critique, la résolution partagée et les habiletés en communication.
  • Les musées, autrefois préoccupés par le «divertissement» de leur public, se soucient maintenant davantage de l’«interactivité».
  • Le signe le plus révélateur de cette évolution, pour un professionnel des musées, est peut-être que, si le mot «muse» évoquait autrefois les arts, les ferrés en informatique l’utilisent maintenant plutôt comme le sigle anglais d’«environnement multi-utilisateurs simulé» (Multi-User Simulated Environment, en anglais).

Grâce aux réseaux actuellement en place, aussi rudimentaire que puisse être la technologie à certains égards, on peut maintenant, à partir d’un ordinateur personnel ou de kiosques situés dans des lieux publics, accomplir les tâches suivantes :

  • acheter une vaste gamme d’articles
  • faire des commandes et payer des factures
  • effectuer des transactions bancaires ou d’autres opérations commerciales
  • envoyer et recevoir du courrier, ou converser presque en temps réel avec d’autres personnes autour du monde
  • jouer une partie de golf ou d’échecs contre des adversaires humains
  • s’abonner à des magazines électroniques
  • emprunter des ouvrages des bibliothèques électroniques, ou même avoir accès à des vidéothèques
  • participer à des assemblées communautaires ou à des congrès de professionnels
  • s’informer des activités locales ou des événements d’intérêt dans des destinations prévues.

Et beaucoup plus encore. Ces réseaux d’information ont indubitablement fait tomber les frontières géographiques, rassemblant dans des «collectivités virtuelles» des personnes ayant des intérêts communs mais venant d’endroits dispersés.

Cependant, la plupart des musées tardent à apprécier les possibilités qu’offrent l’utilisation accrue de l’ordinateur et l’expansion des réseaux pour faciliter l’accessibilité des informations sur le patrimoine à un public plus vaste. Fait ironique, bien qu’ils documentent et interprètent le changement, la plupart des musées ont du mal à suivre ceux qui se produisent au sein de leur public, actuel ou éventuel.

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire – Page 2

Répétition générale en vue de l’inforoute



Néanmoins, une somme considérable d’informations sur le patrimoine est déjà accessible grâce aux réseaux publics, et le secteur privé, c’est-à-dire les entreprises de télécommunications, les câblodistributeurs, les sociétés de services et de conseils en informatique ainsi que les conglomérats de médias, investissent à qui mieux mieux des milliards de dollars dans des fusionnements et dans l’élaboration d’une infrastructure multimédia interactive (MMI), dans l’espoir de retirer une part des billions de dollars prévus pour l’infomarché.

Ce niveau d’investissement provoque l’effondrement des obstacles technologiques. La question capitale ne porte pas tant sur les capacités de la technologie que sur son accessibilité dans les foyers. Nous voyons déjà apparaître des projets expérimentaux de construction domiciliaire, où les nouvelles maisons sont dotées d’ordinateurs et déjà pourvues de câbles, ou même de fibres optiques, permettant d’avoir accès aux nombreux services d’information, de transactions, de communications, d’éducation et de divertissement offerts par l’intermédiaire des réseaux.

La convergence des télécommunications et de l’informatique multimédia aura des incidences profondes sur les modes d’apprentissage et de participation à la société. L’explosion de l’informatisation survenue au cours des dix dernières années permet couramment de produire dans une forme lisible par une machine toute une gamme de ressources d’informations textuelles, allant des données brutes aux produits du savoir. Une portion non négligeable des archives historiques a été convertie dans cette forme.

Des efforts ambitieux ont été déployés, comme par exemple le projet Gutenberg, le projet American Memory de la Library of Congress et la présence sur Internet de projets comme MARVEL (pour Machine-Assisted Realization of the Virtual Electronic Library, ou réalisation assistée par machine de la bibliothèque électronique virtuelle), ainsi que le projet de la Communauté économique européenne visant à numériser un échantillon considérable de 30 milliards de livres qui viennent d’être classifiés dans toutes les bibliothèques d’Europe. Tout cela indique que le recensement numérisé du patrimoine humain risque d’être considérablement répandu sous peu.

La croissance phénoménale de l’utilisation d’Internet par un spectre de plus en plus large de la population témoigne de l’intérêt que suscite l’accès à l’information par voie électronique. On peut considérer Internet comme une répétition générale en prévision de l’inforoute du siècle prochain. Il existe actuellement 6 000 dépôts d’information du système Gopher (surtout des bases de données textuelles). Une nouvelle façon d’utiliser Internet, le World Wide Web, offre un accès hyperconnecté à des données de nature plus multimédia, incorporant des photos et des graphiques, et même de brefs extraits sonores et vidéo. Le taux d’utilisation de ce système augmente maintenant quatre fois plus vite que celui du système Gopher.

Les journaux et les magazines imprimés traditionnels ne réussissent pas à maintenir le nombre de leurs abonnés chez les jeunes adultes à revenu élevé, mais ce segment de la population est attiré par les journaux et les magazines en direct, ce qui dénote encore une fois les préférences de la population. Par exemple, le service Electronic Newstand Inc. compte 30 000 accès par jour aux quelque 80 magazines qu’il offre.

Les spécialistes de la recherche historique ayant accès à Internet disposent de diverses ressources :

  • des groupes de discussion sur quelque 200 sujets différents pouvant présenter un intérêt, dont une quarantaine offrent un intérêt particulier pour les historiens, allant de questions spécialisées comme des documents sur Einstein à des thèmes plus vastes, comme par exemple les recherches afro-américaines;

  • les catalogues de la plupart des grandes bibliothèques du monde entier ainsi que des bibliographies sur divers sujets, des instruments de recherche et l’index du fonds documentaire de certaines archives;

  • le texte intégral de nombreux livres, revues spécialisées, actes de colloques et documents historiques;

  • des rapports ou des bases de données provenant d’universités et d’importants organismes gouvernementaux ou quasi gouvernementaux, comme par exemple ICOMOS;

  • des photographies, des cartes et des illustrations historiques;

  • des données de recensements et d’autres statistiques démographiques.

Même l’amateur solitaire qui s’intéresse au patrimoine peut, grâce au système communautaire FreeNet, avoir accès à nombre de ces ressources. Par exemple, le Victoria Freenet comprend des données provenant des sources suivantes :

  • le British Columbia Archives and Records Service;

  • la Greater Victoria Public Library et certaines bibliothèques locales de la région;

  • le Royal British Columbia Museum;

  • la B.C. Museums Association et sa bibliothèque;

  • le catalogue de la collection du U’Mista Cultural Centre.
Ce réseau offre également un raccordement à Internet.

La présence des musées sur Internet demeure peu importante, comparativement à celle des bibliothèques, par exemple, dont l’automatisation, la gestion de réseaux et la collaboration commune en vue d’améliorer l’accès du public sont plus anciennes. Malheureusement, les musées demeurent essentiellement des établissements non connectés, alors qu’à l’ère de l’information, aucun établissement ne peut se permettre de l’être. Un certain nombre de musées offrent des données textuelles au moyen de serveurs Gopher ou du système FreeNet. Il s’agit surtout de descriptions des expositions, des activités et des services, mais on y compte également quelques catalogues de collections consultables, ainsi que certains répertoires de musées (l’un couvre la Colombie-Britannique et un autre, la Croatie). Au nombre des services offerts par le Smithsonian, mentionnons une expérience visant à présenter, à des fins non commerciales, certaines images téléchargeables d’artefacts provenant de ses divers musées.

Toutefois, étant donné la nature multimédia inhérente aux musées, le secteur de croissance dans la prestation d’informations sur le réseau est le World Wide Web, accessible avec le logiciel Mosaic. Des sites Web présentant des expositions électroniques qui combinent des images, des textes, et parfois des sons pertinents se trouvent notamment à l’Exploratorium, au Singapore Art Museum, à l’Institute of Egyptian Art and Archaeology de l’université de Memphis, au Britain’s Natural History Museum, au Museum of Paleontology de l’université de la Californie, à Berkeley, ainsi qu’à la Library of Congress.

Le WebLouvre, site Web primé qui n’a aucune affiliation avec le Louvre, présente non seulement des expositions, mais également une visite historique de Paris. Durant ses douze mois d’ouverture, il a accueilli plus de 400 000 visiteurs. Le Gopher du Dallas Museum of Arts compte en moyenne 9 000 accès par mois. La présence sur Internet offre au moins aux musées une façon intéressante de gonfler leurs chiffres de «fréquentation»!

Ces exemples ouvrent la voie au musée virtuel. Malgré tout, il n’existe aucune revue spécialisée en direct liée aux musées (à l’exception de Museum New York, qui s’adresse aux visiteurs, plutôt qu’aux professionnels), et on compte seulement un groupe de discussion Internet sur les musées, mais le besoin de groupes plus nombreux et plus spécialisés se fait maintenant sentir.

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire – Page 3

Publics virtuels



Les établissements voués à la sauvegarde du patrimoine ne peuvent penser attirer les générations futures s’ils ne suivent pas l’évolution des goûts et des comportements concernant l’accès à l’information. Les personnes désireuses de se divertir ou de s’instruire préfèrent la télévision et l’ordinateur aux musées. Cette tendance risque d’ailleurs d’être plus marquée à mesure que ces deux technologies convergeront et que les générations à venir acquerront, beaucoup plus facilement que nous, les compétences et les habitudes requises pour l’utilisation de l’ordinateur et la navigation dans les réseaux.

Quelques statistiques éparses permettront de brosser un tableau impressionniste, mais révélateur, de la situation.


  • On estime qu’aux É.-U. seulement, environ 60 000 kiosques MMI de renseignements publics sont déjà installés, et de nombreux projets visant à offrir par ce moyen des services gouvernementaux ou commerciaux sont en cours. Par exemple, durant le premier mois de fonctionnement du projet Info/California, le taux d’utilisation était de deux fois supérieur au taux prévu.

  • D’une année à l’autre, les ventes d’ordinateurs personnels munis de lecteur de disques optiques compacts doublent. Le fait que les grandes chaînes comme Walmart, K-Mart et Toys’R US vendent des disques CD-ROM ou songent sérieusement à le faire prouve qu’on en est presque au stade de la commercialisation de masse.

  • On prévoit que d’ici la fin de 1994, 16 millions de ménages auront un ordinateur personnel muni d’un modem.

  • Selon les estimations actuelles, il y a entre 20 et 30 millions d’utilisateurs d’Internet à l’échelle du monde. Durant la semaine du 9 au 16 juillet, on a dénombré 167 513 accès par l’entremise d’un seul des nombreux points d’accès Gopher (Urbana- Champaign, université de l’Illinois).

Selon les études sur l’utilisation de programmes MMI dans les musées, il est déjà évident que le public est réceptif à cette technologie de l’interprétation et que celle-ci peut permettre aux visiteurs de mieux comprendre les expositions. La demande de téléchargement des fichiers d’images numériques mis à la disposition du public par le Smithsonian’s Office of Photographic Services au moyen d’Internet et des réseaux commerciaux est étonnamment élevée.

À mesure que se multipliera le nombre de personnes ayant des connaissances médiatiques, les établissements publics seront de plus en plus appelés à fournir des renseignements à l’endroit où se trouvent les consommateurs. Bien que le profil des marchés pour l’information électronique comporte toujours de nombreuses inconnues, l’existence de débouchés pour les services d’accès électronique semble manifeste, et on peut s’attendre à ce que ces débouchés augmentent considérablement, voire radicalement, durant les dix prochaines années.

Le secteur de l’éducation représente la clientèle visée la plus facilement identifiable pour l’information électronique, du fait que les publics de jeunes sont les plus réceptifs à ces produits et services. Les écoliers apprennent maintenant à utiliser un ordinateur dès la première année. Dans toute l’Amérique du Nord, notamment à Ottawa, des écoles sont dotées de postes de travail graphique haut de gamme comme Sun et d’autres machines utilisant le système d’exploitation UNIX.

Depuis longtemps, les universités investissent dans les technologies de l’informatique et des télécommunications, et leur soif d’information est insatiable. Elles figureront parmi les principaux utilisateurs des réseaux à haut rendement de l’avenir. Bien que beaucoup de musées nord-américains plus anciens aient vu le jour dans les universités, ils s’en sont éloignés au cours des cinquante dernières années. Ils ont maintenant l’occasion de reprendre leurs rapports avec elles par voie électronique.

Plutôt que d’empêcher l’achat d’ordinateurs, les budgets scolaires serrés semblent encourager le recours à cette technologie par souci d’économie, comme par exemple pour mettre en commun les cours et les ressources enseignantes au moyen de programmes d’enseignement à distance. Dans le cadre d’une étude réalisée en 1991, on a dénombré 69 réseaux d’enseignement par satellite et 16 000 sites à liaison descendante déclarés dans le système d’enseignement nord-américain. Les enseignants ont découvert des usages créatifs très diversifiés d’Internet en classe. Les écoles bénéficient de projets pilotes parrainés par les gouvernements et le secteur privé, visant à mettre à l’essai des systèmes innovateurs d’accès à l’information et à cultiver un marché pour l’avenir.

Voici certains exemples pour le Canada :

  • OCRInet est une expérience comprenant l’accès sur demande à des cours sur bande vidéo, au moyen d’un réseau à fibres optiques.

  • Plus de 600 écoles du pays (ce nombre devrait doubler avant la fin du projet pilote) participent à SchoolNet, qui leur donne accès par modem téléphonique à des ressources d’Internet comme des catalogues de bibliothèques, des babillards électroniques, des journaux électroniques et des conseillers experts adultes du monde entier. À l’heure actuelle, on dénombre environ 2 400 accès par jour.

  • Dans le cadre du projet School-LINK, qui vient de commencer, 604 écoles de Toronto, Ottawa, London et Woodstock seront reliées par câble de liaison directe (beaucoup plus rapide que les modems téléphoniques) au réseau Internet ainsi qu’à une bibliothèque de disques optiques contenant des outils de référence, comme par exemple des encyclopédies.

De toute évidence, les écoles représentent un public que les musées, étant donné leur mission fondamentalement éducative, pourraient chercher à atteindre immédiatement avec leurs produits et leurs services d’accès électronique.

Les consommateurs dans leur foyer représentent un marché beaucoup plus vaste, mais flou et difficile à cibler. Peu d’établissements voués à la sauvegarde du patrimoine ont les moyens de se lancer dans la production télévisée de façon continue.

Le phénomène FreeNet représente un autre débouché possible. Dans 20 villes, situées pour la plupart en Amérique du Nord, des réseaux FreeNet sont en exploitation et plus de 50 autres comités organisateurs de Freenet sont actifs. Comme la plupart des particuliers ont accès à des terminaux dans des bibliothèques, même les personnes qui n’ont pas d’ordinateur personnel peuvent bénéficier des services d’information, qui comprennent habituellement des contributions d’organismes éducatifs, récréatifs, artistiques et patrimoniaux locaux.

Le FreeNet original (à Cleveland) sert maintenant 36 000 usagers inscrits, et on y dénombre plus de 11 000 accès par jour. Le fait qu’après l’entrée en exploitation de FreeNet à Ottawa, les ventes locales de modems aient augmenté de 800 p. 100 témoigne de la popularité de ce système.

Bien que les réseaux FreeNet présentent des renseignements uniquement sous forme de texte, ils offrent aux musées un moyen de diffuser plus largement l’information à l’échelle locale, même si on peut également y avoir accès à relativement peu de frais en passant par Internet. À tout le moins, les réseaux FreeNet joueront un rôle dans l’augmentation des connaissances en informatique de la population et, en stimulant l’intérêt public pour l’information en direct, contribueront à ce qu’elle ne devienne pas la chasse gardée d’une élite.

Si Internet et ses variantes ont une large portée, nous ne devons pas oublier qu’ils peuvent également servir à cibler des groupes d’intérêts ou des milieux particuliers.

Les musées ont déjà constaté avec inquiétude que, si la population de l’Amérique du Nord devient plus hétérogène sur le plan ethnique, ce changement n’est pas perceptible chez les visiteurs des musées. Il est difficile de pourvoir expressément à de multiples intérêts très diversifiés dans les expositions, compte tenu des contraintes spatiales et financières.

Toutefois, l’inforoute offre la possibilité d’une diffusion ciblée à des groupes d’intérêts particuliers et peut permettre d’atteindre des segments de la population qui, traditionnellement, ne fréquentent pas les musées.

Les collectivités indigènes en sont un exemple. Il peut paraître ironique que les cultures autochtones d’Amérique du Nord, presque anéanties par le colonialisme européen, disposent maintenant d’outils produits par la civilisation adverse, qui leur offrent l’occasion de préserver leur patrimoine et de le faire revivre.

Alors que les collectivités autochtones étaient autrefois relativement isolées les unes des autres et éloignées du courant dominant de la société, les technologies de l’informatique et des télécommunications leur permettent aujourd’hui d’être reliées, d’échanger des idées et des renseignements et de créer un sentiment de communauté virtuelleen particulier pour les Autochtones vivant en milieu urbainqui se superpose aux définitions traditionnelles de l’enracinement.

En avril 1994, il y avait sur Internet 24 serveurs de liste principalement axés sur les peuples indigènes d’Amérique et couvrant des sujets comme l’histoire précolombienne, des données de recensements sur les Autochtones, les langues indiennes et les traditions orales. En outre, plus de 90 babillards électroniques sont exploités par des groupes autochtones, ou leur sont destinés.

IndianNet, qui vient d’entrer en exploitation, est le premier réseau informatique appartenant à des Autochtones qui fournisse des renseignements à l’échelle nationale, à l’intention des Américains d’origine autochtone. Il s’agit à la fois d’un centre d’échange de renseignements pertinents provenant d’autres établissements et d’une ressource que les groupes autochtones peuvent contribuer à enrichir en fournissant des renseignements autodynamiques. Une initiative visant à créer un réseau analogue au Canada a récemment vu le jour. À l’échelle de la planète, des réseaux autochtones relient les peuples dans toutes les régions du monde postcolonial.

Le Native Indian Policy Center, également accessible par Internet, est essentiellement un groupe de réflexion électronique visant à permettre aux grands esprits autochtones du pays d’examiner les éléments d’orientation qui intéressent les peuples autochtones des États-Unis. Ceux-ci peuvent consulter en direct des comptes rendus, des rapports et des exposés de principes pour appuyer les activités d’élaboration de politiques des organisations autochtones.

Par exemple, les Oneidas de l’État de New York ont établi un site Web où ils peuvent présenter leurs points de vue sur des questions comme la souveraineté économique et la renaissance culturelle.

À mesure que l’argent provenant des activités commerciales ou du règlement des revendications territoriales est investi dans l’éducation communautaire (entre autres), la technologie informatique devient plus répandue au sein des collectivités autochtones et sert à enseigner leurs langues ainsi qu’à préserver leur histoire et leurs traditions culturelles. On vise ainsi à s’assurer que les peuples autochtones ne seront pas à nouveau mis en périphérie, à l’ère de l’information, mais qu’ils pourront participer, sur un pied d’égalité, à la société non autochtone. Leur présence sur Internet et sur des réseaux de satellites prévus à l’échelle nationale pour la radiodiffusion et la distribution sur vidéo d’émissions à contenu autochtone aidera également à amener leurs points de vue dans le grand courant culturel.

La plupart des traces originales des cultures traditionnelles autochtones ont été préservées uniquement dans les musées. Ceux-ci pourraient aider à stimuler la renaissance culturelle en cours en rendant cette information accessible par voie électronique. Selon le National Museum of the American Indian, la prestation d’informations par voie électronique sera une composante importante des services offerts aux collectivités autochtones du pays.

De son côté, le Musée canadien des civilisations (MCC) participe avec le conseil tribal tsimshian et le Museum of Northern British Columbia à un projet de reconstitution culturelle. Le MCC a fourni les images (sur vidéodisque) et le catalogue des artefacts tsimshians de sa collection, qui seront complétés par des recherches généalogiques effectuées par le conseil tribal tsimshian en vue de relier les artefacts à l’histoire des familles. À partir de cette base, il serait possible d’utiliser des documents linguistiques, des documents audiovisuels et des photographies historiques, des témoignages oraux et d’autres sources d’information afin de reconstituer numériquement la culture tsimshiane, au profit des générations à venir.

La recherche généalogique constitue un cadre essentiel à toute reconstitution culturelle. Elle illustre également comment on peut réunir par voie électronique une collectivité définie par des intérêts communs, mais géographiquement dispersée. Le milieu des généalogistes est étendu, comme pourrait l’attester tout organisme de conservation d’archives, et la somme d’informations compilées est sans doute monumentale, mais appartient surtout à des particuliers. Toutefois, depuis plus d’une décennie, les généalogistes ont à leur disposition des logiciels qui leur permettent de consigner des données et de les compiler dans des arbres de lignage. Le répertoire de 1993 de la revue Genealogical Computing contenait une liste de 111 progiciels conçus à cette fin, que l’on pouvait se procurer pour moins de 100 $.

Il ne faut pas sous-estimer l’influence de l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours dans ce domaine. On a dit que Salt Lake City était à la généalogie ce qu’est Hollywood au cinéma. On y compile une impressionnante base de données généalogiques contenant plus de 200 millions de noms, dont 18 p. 100 d’Amérique du Nord et le reste provenant en grande partie d’Europe. L’automatisation de cette base de données a permis la production d’un progiciel offert au public (à une somme intentionnellement modique), qui permet astucieusement aux usagers de compiler l’histoire de leur famille et de fournir des données qui s’ajouteront à la base de données des Mormons.

Disséminés à l’échelle de la planète et n’ayant à leur disposition aucun lieu de ralliement et d’échange de connaissances, les généalogistes se sont taillé un créneau sur Internet, sous la forme d’une tribune électronique. Ils ont leur propre groupe d’information (soc. Roots) et leur liste de discussion (ROOTS-L). À ces sites, ils peuvent extraire des partagiciels généalogiques ou des fichiers texte contenant des renseignements de toutes sortes (p. ex. des répertoires des sociétés généalogiques juives ou des sociétés de clans écossais, des données sur des personnes ou des familles précises), faire part des résultats de leur recherche et exploiter les connaissances du milieuet peut-être même découvrir, ce faisant, des parents éloignésen affichant des questions.

Les personnes d’origines ethniques particulières peuvent prendre contact avec leurs congénères, comme en témoignent l’annonce d’un nouveau journal visant à réunir des données généalogiques sur les émigrés russes et leurs descendants, ainsi qu’une invitation lancée aux personnes d’origine polonaise à devenir membres de la Polish Genealogical Society (à Chicago). Dans les deux cas, l’un des objectifs était de créer ou d’augmenter une base de données généalogiques.


L’Australian Institute of Aboriginal and Torres Strait Islander Studies ainsi que le musée Beth Hatefutsoth de Tel Aviv (qui demande également à chaque visiteur juif de s’inscrire et d’indiquer son lignage principal) effectuent des recherches pour dresser des généalogies fondées sur les ethnies. Le National Museum of Scotland envisage de suivre leur exemple. Disséminés par les migrations, des groupes ethniques et linguistiques commencent à se redéfinir comme des groupes «dispersés», plutôt que «cohésifs», surtout grâce aux moyens de télécommunication. Ils créent aussi un marché, auparavant restreint, pour les textes imprimés sur leur groupe, en les distribuant ou en les commercialisant au moyen d’Internet.

Dans le même ordre d’idée, un auteur a soutenu qu’il était possible de regrouper les découvertes des généalogistes et des historiens locaux pour reconstituer les résultats de recensement des colonies américaines en 1751. Internet et ses successeurs alimenteront ces recherches en augmentant l’accès aux registres publics sous forme électronique : données de recensements, registres des palais de justice, collections des journaux, dossiers militaires, registres fonciers, etc. La future autoroute de l’information permettra la diffusion de recherches historiques familiales appartenant à des particuliers sur une échelle qui pourrait permettre la reconstitution de mégagénéalogies. D’ici une décennie ou deux, il pourrait être possible pour tous les Occidentaux de connaître leurs relations avec n’importe qui (s’ils le désirent).

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire – Page 4

Créer le musée virtuel



Pareillement, les collections de données sous diverses formes conservées par les établissements voués à la sauvegarde du patrimoine pourraient être considérées comme les morceaux épars d’un gigantesque puzzle qui, s’il était converti sous forme électronique, pourrait être reconstitué pour nous présenter de nouvelles perspectives sur l’histoire humaine.

Le «musée virtuel» représente donc beaucoup plus que la dimension électronique de tout établissement donné. C’est le lieu où sont rassemblées sans faille (pour l’assoiffé de connaissances) les ressources du savoir de multiples établissements, dans l’espace virtuel de l’inforoute, afin de rendre possibles des explorations du patrimoine sans précédent. Quels sont donc les défis posés par la matérialisation de cette vision?

Le défi immédiat pour les musées, qui sont les réservoirs de vastes sommes de connaissances historiques, pour la plupart inexploitées, consiste à convertir ces ressources d’information dans une forme numérique.

Comme il n’existe actuellement pas de réseaux puissants ayant une capacité multimédia (Internet étant très limité à cet égard), les établissements ont eu tendance à se concentrer sur des produits individuels autonomes, comme des vidéodisques ou des disques CD-ROM, sans se soucier d’établir une stratégie à plus long terme pour monter des archives numériques constituant des matières brutes pour l’élaboration constante de produits ou la prestation de services.

Le retard technologique dans la prestation en direct d’informations multimédias est seulement passager. Par ailleurs, on se penche (en particulier le consortium Computer Interchange of Museum Information) sur le problème que posent actuellement les normes multimédias pertinentes aux musées, et on trouvera sûrement une solution à ce problème. Le Getty Art History Information Program vient d’annoncer la mise sur pied d’une initiative internationale de prise d’images visant à instituer des normes numériques dans le domaine des arts et des sciences humaines. Nous ne devrions pas attendre que tous les morceaux se mettent en place, mais plutôt prendre des mesures afin d’être prêts pour l’inauguration de l’inforoute.

L’industrie multimédia se prépare pour cette occasion. Elle dispose de l’argent et de l’expertise technologique nécessaires, mais manque de contenu thématique. Les musées, les bibliothèques, les archives et les sociétés historiques sont les principaux détenteurs de ce contenu culturel unique et doivent être en mesure d’élaborer leurs propres produits ou de le faire, sur un pied d’égalité, en partenariat avec l’industrie multimédia.

Si nous ne le faisons pas, il nous faudra peut-être renoncer à notre rôle d’interprètes du patrimoine.

Ceux qui ne seront pas prêts à répondre aux demandes des prochaines années resteront en marge ou pourraient être obligés de céder leur «droit de cité» aux entreprises qui cherchent à obtenir des droits de reproduction électronique sur les collections des musées. S’il est vrai que les questions relatives aux permis et aux droits d’auteur demeurent problématiques, il ne s’agit pas d’un facteur dissuasif important pour les promoteurs commerciaux, et les établissements voués à la sauvegarde du patrimoine devront persévérer malgré tout, en prévision du règlement de ces questions, qui doit se faire à l’échelle internationale.

Les coûts de la conversion numérique et de l’élaboration de produits multimédias sont élevés. Les établissements voués à la sauvegarde du patrimoine doivent être prêts à créer de nouvelles alliances, les uns avec les autres ainsi qu’avec l’industrie, pour leur bien mutuel, c’est-à-dire le partage des coûts et la mise en commun des diverses compétences nécessaires.

Par exemple, le MCC a lancé un projet d’un million de dollars, le projet Digimuse, qui comporte des alliances stratégiques avec la Digital Equipment Corporation et la société Kodak pour favoriser l’atteinte de ses buts en matière de liaison électronique. Un autre de ses projets MMI fait appel à la collaboration avec l’Office national du film, la Fondation Bronfman et d’autres musées nationaux du Canada.

Par ailleurs, il importe de trouver une source de revenus le plus rapidement possible pour aider à financer l’entreprise de taille que représente la numérisation des ressources d’information. Malgré les questions déontologiques concernant la liberté d’accès à l’information, nous n’avons pas d’autre choix pratique que de penser en fonction de produits commercialisables et de services en direct payants.

Pour établir des priorités concernant ce qui devrait être numérisé, il faudrait adopter une approche sensible au marché permettant de numériser d’abord les articles des collections pour lesquels la demande ou l’intérêt du public sont déjà élevés et de les utiliser ensuite dans des produits particuliers. La création petit à petit de ces archives numériques suppose que les divers éléments seront tous dans des formats compatibles pour en faciliter la réutilisation.

Une partie du défi consiste à devenir plus sensibles au marché et à être animés d’un plus grand esprit d’entreprise, sans pour autant perdre de vue notre mission éducative. Malheureusement, le marché des produits et services MMI est actuellement mal défini, peu étudié et sous-développé, mais tout cela va également finir par changer. L’autoroute électronique ouvre de vastes horizons pour la commercialisation des musées.

À l’interne, le principal défi que doivent relever nos établissements consiste à s’adapter aux demandes et aux répercussions de l’accès électronique sur nos activités, et à accepter que pour un certain temps, nous serons aux prises avec des changements continuels.

Pour se doter d’employés ayant des compétences en technologie, il demeurera essentiel de voir à leur recyclage constant jusqu’à ce que les générations futures sortent du système d’enseignement avec les compétences voulues, lesquelles ne seront pas uniquement d’ordre technique. Il faudra de nouvelles habitudes de travail, notamment une plus grande réceptivité au travail en groupe, à l’interne ou avec d’autres établissements, dans le cadre «collaboratif» d’un environnement connecté.

Il pourrait être utile pour les musées, tant pour l’élaboration de leur contenu que pour la réorientation de leur personnel, de s’«exercer» en prévision de l’avenir en devenant des fournisseurs d’information sur Internet. Il existe de bons modèles à imiter et beaucoup d’aide en direct. Cependant, la présence sur Internet peut coûter cher et met en jeu des questions épineuses, comme par exemple la prévision de mesures de protection pour assurer la sécurité des données internes. La récente découverte de pirates ayant infiltré les réseaux informatiques du Pentagone nous sert d’avertissement.

Tout cela peut sembler hors de la portée des petits établissements dont les employés n’ont toujours pas accès à des ordinateurs personnels. Cependant, l’informatisation n’est plus un luxe, c’est une priorité. Non seulement l’ordinateur personnel intégrable à un réseau est-il l’outil le plus important dans un bureau, il est le bureau.

Si l’on excepte les applications axées sur la gestion des collections, la plupart des musées ne comprennent pas comment les ordinateurs et les réseaux peuvent les aider à matérialiser la vision, vieille de plus d’un siècle et demi, de l’accès généralisé du public aux connaissances sur le patrimoine humain, accès autrefois limité à l’expérience directe des sites ou des artefacts originaux.

L’exercice et le maintien d’un rôle proactif de fournisseur d’information au niveau exigé à l’ère de l’information représente plus qu’un défi; il pourrait en aller de la survie des établissements durant le troisième millénaire.

Nous avons commencé nos propos en citant un des grands visionnaires d’Amérique du Nord. Nous terminerons en évoquant Eisenhower qui, en 1952, disait que les sages et les courageux n’attendent pas que l’avenir leur tombe dessus. De la même façon, nous croyons que les musées n’ont pas à être les victimes de l’inforoute.

Vers le musée virtuel : période de crise et de changement pour le troisième millénaire – Page 5

Bibliographie




  1. Adams, G. Donald.
    « The changing museum audience: are we ready? » History News, vol.49, no 2 (mars/avril 1994), 30-31.

  2. Alsford, Stephen.
    « Museums as hypermedia: interactivity on a museum-wide scale. » Pp.7-16 in Archives and Museum Informatics Technical Report, no 14 (automne 1991).

  3. Andereck, Paul et Richard Pence.
    Computer Genealogy: a Guide to Research through High Technology. Salt Lake City: Ancestry Inc., 1985.

  4. Bailey, Charles.
    « Network-based electronic records. » Information Technology and Libraries, vol.11, no 1 (1992), 29-35.

  5. Balas, J.
    « Genealogists online. » Computers in Libraries, vol.12, no 3 (mars 1992), 42-43.

  6. Bearman, David.
    « Interactivity in American museums. » Museum Management and Curatorship, vol.12 (1993), 183-93.

  7. Bearman, David.
    « Automating the future. » Museum International, no 181 (1994), 38-41.

  8. Bonk, Darryl A.
    « Family Search: a sign of things to come. » Families, vol.32, no 1 (1993), 27-30.

  9. Cribb, Roger.
    « Modelling relationships: a computerised approach to Aboriginal genealogy, family history and kinship studies. » Australian Aboriginal Studies, no 1 (1993), 10-21.

  10. Davie, H.
    « The 1751 census returns. » Computers in Genealogy, vol.4, no 11 (septembre 1993), 479-81.

  11. Gaffin, Adam.
    « Visiting museums on the Internet. » Internet World, mars/avril 1994, 24-29.

  12. Hedstrom, Margaret.
    « The electronic records challenge. » History News, vol.48, no 4 (juillet août 1993), 5-8.

  13. Hill, Maggie.
    « The new literacy. » Electronic Learning, vol.12, no 1 (1992), 28-34.

  14. Hoke, Franklin.
    « New Internet capabilities fueling innovative science. » The Scientist, 16 mai 1994.

  15. Kainz, Alana.
    « Taste test for the on-screen generation: Rogers shows Ottawa students computer link to the future lies with high-speed cable. » Ottawa Citizen, 15 juillet 1994, A1-A2.

  16. MacDonald, George et Stephen Alsford.
    « The museum as information utility. » Museum Management and Curatorship, vol.10 (septembre 1991), 305-11.

  17. Malinconico, S. Michael.
    « Information’s brave new world. » Library Journal, vol.117, no 8 (1992), 36-40.

  18. Probert, E.
    « Personal computers in genealogy. » Computer Bulletin, vol.3, no 3 (avril 1991), 20-22.

  19. Rayl, A.J.S.
    « New technologies, ancient cultures. » OMNI, vol.15, no 10 (août 1993), 46-48, 80-81.

  20. Wallace, Brian et Katherine Jones-Garmil.
    « Museums and the Internet: a guide for the intrepid traveller. » Museum News, vol.73, no 4 (juillet/août 1994), 32-36, 57-62.

  21. Wallace, David.
    « The Internet: basic navigation and resources. » Archives and Museum Informatics, vol.8, no 1 (printemps 1994), 13-23.

  22. Zielke, Thomas.
    History at your Fingertips: Electronic Information and Communication for Historians. Communication fait lors de la Mid-America Conference on History, University of Kansas, septembre 1992.